‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 34 sur 351 · ROLE DH L'ÉTAT · texte numérisé non relu

ROLE DH L'ÉTAT

Mais le sentiment de sa responsabilité devait l’empé-

cher en général d'en abuser. Son amour-propre était intéressé à ce que la fête organisée par lui fût agréable au peuple. C'était s’exposer au mécontentement publie, et mème au ridicule, que d'accepter des tragédies mauvaises ou médiocres, en écartant celles des poètes renommés. Pour éviter d’être jugés eux-mêmes, les magistrats avaient tout intérêt à tenir le plus grand compte des réputations déjà faites. Toutefois, il semble bien que, par exception, quelques-uns d’entre eux se soient permis des préférences au moins singulières ‘. Une chose importante à remarquer, c’est que le jugement favorable du magistrat n’empêchait pas que les poètes demeurassent responsables de leurs œuvres. Nous voyons que plusieurs d’entre eux furent poursuivis pour des propositions jugées mal sonnantes, bien que le chœur leur eût été accordé. On ne dit pas que l’archonte ait été jamais impliqué dans ces poursuites. Son rôle en réalité était plutôt celui d’un commissaire de la fête que d’un censeur ou d’un critique.

Aux Grandes Dionysies, le nombre des poètes qui prenaient part au concours tragique paraît avoir été de bonne heure fixé à trois, et il ne semble pas qu'il ait varié dans le cours du v° ni du 1v° siècle. Aucune condition légale d’âge ni de nationalité n’était imposée aux concurrents. Leur personne importait peu : c'était de leurs pièces qu'il s’agissait. Chacun d’eux devait en présenter quatre à la fois au concours : trois tragédies et un drame satyrique. L'origine probable de cet.usage a été expliquée plus haut. Nous le trouvons invariablement observé dans toutes les didascalies connues du ve siècle. Vers le milieu du 1v° siècle, les inscriptions prouvent qu'il fut modifié. Chacun des trois concurrents

4. Athénée (XIV, 638 F) parle d’un archonte qui refusa un chœur à Sophocle,

n'apporta plus que deux tragédies: un seul drame satyrique, d’un autre poète, était joué à l'ouverture du concours!. En ce qui concerne les dèmes, les renseignements nous font défaut, Les usages ont dû varier avec les localités, et l’on ne saurait même affirmer qu'il y ait eu concours partout. Telle bourgade pauvre épuisait ses ressources en fournissant un seul chœur, tandis que telle autre, plus riche, n’avait pas de peine à en fournir plusieurs. Tout ce qu’on peut dire, c'est que la forme du coucours, étant chère aux Grecs, a dû s’imposer partout où elle n’était pas impossible ?.

Les pièces acceplées par le magistrat étaient payées à leur auteur au nom de l'État ou du dème. Ce paiement s'appelait salaire (uus06ç). Il paraît certain, d'après une allusion d’Aristophane, que Sophocle le fit élever à son profit #. Cela implique un débat préalable et une sorte de marché entre le poète et l’archonte. Les poètes renommés se faisaient payer en raison de leur réputation. Peut-être des prétentions exagérées de leur part furent-elles parfois la cause de la préférence accordée par l’archonte à des concurrents moins 1llustres.

Sur l'ordonnance et la durée du spectacle dont la tragédie faisait partie, il faut s’en tenir à de simples vraisemblances. L'opinion la plus salisfaisante nous parait être celle-ci. Aux Grandes Dionysies du ve siècle, le concours tragique durait trois jours. Chaque jour, on jouait de suite, dans la matinée, les trois tra-

LNCEA, IT, 078: |

2. Le fait du concours est attesté pour le Pirée (CIA, I, 589). pour Éleusis (CIA, I, 574), pour un autre dème inconnu (CIA, I, 516), enfin pour la petite ville d’Héphestia, à Lemnos, habitée par des clérouques athéniens (CIA, I, 592).

