‹ Histoire de la littérature grecque chrétienneChapitre 5 sur 200 · LES · texte numérisé non relu

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FSHtèie, Die’ Brive: ‘des Eibantis, T° IUT heue Fotaéi 1457490621 rt

certaines au moins des qualités de l” atticisme. Son œuvre est immense ; sa correspondance comprend plus de seize cents lettres, souvent assez courtes, il est vrai ; Car 1l considérait la brièveté comme une des lois de genre épistolaire ; ses discours remplissent plus de dix volumes de l'excellente édition Fœrster. Il était Syrien d’origine ; son nom, dérivé de celui que porte encore la chaîne du Liban, se retrouve fréquemment chez les esclaves venus de cette région, mais lui-même était issu d’une des meilleures familles d’Antioche. Il perdit de bonne heure son père, et fut élevé par une mère affectueuse et vigilante. Sa santé resta toujours délicate, et il attribuait les violents maux de tête, dont il ne cessa presque jamais de souffrir, à un coup de foudre qui l'avait un jour frappé. Nous connaissons sa vie fort en détail ; car il s’est complu à la raconter dans un discours que l’on place en tête de ses œuvres et qu’il a intitulé Sur sa fortune, parce qu'il y montre, selon un plan soigneusement équilibré, que, comme c’est le lot ordinaire des hommes, il a tour à tour éprouvé les faveurs et les disgrâces du sort. Il commença par être l'élève d’un rhéteur du nom de Zénobios ; puis, à Athènes, il suivit l’enseignement de Diophante, contre son gré, nous dit-il; car, par une aventure qui n'avait rien d’exceptionnel dans les villes universitaires du ve siècle, il avait été chambré, dès son arrivée, par les disciples de ce maître et empêché d’aller s'inscrire chez celui qu’il aurait librement choisi. En 340, il fit une tournée oratoire en Grèce, en Macédoine, en Thrace, avec un ami, du nom de Crispinos. Il retourna ensuite à

Athènes, puis à Constantinople, où il ouvrit une école et

entra en rivalité avec un autre sophiste très en vogue, Bémarchos. Les ennuis que lui causa cette concurrence le décidèrent à s'établir, en 346, à Nicomédie, où 1l resta cinq ans, et où il reçut un accueil dont il garda toute sa vie le souvenir. Le jeune Julien, qui résidait alors dans cette ville, aurait bien voulu l’entendre, mais n’y fut pas autorisé. Un ordre impérial rappela Libanios à

LIBANIOS : De

Constantinople entre 350 et 352, et c’est probablement alors (1) qu’il a été connu de saint Basile, sous le nom duquel nous possédons une série de lettres échangées avec lui, dont nous examinerons plus tard l’authenticité. Il refusa l'invitation qu'un haut personnage, Stratégios, lui avait adressée pour l’attirer à Athènes, et, en 354, il s'installa définitivement dans sa ville natale, Antioche.. Il y eut, au début, pour rival, un rhéteur du nom d’Acace, qu'il éclipsa bientôt, et qui, blessé dans son amour-propre, se réfugia en Palestine. Il devint peu à peu le rhéteur le plus fameux de tout l’Empire, et fut l’homme le plus influent d’Antioche, jusqu’au jour où son élève, Jean Chrysostome, lui disputa la faveur du peuple. |

Il est mort probablement en 393. Il ne s'était pas marié ; mais il avait eu d’une concubine un fils, Cimon, dont l’avenir le préoccupa beaucoup et qui mourut avant lui, en 391. Son succès, dans sa ville natale, où affluèrent, pour l'entendre, des jeunes gens venus de toutes les régions de l'Orient, fut si grand qu’il fut finalement autorisé à donner ses leçons dans la grande salle du Sénat, et qu’il prit quatre auxiliaires qui lui épargnaient la peine de dégrossir les novices. Il acquit une fortune considérable ; il recevait un traitement municipal et un traitement impérial, auxquels ses élèves ajoutaient leurs dons.

