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travail, vaut mieux que celui qui est fourni par l'injustice. et la calomnie ». La discipline relative aux orphelins conduit à des préceptes sur l’éducation des enfants, sur la nécessité de les marier de bonne heure ; à d’autres aussi
sur les rapports des maîtres et des serviteurs ; à d’autres :
enfin sur la virginité. Tout cela est d’un sentiment assez juste, et l’exposé, vu la brièveté extrême du livre, est un peu moins confus que précédemment.
Le début du livre V nous reporte à l’époque des persécutions, en recommandant aux fidèles de prendre soin de ceux de leurs frères qui sont emprisonnés pour la foi. Tout le monde n’est pas appelé à être martyr et à imiter la passion du Christ. Mais tous les chrétiens doivent imiter la vie du Seigneur. La récompense qui les attend est la résurrection, à laquelle un long développement est consacré (1). Les paragraphes qui conseillent de fuir les jeux, les plaisanteries, les serments, etc., nous reportent probablement, comme le début, à l’époque antérieure à la victoire du christianisme. Une liste intéressante des fêtes à observer indique au contraire une époque assez postérieure (2).
Le livre VI traite de l’hérésie et du schisme. Il donne d’abord des exemples pris à l’Ancien Testament ; puis fait commencer les sectes postérieures à la venue du Christ avec Simon, et en dresse une liste assez archaïque. Ici apparaît ce contact avec la légende simonienne que j'ai noté déjà ; l’auteur fait raconter par Pierre sa controverse avec Simon, en mentionnant Nicétas, Aquila (3), l’aventure de Simon à Rome. La suite, qui contient un symbole, est intéressante pour qui veut définir la foi, et notamment la christologie, de l’auteur.
Il apparaît clairement par cette analyse, nécessairement très insuffisante, que le plan est fort embrouillé, et que l’exposé contient, juxtaposés, des éléments qui
(1) L'auteur le prouve par une citation de la Sibylle et par l’histoire du phénix.
(2) La Noël y figure.
(3) Cf. tome II, p. 643.
correspondent à des conditions NN ES ditérentes, C’est ce qu’on peut attendre d’une compilation dont l’auteur opère avec des textes déjà souvent remaniés.
. Avec le livre VII, il revient à une source plus ancienne, à la première partie de la Didackhé, et il développe la traditionnelle opposition des deux voies. Telle est du moins la matière de la première partie. La suivante contient d’abord un manuel du catéchuménat et du baptême ; elle se termine par une liste des premiers évêques des sièges de Jérusalem, Césarée, Antioche, Alexandrie, Rome, Éphèse, Smyrne, Pergame, Philadelphie, Cenchrées et la Crète,
Athènes, Tripoli, Laodicée, Colosses, Bérée, la province
» de Galatie, celle d’Asie, Rae |
Le VIII livre semble plus original. L'auteur traite
d’abord des charismes, en recommandant à ceux qui en
possèdent de ne pas s’enorgueillir de ce privilège ; car la simple foi, quand elle est pure, est aussi un charisme.
À partir du chapitre 1v, il s’inspire de la Constitution
Égyptienne. Pierre déclare parler en compagnie des autres
apôtres, de Paul, de Jacques, frère du Seigneur, des prêtres
et des diacres ; il donne les règles relatives à l’élection des
* évêques, déterminant le rôle du peuple, celui du clergé, . les questions à poser par le président à l’assemblée, les
rites de l’ordination et les prières qui doivent être
ditesàce sujet ; l’ordre des allocutions adressées au peuple.
Comme l’ordination comporte la célébration du service
divin, l’ordre de ce service est également analysé en détail.
Un appendice, ae paraît être une addition d’une autre, main, contient, à partir du chapitre 47, quatre-vingt-cinq
… canons, où l’on retrouve les formules qui proviennent du concile d’Antioche, en 341.
Au concile de 392, les Constitutions Apostoliques ont été condamnées, comme un livre que les hérétiques auraient altéré ; exception était faite pour les canons de l’appendice (1). La critique moderne est d’accord pour