3. Schol. Aristoph, Pair, 691. On peut sans doute en cette matière appliquer à la tragédie ce qui est dit de la comédie, Schol. Grenouilles, 361; Assemblée des femmes, 102. Cf. Hesychius, proboc.

gédies et le drame satyrique d’un des trois concurrents admis, et, dans la soirée, une comédie. Toutefois, cela ne peut être démontré d'une manière certaine !, En outre, cet arrangement fut nécessairement modifié au ive siècle, et nous ignorons s’il s'appliquait aux autres fêtes.

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Puisque la tragédie était un acte publie de religion, il était naturelqu’elle fût jouée dans un lieu affecté aux cérémonies religieuses. Elle faisait partie du culte dionysiaque ; elle naquit et se développa sous les regards même de Dionysos, au voisinage immédiat de temples qui lui étaient consacrés.

Malgré les obscurités qui enveloppent encore lhistoire du théâtre, considéré dans son installation locale et matérielle, 1l n’y a pas de doute sur ce point essentiel. Les recherches les plus récentes, critique des textes et fouilles, paraissent établir que, dès le vi° siècle, les fêtes de Dionysos, à Athènes, se célébraient autour de deux sanctuaires?. L'un, le plus ancien, dédié à Dionysos Le-

1. Voir sur ce sujet Haigh, The attic thealre, p. 34 et suivantes.

2. Dans tout ce qui suit, j’ai cru devoir tenir grand compte des idées développées par MM. Dôrpfeld et Reisch dans l’ouvrage cité plus haut. Ces idées sont encore très vivement contestées, et on ne peut nier qu’elles ne présentent des difficultés. Mais ces difficultés sont surtout frappantes aux approches de la période romaine, Au contraire, les pièces du ve siècle se comprennent bien mieux, surtout celles d’Eschyle, avec la théorie nouvelle. Les fouilles de M. Dôrpfeld au grand théâtre d’Athènes ont commencé en 1884, De toute facon, elles auront rendu un service capital aux études grecques. La bibliographie des discussions qu’elles ont provoquées serait fort longue et médiocrement utile: car c’est le sort de ces discussions, relatives à des faits matériels, de vieillir très vite, à mesure que les faits constatés sont établis. L’essentiel se trouve dans les ouvrages cités de A. Müller, de Haigh, de Œmichen, de Navarre, dans divers articles de Wilamowitz- Môllendorf (Hermes, XIV) et dans 12 Bulletin de correspond

naeos, s'appelait le Lenaeon, et était situé à l’ouest de PAcropole, au pied de la colline de lAréopage, confinant à l’agora. Là, avait lieu originairement la fête des Lénéennes. L'autre, plus récent, était consacré, à Dionysos Eleuthéreus;1l s'élevait au sud-est de l’Acropole, non loin de l’Ilissos. On y célébrait la fête urbaine, les grandes Dionysies; l'extension de cette fête eut pour conséquence celle de l’enceinte ; et ce fut là que, peu à peu, se constitua le grand théâtre d'Athènes, celui où furent jouées les tragédies des maîtres de la scène.

Ces théâtres, comme :l est naturel, furent extrêmement simples à l’origine. Ils n’exigèrent d’abord aucune construction proprement dite; rien que des travaux de nivellementet d'aménagement. Les édifices dont en voit aujourd’huiles ruines ne remontent pas au delàdu temps de Démosthène.

Le centre du théâtre grec était à l’origine, et resta, pendant tout le ve siècle au moins, /a place de danse, l’orchestra (6pynoroa); simple plate-forme circulaire, primitivement enterre battue, plustard couverte de larges dalles soigneusement assemblées, de manière à offrir aux pieds des danseurs un so! bien uni. Au centre de cette place, se dressait l’autel du dieu, ou #hymélé (usén), sur les marches duquel prenait place le joueur de flûte. Le chœur dithyrambique d’abord, puis le chœur tragique, qui lui succéda, évoluaient tout autour, dans l’espace laissé vide.