Ses discours appartiennent à tous les genres, épidictique, judiciaire, délibératif. Ils sont ordinairement fictifs. Il est vrai que plusieurs des plus importants ont été provoqués par des événements contemporains, par exemple ceux qui datent du règne de Julien, ou ceux qui eurent pour origine la sédition d’Antioche en 387. Mais ceux-là même n’ont pas toujours été prononcés dans les circonstances où ils sont censés l'être ; ils ont été plutôt composés après coup, à tête reposée. Par la variété et la

(1) À moins qu'ils ne se soient rencontrés en 357, quand Basile alla par Antioche en Égypte.

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ique -dans l'expression, oule; rythme. Plein: dela: lecture ides; ‘grands: .classiques, ;et; principalement :.dei, Démos-

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Houriètour les: Homélies surilesi Statues | de: Jean: Chrysos-

tome, et les harangues que les mêmes circonstancés ont anspirées à Libänios'$ on sentirai bienivitela: différënce .entre } le: TRE ce d’une; éloquence ;puissante etila froide perfection d'un: antisavant.:e 41 tool 4 ibañios, ‘entretint de; bonnes! relations .àvéc!{ certains chrétiens: Sa correspondancertémoigme qu'il iétait ‘hon-

nête hommie,: d’un [caractère :accornmodant) ‘ét parfois

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salué lés idébuts: du, règne, de: Julien avec: autant d'enthousiasme qu'Himérios;.et li mort du dernier empereur païen le; jetal dans ;une; sorte: de: désespoir. :1] |demetra persuadé: !qu’elle avait, été l’œuvre; d’un |ehrétien; non d’un, Perse;iet.ilréclama bien: vainement vengeance auprès -deisés successeurs. Pour dui} comme pourJulien, ile, paganisme et les lettres étaiént: étroitement hés. :«:Les--dis-

<ours-et.les rités des: Diduk sontifrères, »; s$elon, une for-

imule:qu'il aime à répéter! Hise eontenitait. d’ailleurs raisénent d’uné réHéren surtout/littérainé,;:cat, s'ilravait: le

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Non, sans raison; qu'il faudrait, Savoir Par, cœur, Démosthène , pour éditer Libanios comme il convient.

(2) On l’a contesté) «mais sans motif décisif ; cf. infra, p. 461.

1.(8) Sur la religion de :Hibanios,, voir Missox, «Le,paganisme, de ts Louvain, 1914. Lu LR RE AE à è BEN RR 42 din ETIE (BENT EN L LREER ble \!

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L néertertsil, parfois: pars des déclaratiôns} maliacedrdéés. Quand omille:voitipuiser à pleines mains'dhns iles vitiliés

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pourrait: le prendre pourtundévot àPaneienté iodé. Ailleurs} quoique !iplus ‘rarement, illit/est ‘pas! loin! de “prendré le Con: du: mysticisihe| néo-platonieiènt Hi a! par-

“litres sébisans chercher :à en dégager ‘une: ‘sighi fication

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Julieny (serait! aüimroins toléré: Ia vu les biens! tpparte-

| ieuxsmèihestruinés par: des! bandes de moines! Soni''dis- -cours Pour lardéfense dès temples, adressé à Théodosel!ét composé, selon toutévraisemblance, en 3841(1); est ins-

fondément, réussit, à s'élever au- -dessus ‘de. fuirmême, fonda Ht sujet eût pu inspirer. [l commence par un exütdé où il 40} Pose qu’on le jugera sans doute hardi

(1) Voir la notice de Fœrster en lo ot

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fois des velléités de rationalismei Ent réalité ilne mène ljamaisitrèsloim sarpeñsée, quellé qu'elle soit-et's"én rétiét asta tradition {sans shuidemander'irigoureusémeént ses

-qui-Pépure: Hlur suffit d'accomplir les cérémonies” at- | tiques, en:yajoutant-quelques pratiques! plus rééuntés, AO

» -sèns aller jusqu'à la théurgie de Jamblique, de lMtéctime si À .d'Éphèseiet de JuliensDilui suffit d’honorériles didus' du Re . -polythéiémé classique, én faisant eritrér dans lé Panthéon

‘à telles divinité plus imodernerret particulièrement” énérée

> Là Antioché; eomineila Fortunet jAprès lai mortidé! Julien,

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| “hant'aux templesipassen:en d'autres mains, êt les teinples !

