Polux; AV A
3. Athénée, I, 21 E. Le texte reçu dit que ce furent les prêtres qui imitèrent les acteurs. Mais cela est si invraisemblable qu’il y a lieu ou de redresser le témoignage d’Athénée en ce qu’il a de manifestement inexact, ou de corriger le texte comme l’a fait Fritzsche (Aristoph. Grenouilles, 1062).
4, Lucien, Zeus tragéd., #1 et Danse mimique, 27.
ment une voix sonore était indispensable, mais il fallait aussi en bien user, c'est-à-dire parler haut et lentement ‘. Une foule d'effets, qui sont ordinaires sur nos théâtres, devenaient par là même, sinon impossibles, du moins beaucoup plus difficiles. Tout le drame était donc empreint d’une sorte de solennité héroïque, qui est du reste attestée aussi par le langage même dont il usait ?.
Les fonctions de l’acteur tragique comprenaient le chant, la déclamation et la mimique. Elles exigeaient tout d'abord une remarquable variété d’aptitudes ?.
Les acteurs chantaient avec le chœur ou seuls. Dans les deux cas, ils étaient accompagnés par la flûte. Les chants de la première sorte constituaient des dialogues lyriques. C’étaient le plus souvent des xoupot #, plaintes passionnées, qui devaient être traduites en général avec plus de force pathétique que de variété. Au contraire, dansles chants de la seconde sorte ou monodies(uovwdta), la variété dominait. La puissance d'expression, l’art délicat des nuances, les contrastes brusques, en un mot tout ce qui peint l'agitation de l’âme, c'était là leur mérite propre. Les grands acteurs s’y faisaient donc admirer. Plus leur art les rendait populaires et leur donnait d’autorité, plus ils réclamaient des poètes ce genre de morceaux, qui les faisaient valoir.
4. C’est ce qu’on appelait péyæ xat xahov iuBoäcbar (Synes. de Provid., p.106 A).
2. Toutefois un acteur tragique, sous le masque, pouvait, à ce qu'il paraît, produire un effet très dramatique par le rire. C’est ce que fit l’acteur Plisthène en jouant le rôle d’Ajax dans une pièce de Karkinos (Parémiographe anonyme, dans Miller, Mélanges de lillér. grecque, p. 356; Aïdvreros yélws). Il s’agit nécessairement d’un rire sonore qu’on entendait dans tout le théâtre.
3. Ces aptitudes étaient d’ailleurs très spéciales. Les acteurs tragiques ne jouaient pas la comédie ; Platon, Républ. VIT, 395 B.
4. Arist., Poétique, c. 12 : Kouyds Ô: Opñvos xowvos Yyopod xat aro CXNVAS.
Mais la déclamation avait en somme plus d’importance encore que le chant. Il n’est guère douteux qu’à l’origine, quand l’art tragique usait ordinairement dans le dialogue du tétramètre trochaïque, elle n’ait été accompagnée, au moins en partie, par la flûte. Sous cette forme, c'était encore une sorte de chant. Plus la tragédie devint dramatique, plus elle dut tendre à s’affranchir de cette gène. L'introduction du trimètre iambique n’aurait pas eu de sens, si elle n’eût libéré la déclamation. Durant la période classique, tout démontre qu’en général les parties iambiques étaient simplement récitées ‘. Toutefois cette récitation pouvait être plus ou moins voisine du chant, et c’est là peut-être un fait dont on ne tient pas toujours assez de compte. Il parait naturel d'admettre que, au temps d’Eschyle, le débit des acteurs tragiques, bien que déjà libre d’accompagnement, était encore en quelque mesure modulé et chantant, tandis qu’après lui il tendit à se rapprocher de plus en plus du parler ordinaire. Un passage d’Aristote prouve que l’art des acteurs grecs se développa autour de certaines formes typiques d’intonation, qui furent de bonne heure reconnues et fixées : telles que le commandement (évroàt), la prière (edyn), le récit (duAynsts), la menace (dre), l'interrogation (és6rnou), la réponse (éréxocus), etc ?. Cela confirme ce qui a été dit
4. Plusieurs savants ont pourtant cru que ces parties elle-mêmes étaient à demi chantées : Westphal, Griech. Metrik, II, p. 480 et Prolegomena zu Æschylos, p.200 ; Naeke, Rhein. Museum, XVII, p. 521. Ils s’appuient sur deux témoignages anciens (Plut. Musique, p.1140F, et Lucien, Danse mimique, 21). Mais ces passages ne paraissent viser que des cas exceptionnels (Voyez Christ, Metrik, $ 376, et la dissertation déjà citée du même savant sur la Paracataloge, p. 179). Outre les raisons que donne Christ, il faut remarquer que deux passages d’Aristote, relatifs à l’iambe (Rhétor. III, 8 et Poétiqg. 4), mon= trent indubitablement que l’iambique trimètre est un rythme parlé (kextuxdv pétpoy). Voyez en outre Aristote, Rhétor. III, 2, 4.