Les fêtes dionysiaquesattiraient toute la ville. Il fallait qu'une foule nombreuse püt suivre du regard les mouhellénique de ces dernières années. Mentionnons aussi toutefois, pour des vues personnelles vraiment intéressantes, le vol. de E. Bethe, Prolegomena zur Geschichte des Theaters im Alterthum, Leipzig, 1896. |

4. Renvoyons particulièrement, pour l’historique qui suit, aux chapitres V et VIII de l’ouvr cité de Doerpfeld et Reisch ; l’un

traite des termes servant à désigner les parties du théâtre grec, Yautre de l’histoire de son développement,

vements du chœur dans l'orchestra. Ce besoin impérieux donna naissance au thédtre proprement dit (éæzoov, le lieu d’où l’on regarde). Pour l’organiser, on utilisa dès l’origine, et on continua d'utiliser par la suite, la disposition naturelle du terrain choisi, On avail soin d'établir la place de danse au pied d’une colline; c'était à Athènes, la colline de l’Aréopage pour le Lénæon, celle de l’Acropole pour l'enceinte de Dionysos Éleuthéreus. Les rangées de spectateurs s’étageatent sur la pente, plus ou moins b'en aménagée pour leur permettre de s’asseoir et de circuler. Des gradins de bois (txgux) prolonseaient au besoin cesrangées demi-circulaires, de façon à envelopper une moitié environ de l’orchestra’. Plus tard, et peu à peu, cette installation primitive s’améliora. On remplaçales gradins de bois et Les sièges tarllés dans le terrain de la colline par des gradins de pierre ou même de marbre. Le théâtre devint alors un monument, mais cela n’eut lieu d’une façon définitive qu'au iv° siècle. Au reste, le détail de ces changements intéresse plus l'archéologie que l’histoire de la littérature. La seule chose essentielle pour l'intelligence esthétique de la tragédie, c’est de se bien représenter la forme originelle et durable du théâtre, ainsi que son extrème simplicité. Les indications qui précèdent sont suffisantes à cet égard.

Enrevanche, il serait bien désirable de savoir très précisément où jouaient les acteurs, où ils se costumaient, par où ils entraient et sortaient. Or 1l se trouve qu’aujourd’hui ces questions, sinécessaires, sont aussi les plus discutées, et qu’elles donnent lieu à des hypothèses très

4. Photius, Lexique : "Tuota* Ta ëv th &yopà, &p” y 0ecivro Tovs AtovuduaxoÙc &yovas nov À xataoxevacbnvar To èv Atovüoou Oeaxroov. Photius paraît croire ici que le théâtre primitif, dit de l’agora, était établi sur un terrain profane, ce qui est probablement une erreur, comme on vient de le voir.

divergentes. S'il est impossible de les éluder, il y aurait imprudence à prétendre les résoudre définitivement. D'ailleurs, des discussions aussi techniques seraient ici hors de propos. Nous devons nous contenter d’indiquer ce qui nous paraît pour le moment le plus vraisemblable, en nous résignant d’ailleurs à beaucoup de doutes et à une large part d’ignorance inévitable.

À supposer que le chœur lui-même n'ait pas eu très anciëènnement un baraquement qui lui servait de vestiaire, ce vestiaire (cxnvr) semble bien avoir dû devenir indispensable, dès qu'il y eut un acteur qui changea de rôles, ct par conséquent de costume, au cours d’une même pièce. I fallait, d’ailleurs, qu’il fût tout près du lieu où se tenait le chœur, puisque l’acteur était en relations incessantes avec lui. Le plus naturel était done de l’installer au fond de l’orchestra, en face des spectateurs. C’est là que se développa plus tard ce qu'on peut appeler le troisième organe essentiel du théâtre idéal, le bâtiment de la scène. Il y a tout lieu de croire que l'installation primitive, si simple qu’elle fût, a été le germe de ce développement ultérieur. Ce qui donne à penser que le vestiaire des acteurs, construit en bois ou en toile, a été, dès l’origine, à cet endroit. D'ailleurs, 1l n'empiétait pas sur le cercle de l’orchestra, qui, dans le théâtre grec, est toujours resté entier.