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sans AU cependant les accents passionnés queile

de “présenter

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une telle requête, mais il déclare qu'il parlera sans

crainte, parce qu’il a toute confiance dans la justice de . l’empereur. Il raconte ensuite, en ne dissimulant pas ses

regrets, comment l’Empire est devenu chrétien, et en vient au sort qui, maintenant, menace le paganisme

« Quand j'étais enfant, celui qui avait outragé Rome (1) fut renversé par le chef de l’armée des Gaules (2) ; cette armée marcha contre lui après avoir invoqué nos Dieux (3); mais quand son chef eut triomphé d’un homme qui avait fait prospérer les cités (4), il pensa qu’il lui serait avan-

tageux d’honorer un autre Dieu, et, pour la fondation de

la ville dont il s’engoua (5), il employa les richesses des temples. Pourtant, dans ses lois, il ne toucha pas au culte. Il arriva seulement que la pauvreté règna dans les temples, tandis que partout ailleurs régnait l’abondance. Quand l'autorité passa à son fils (6), ou plutôt l’apparence de l’autorité (car le pouvoir appartenait à d’autres, qui l'avaient élevé et qui continuèrent à le dominer), ce souverain, qui obéissait aux ordres d’autrui, se laissa

persuader de prendre une mesure fâcheuse, et il interdit

les sacrifices. Son cousin (7), qui possédait toutes les vertus, les rétablit ; mais il mourut en Perse, et j’omets de dire ce qu’il avait fait ou allait faire. La’ permission de sacrifier dura quelque temps, mais elle fut supprimée, quand les choses changèrent, par les deux frères (8) ; ils n’interdirent pas cependant d'offrir de l’encens. Ta propre loi a confirmé cette liberté, de sorte que nous avons moins souflert de ce qui nous était enlevé que nous n’avons été reconnaissants de ce qui nous était concédé.

(1) Maxence.

(2) Constantin.

(3) On voit que Libanios présente les choses un peu autrement qu’Eusèbe.

(4) Licinius.

. (5) Constantinople.

(6) Constance.

(7) Julien.

(8) Valens et Valentinien.

LIBANIOS . AU 25

Toi donc, tu n’as pas prescrit de fermer les temples, ni

interdit d'y entrer, ni proscrit la flamme, l’encens et les : autres rites du même genre que l’on accomplit sur les autels et dans les temples. Ce sont les gens vêtus de noir (1), et qui sont plus voraces que des éléphants, qui n’ont jamais assez de coupes pour boire aux sons de leurs cantiques, mais qui cachent tout cela sous une pâleur artificielle ; ce sont eux qui, quoique ta loi subsiste et soit en vigueur, Ô Prince, courent aux temples avec des fagots, des pierres, du fer, ou parfois sans autres armes que leurs jambes et leurs bras. Et les toits deviennent la proie des Mysiens (2) ; les murs sont abattus ; les statues renversées ; les autels ruinés ; les prêtres obligés de se taire, sous peine de mort. La besogne achevée quelque part, on court à une seconde et à une troisième ; on accumule les trophées, contrairement à la loi» (3). Après avoir exposé les faits, Libanius terminait ainsi : « Nous donc, Prince, si tu approuves cela, si tu l’autorises, nous le supporterons, non sans douleur, mais en sujets qui entendent se montrer dociles. Si c’est sans ta permission que ces gens-là marchent contre les édifices qu'ils

ont encore oubliés ou ceux qui se sont rapidement relevés,

sache que les propriétaires des champs (4) se défendront et défendront la loi » (5).

Libanios n’ignorait pas que Théodose fermait aussi volontiers les yeux sur des violences qu’il n'avait pas prescrites que Julien avait mis peu d’empressement à. punir celles qui, sous son règne, avaient été exercées contre les chrétiens ; mais il avait le droit de souligner le contraste entre la législation et la réalité. Son indignation est sincère ; son langage est digne et ferme ; un

) Les moines.

) Locution proverbiale.

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