Aristote, Poét. 5: Exnvoypaptav .… Zopoxdñc
3. Ce qui distinguait, selon Vitruve, les décors tragiques, c’étaient les colonnes, les hautes constructions, les statues, et diverses choses semblables qu'il qualifie de royales. Il est impossible de dire jusqu’à quel point ce témoignage d’un contemporain d’Auguste s’applique au théâtre de Sophocle. Mais un bon nombre de tragédies subsistantes ne s’accommoderaient en aucune façon d’un pareil décor, par exemple Philoctète, Œdipe à Colone. Le seul qui leur
convienne est celui que Vitruve appelle satyrique, consistant en arbres, grottes, montagnes, et autres objets naturels.
souvent même les acteurs, lorsqu'ils ne sortaient pas du palais ou de la tente, représentés par le décor.
A cette partie essentielle de la décoration, s'ajoulèrent, plus tôt ou plus tard, des parties accessoires, qui, pour la plupart, nous sont mal connues. Dès le temps d’Eschyle, nous voyons que des dieux figuraient parfois dans la partie supérieure du décor, probablement au-dessus du proskénion, sur une plate-forme appelée Le Théologeion. D’autre part, il est question assez fréquemment de décors tournants, les Périactes(regixxrot ;) il semble que ce fussent des panneaux, situés à l’extrémité des paraskénia, et mobiles sur des pivots. En tournant sur euxmêmes, ils présentaient aux spectateurs tantôt une face, tantôt une autre, suivant les besoins de la mise en scène. Quant aux renseignements qui nous sont donnés par Vitruve et Pollux sur le nombre des portes pratiquées dans le décor du fond et sur leur destination t, 1l n'y à vraiment rien à en tirer pour l'intelligence du théâtre classique. Outre qu’ils sont assez confus, ils paraissent se rapporter soit à des cas particuliers, soit à des conventions tardives et contestables. Les poètes du v° siècle composaient leurs pièces librement, et les metaient en scène sans s’assujettir à des règles puériles.
Ce que nous savons de la machinerie scénique se réduit à peu de chose 2. On en attribuait lPinvention à Eschyle 5, Mais celle dont les diverses pièces sont nommées ou décrites par les scoliastes et par Pollux semble avoir appartenu bien plutôt aux « fécries » des époques hellénistique et romaine qu'à {a tragédie du v° siècle. Les pièces d’Eschyle, de Sophocle et d'Euripie que nous possédons n’exigeaient certainement pas de