Mais de l'existence probable d’un vestiaire, on ne saurait conclure à celle d’une estrade (Aoyeov) sur laquelle auraientjoué les acteurs. Lesfouilles du théâtre de l’Acropole et celles des autres théâtresgrecs ont démontré qu’il n’y a pas eu de logéon en pierre pendant toute la période classique. Quand il y en eut un, plus tard, iln'’est pas sûr qu’il ait servi aux acteurs; et, en tout cas, la tragédie, en ce temps, se jouait dans des conditions fort différentes. Si l’estrade a existé au ve siècle, elle n’a pu être qu'en bois. L'existence d’une telle estrade n’est

attestée nettement par aucun témoignage décisif. Il faut donc sur ce point recourir à des hypothèses; et cellescine peuvent se fonder que sur des vraisemblances générales et sur l'étude des tragédies subsistantes, qui, par malheur, sont loin de révéler sûrement leur mise en scène.

Pour ce qui est d’abord des traditions anciennes, il n’y a évidemment aucun compte à tenir de celle qui se rapporte au chariot de Thespis 1. Car ce chariot, s’il a existé, n’a dû être qu’une voiture de forain, sur laquelle l'entrepreneur de tragédiestransportait de dème en dème le matériel nécessaire à ses représentations. Pollux, il est vrai, est plus précis: 1l nous parie d’une sorte de table, appelée (ëkeis), plus ancienne encore, sur laquelle montait celui qui s’entretenait avec le chœur 2. Mais, si ce n’est pas là une pure invention, faut-il voir dans le fait en question un usage vraiment général ? On comprend aisément qu’un acteur, jouant dans un village, ait dû monter sur des tréteaux pour se faire mieux voir de spectateurs qui étaient eux-mêmes sur un terrain plat. Comment cela prouverait-il qu’on ait continué à agir de même, lorsque le public fut commodément assis sur une pente, d'où chaque spectateur dominait l’orchestra? Selon Horace, c'est Eschyle qui le premier aurait mis ses acteurs sur un plancher légèrement exhaussé *. Voilà, en fait, le seul témoignage net, relatif à l'établissement d’une estrade au v° siècle. Quelle en est la valeur ? Personne ne peut le dire aujourd’hui. A coup sûr, il paraît problable que le poète latin ne parle pas absolument à la légère. Ce qu'il dit lui vient, directement ou indirectement, des savants alexandrins ;

4. Hor. Art poét., 276 : Dicitur et plaustris vexisse poemata Thespis. 2. Pollux, IV, 123 : ’EXedç Ô’ ñv tpansta dpyaia, ëp” nv mpd OEomidos els tic dvabac Tois HOPEUTAÏS ATEXPIVATO.

3. Hor. Art poét., 279 : Æschylus et modicisinstravit puloita tignis, Hist, de la Litt. grecque. — T. III. 9

et ceux-ci ont dû être assez bien informés de l’histoire des progrès de l’art théâtral. Mais un tel témoignage, isolé dans sa brièveté, esttoujours sujet à caution. Le fait | auquel il se rapporte peut avoir été mal interprété. Eschyle, nous allons le voir, fitusage de décors en bois ; et, dans plusieurs de ses pièces, les acteurs paraïssaient au milieu de ces décors, sur des marches ou des plateformes disposées pour cela. Cela ne suffisait-il pas à donner naissance à une tradition fausse? | Ce qu’ilfaut reconnaître, c’est, d’une part, qu’une fois les gradins du théâtre établis, une estrade pour les acteurs était vraiment inutile, sinon incommode; et, d’auire part, que le drame du ve siècle, tel que nous le connaissons, suppose quantité de mouvements, d’allées et venues des acteurs à travers l’orchestra, de relations entre eux et le chœur, qui s'expliquent bien mieux, si tout se passait en terrain plat. Les défilés de cortège, les entrées de personnages montés sur des chars abondent. Tout cela est difficile à concevoir avec une différence sensible de niveau. Dans ces conditions, la vraisemblance paraît nous demander d'admettre que les acteurs du v° siècle, et même probablement ceux du 1°, jouaient devant la skènè qui leur servait de vestiaire, sans aucune estrade, sur le sol même de l’orchestra, mais, autant que possible, en dehors du cercle où évoluait le chœur. Si plus tard cet état de choses se modifia, de façon à donner naissance au pulpitum du théâtre romain, ce fut probablement par une série de transformations, : qui appartiennent à lapériode alexandrineet qui se produisirent d’abord dans l'Asie grecque !. Nous n’avons pas

4. Dôürpfeld, Bullet. de corr. hellén. Déc. 1896. — Suivant une opinion intermédiaire, les acteurs auraient joué sur une estrade de bois, large et peu élevée, à partir des premières années de la guerre du Péloponnèse. Voir E. Bethe, ouv. cité., dont la démonstration est loin de me sembler probante.

