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| voisins de ceux qui sont familiers à Plotin et à ses dis-. ciples (1). Son érudition se révèle encore par l'appel ei: \ Orphée ou à Hermès Trismégiste, et, très fréquemment, par des citations poétiques dont le plus grand nombre ne peuvent pas être identifiées. Mais ces influences profanes restent secondaires. L’inspiration de Didyme est, avant 1e tout, biblique ; sa connaissance de l'Ancien et du Nouveau Testament est d’une richesse et d’une précision incomparables, et un grand nombre de chapitres ne sont qu’un tissu de citations reliées par des exégèses. | Si le ton habituel est, comme il convient, celui de l'exposé didactique, la foi et la piété ardentes de Didyme s’épanchent en plus d’une page avec une simplicité qui nous touche. C’est ainsi qu’au chapitre xxxv du livre I**, | | il proteste à la fois, comme dans le Traité du Saint- Esprit, du sentiment d’indignation qui s’empare de lui, quand il réfléchit à l'audace d’un homme qui prétend «venir à l’aide des déclarations divines sur le Fils monogène et le Saint-Esprit »; de l'obligation qui s'impose à lui de « ruiner les désastreuses interprétations des . hérétiques, et de montrer que, lors même qu'ils préten- dent honorer le Père contre les Écritures et plus qu'ilne convient, ils le chagrinent, ainsi que son Fils -unique, et 4 ils outragent le Saint-Esprit ». Sa conviction le contraint même parfois à l’éloquence, ou l’induit à une sorte de lyrisme. M. Bardy, qui juge sans grande indulgence Didyme écrivain (2), n’a pu s’empêcher de citer (3) avec admiration la prosopopée du Verbe, dans le chapitre xxvi DE du livre Ier: « Le Père est Dieu, disent-ils ; je le suis aussi ; car je suis son Fils monogène et véritable et bien- aimé. Le Père est Seigneur ; je le suis aussi, Seigneur de
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__ (1) Voir, par exemple, I, 27, le développement sur le Fils « soleil intelligible ». dj
(2) Saint Jérôme déjà est sévère : « Imperitus sermone est », dit-il dans la préface de la traduction du de Spiritu Sancto ; il est trop clair . quilne pouvait goûter tant de simplicité.
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tout, héritier du Dieu vivant, maître de cet héritage ; car / je possède ce qui est à moi, à la fois comme créateur et. comme Fils véritable ; c’est par l’incarnation que j'ai été fait héritier. Le Père Le démiurge et roi ; je le suis. etc. » Le lyrisme apparaît dans le curieux chapitre vi du livre II, où, après avoir montré que le Saint-Esprit est au-dessus des anges, Didyme craint, parce qu'il a aussi __ parlé des démons, d’avoir offensé ces ministres de la di- à vinité, pour lesquels il partage la vénération qu'ils inspiraient au bon peuple d'Alexandrie (1) : « Je sais perti- à nemment, anges glorieux de Dieu qui habitez la lumière : céleste, qu’irréprochables et parfaits comme vous l’êtes, vous ne vous fâcherez pas de ce que J'ai dit au sujet de ceux des anges qui vous sont semblables par la nature,
sans l’être par l'innocence de leur conscience. » Après Les” : | avoir ainsi apaisés, il les prie de s’associer à lui pour célé- QUE brer la Trinité, en invoquant spécialement Michel et M Gabriel. Il leur adresse enfin à tous une prière pour lui
Ru. même et tous ceux qui lui tiennent à cœur. | La même note émue et personnelle se retrouve, dans : le même livre, au chapitre xxvinr (le chapitre final), ï
4 avec une interpellation à ceux qui ont suivi de jour
en jour « ces entretiens » — ce qui prouve que, comme tant d’autres écrits de l’école alexandrine — le Traité sur la Trinité est issu d’un enseignement oral. Mais les traits les plus caractéristiques se trouvent dans la prière qui suit. Le bon Didyme prie pour la concorde entre les chrétiens ; pour la bonne administration de l'Empire ; pour une bonne récolte, favorisée par une pleine crue du Nil. Il prie aussi pour qu'il lui soit accordé « de vivre en paix parmi ses livres ». Si Didyme avait été canonisé, quel meilleur patron auraient pu souhaiter les savants et les lettrés ! Il ajoute « et de ne se voir jamais
(1) Il parle des églises, des chapelles qui leur étaient consacrées à la ville et dans les champs ; des longs pèlerinages que les contemporains y faisaient.
privé des’associer, avec une bonne conscience, aux assemblées de l'Église. » Ce savant n’oublie pas qu’il est un chrétien.
Le troisième ouvrage dogmatique de Didyme qui nous soit parvenu est un traité Contre les Manichéens (1), dont la date est incertaine, et qui donne l'impression, dans
l’état où nous l’avons, de n'être qu'un abrégé ou un
recueil d'extraits.
Écrits exégétiques. — Les écrits théoriques nous ont suffisamment prouvé combien Didyme était versé dans
la science des Écritures. Jérôme parle de commentaires
sur les Psaumes (2), sur Job, sur Isaïe (40-66) (3), Osée, Zacharie, les Proverbes, les Évangiles de Jean et de Mathieu, les Actes, la IT Épître aux Corinthiens, les Épîtres aux Galates et aux Éphésiens. Les Chaînes donnent encore sous son nom des fragments relatifs à d’autres livres, et Cassiodore fit traduire par un prêtre, du nom d'Épiphane, un commentaire des Épîtres catholiques qu’il lui attribuait, à tort ou à raison (4). L’exégèse de Didyme se maintient, sans grande originalité, dans la tradition alexandrine, tenant compte, dans une certaine mesure, de la critique textuelle et de l’histoire ; faisant une certaine place au sens littéral, surtout quand il s’agit du Nouveau Testament, mais accordant la plus grande à l'interprétation allégorique (5), par exemple dans le
(1) Publié pour la première fois d’après le Laurentianus IX, 23 (x® siècle), par ComBeris, Bibliothecæ græcæ Patrum auctarium novissimum, Paris, 1672.
(2) Sur ce commentaire et l’insuffisance des textes publiés par Maï, cf. DevREEssE, article Chaînes exégétiques, dans le Dictionnaire de la Bible, colonne 1126.
(3) Il est curieux que Didymé n’ait commenté que cette partie ; il n’y à d’ailleurs aucun indice qu’il ait reconnu des éléments d'origine diverse dans le recueil d’Isaïe ; un fragment subsiste dans un florilège (DEvVREESSE, 1b., 1150).
(4) C£. Devressse, 1226.
(5) Cette appréciation est faite sous réserve; cf. note 2 supra. Didyme emploie diverses expressions pour désigner sa méthode allégorique ; la plus fréquente est ävaywyn.
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