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opposition réelle. Il faut lui savoir gré de s'être obstiné
sans défaillance à suivre la voie moyenne qu'il avait choisie, et en professant la nécessité de joindre l’action
‘à la culture de l’esprit, il a été vraiment l’un des derniers
et des meilleurs représentants de la véritable tradition
antique.
I] n’a pas seulement rempli honorablement les fonc-
| tions qui lui ont été confiées ; il a exercé une: influence
utile sur les souverains dont il les tenait. Ses panégyriques ont assurément le ton qui était alors obligatoire, et nous déplaisent, comme tous ceux que nous avons conservés dela même époque, par l’exagération de la
flatterie. Cette flatterie, maniée par un philosophe,
devient parfois particulièrement ridicule, par exemple dans cet éloge de Gratien, prononcé à Rome, en 377; où l’orateur célèbre, avant toutes choses, la beauté du jeune
priñce, en l’interprétant à la mode platonicienne, avec
beaucoup de réminiscences du Phèdre. Mais, si l’on ne s’en tient pas à la première impression et si l’on examine
la plupart de ces discours d’un peu plus près, à la lunuère
de l’histoire, on s'aperçoit que, sous le couvert de la flatterie, l'orateur sait insinuer de bons avis, qu’il aurait été difficile de faire entendre ouvertement. Proclamer que Constance est, plutôt que Théristios lui-même, le véritable philosophe et l’égaler au souverain idéal que Platon a défini dans sa République, nous paraît aujourd’hui assez osé. Mais Constance n’était pas un homme à qui l’on pût rappeler impérativement son devoir. Refusant de s’abs- ‘traire dans la pure méditation philosophique, Thémis-
tios a dû consentir certaines condescendances, et préci- ” sément parce qu’il était, au fongl, très honnête homme, il
les a faites avec une assez grande gaucherie. Comme Himérios, mais dans une autre occasion, cet homme prudent a dit son mot sur le problème religieux. ‘était au lendemain de la mort de Julien, lorsque Jo- ‘vien venait de promettre de nouveau la tolérance, mais que les païens pouvaient craindre à bon droit que l’'Em-
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de à
THÉMISTIOS A 47
pereur fût impuissant à contenir l’irritation des chrétiens. Thémistios a prononcé alors son cinquième discours, dont l'inspiration est élevée, et où le thème choisi est traité avec précision et avec vigueur. Voici des paroles sages et nobles : « Il ÿ a quelque chose qui échappe à la force, qui est au-dessus des menaces et des injonctions ; c'est toute sorte de vertu, quelle qu’elle soit, et c’est principalement le sentiment religieux. » L’orateur raille
ensuite les courtisans dont la croyance se règle unique-.
ment sur l’exemple du prince, et qui passent d’un culte à l’autre selon leur intérêt du moment. « Il n’y eut jadis qu’un Théramène ; tous sont aujourd’hui des cothurnes (1) » ; puis, il continue : « Celui qui emploie la force en ces matières nous prive d’un pouvoir qui nous a été octroyé par Dieu. Les lois de Cambyse et celles de Chéops ont à peine survécu à ceux qui les avaient promulguées ; la loi de Dieu et la tienne », — c’est-à-dire l’'édit de tolérance que venait de publier Jovien — « subsistera éternellement. Que l’âme de chacun soit libre de prendre la route qu’elle croit bonne, quand il s’agit de religion. Cette loi, ni la confiscation des biens, ni le pal, ni le bûcher n’ont jamais pu prévaloir contre elle. On peut briser et tuer le corps, si l’on veut. L’âme échappe, emportant avec elle la pensée libre, eût-on fait violence au langage. » Les rôles étaient intervertis, et c'était le tour des Hellènes de parler en martyrs. Comme il arrive presque toujours quand la pensée est belle et sincère, le style ici se dégage des artifices d’école ; ül s'élève et se raffermit. Thémistios développe ensuite, sur le même ton, cette idée que supprimer la concurrence entre les sectes, c’est risquer d’éteindre l’activité spontanée de l’esprit, et de réduire la foi à une routine. Parvenir au vrai, en matière religieuse, est plus difficile qu’en toute autre recherche ; il faut, pour en approcher au moins, l’aiguillon de l’émulation.
(1) Or., XVIII. — Cothurne rappelle un surnom donné à Théramène à cause de sa versatilité.
2 it. III
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4 SIL l'A, AOÛ
commençait à ‘s’altérer ; es v. oYelles longues, et Jess