à en tenir compte ici, et elles ne sont encore ni assez claires, ni assez certaines, pour qu'il soit possible de les exposer à grands traits.

La skènè, au v° siècle, parait n'avoir consisté qu’en une construction en charpente ?. C'était, par destination originaire, l'endroit où les acteurs se roliraient en quittant l’orchestra et où ils changeaient de costume. Il semble qu'Eschyle, pendant la plus grande partie de sa vie théâtrale au moins, lait dissimulée aux yeux du publie par un décor peint, formé de panneaux ‘en bois ou de châssis couverts de toiles, qui représentait (tantôt un autel, tantôt une masse de rochers, tantôt une construction très simple?. Ce décor pouvait être disposé sur plusieurs plans; et dans le Prométhée par exemple, il est probabie qu’il y avait au moins deux rangées de rochers, censées séparées par un abime; du milieu de la seconde, se détachait très haut, isoléeet dressée, la pierre à laquelle était enchaïiné Le Titan. Cela donne à penser qu'il y avait, dans l’épaisseur de la décoration, des degrés, des paliers, et probablement des rampes, dissimulés aux regards des spectateurs. Une telle décoration avait sa perspective naturelle, qui ne demandait rien à l’artilice du trompe-lœil.

Mais bientôt, on s’aperçut qu’il n’était pas impossib'e de donner, sur une surface plane, au moyen du dessin et de la peinture, l'illusion de la profondeur, et quelquefois du vide. Des artistes, puis des mathématiciens, en déterminèrent la pratique et la théorie. La décoration

théâtrale put donc se simplilier, tout en produisant plus

d'effet. Les premiers progrès semblent s'être produits

4. Xénoph., Cyrop. VI, 5%, parlant d’une tour en bois, élevée sur un chariot, qui pouvait être trainé par huit paires de bœufs, dit qu’elle était faite avec des madriers de même épaisseur que ceux d’une « scène tragique ».

2. Vie d’Eschyle : Ils@ros Aisyôos … Thy oxnvny Éxounos xal TV OJiy T7 Bswmivwy XATITANZE … VOX PAS.

déjà pendant les dernières années d’Eschyle ‘. Mais ce fut surtout au temps de Sophocle qu’elle se perfectionna ; de telle sorte qu'à parler sommairement, on put dire que Part de la décoration par la peinture datait de Iui?.

Ce décor peint consistaitessentiellement en une série de panneaux dressés devant la skènè, el représentant le plus souvent un temple, un palais, une maison, quelquefois une tente, on même un paysage, dont le centre était occupé généralement par un bouquet d’arbres où des rochers ?. On l'appelait, en raison de sa situation, le Proskénion. De bonne heure probablement, on eut l'idée de fermer sur les côtés l’espace réservé entre ce décor et la skènè. Pour cela, on augmenta la skènè de deux ailes proéminentes, les Paraskénia, qui encadraient le proskénion etpeut-être le dépassaientenavant.A droite el à gauche des spectateurs, deux entrées, appelées Parodot, restèrent ménagées entre ces ailes et les gradins; elles donnaient accès dans l’orchestra : c’est par là qu'arrivaicnt généralement les chœurs, les cortèges,

1. Vitruve, VII, préface : Primum Agatharchus Athenis, Æschylo docente tragœædiam, scenam ‘ecit et de ea commentarium reliquit. Ex eo moniti, Democritus et Anaxagoras de eadem re scripserunt, quemadmodum oporteat ad aciem oculorum radiorumque extensionem, certo loco centro constituto, lineas ratione naturaïi respondere, ut deincerta re certae imagines ædificiorum in scaenarum picturis redderent speciem, et quae in directis planisque frontibus sint figurata, alia abscedentia, alia prominentia esse videantur.

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