DIDYME, SES ŒUVRES
commentaire des Psaumes, qui, presque tous, sont expli- qués dans le sens d’une prophétie messianique. ASS | .. Ouvrages perdus. — On en trouvera la liste aussi com- plète qu’on peut la dresser dans les ouvrages de Leipoldt et de Bardy. Nous indiquerons seulement ceux qui pa raissent avoir eu le plus d'importance. Un volume sur Ÿ 4 les Dogmes est signalé par Jérôme (De Viris, loc. cu) ie
et cité par Didyme lui-même (De Spiritu Sancto, 32); É un autre sur les Sectes est également cité dans le même traité (ch. v) (1). Deux livres contre les Ariens sont signalés LA. par Jérôme — à moins qu’ils ne soient à identifier avec le livre sur les Dogmes (2). Les renvois qui sont faits,en Œuatorze passages du traité Sur la Trinité (3), à un Premier discours (rpGtos )6yoc) restent énigmatiques. Un court fragment s’est conservé d’une consolation à un phi- | losophe, un autre d’un écrit Sur l’incorporel ; un autre, 4 d’un écrit Sur l'âme ; un autre encore, du second livre
F. d'un écrit Sur la foi. Mais la perte la plus regrettable
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pour l'historien est celle de deux traités qui nous auraient éclairés mieux que nous ne le sommes sur l'origénisme de Didyme. Le principal était un Commentaire (Yrouuara) sur le Traité des principes d’Origène (4) ; le second, composé à la demande de Rufin, qui fut, comme saint Jérôme, un disciple de Didyme et lui garda un attachement plus durable, avait pour objet le problème de la mort des petits enfants : Didyme y expliquait leur sort en disant qu'ayant commis seulement des
(1) On a rapproché de cette mention ce que dit Taéoporer, H. E., IV, 26, que Didyme avait écrit xatà t@v à&veiméluy ts dAnbelac oymätwv. Quelques-uns ont pensé que le livre Sur les dogmes et celui Sur les Sectes devaient être identifiés. Fe
(2) Le texte est obscur. Je crois plutôt qu’il faut distinguer, Saint Jérôme parle, dans un autre chapitre de son De Viris (120), de Didyme comme d’un adversaire d'Eunomios ; mais ce qu'il dit n'implique Er pas l’existence d’un traité particulier. p
(3) Enumérés par Barpy, p. 27. per
(4) Mentionné par Socrare, H. E., IV, 95. Die.
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péchés légers, il avait suffi qu'ils « touchassent se ment l’emprisonnement dans des corps (1) >.
Ce petit livre semble indiquer déjà suffisamment le
contact que Didyme avait gardé avec la théorie d’Ori-
gène sur la préexistence des âmes et leur chute dans le monde intelligible. Divers textes de saint Jérôme paraissent le confirmer (2), et il est bien vraisemblable que c’est en effet sur cet article et sur celui de la rédemption
étendue à tous (apocatastase) que la doctrine de Didyme
pouvait, dès la fin du 1v° siècle, être déclarée suspecte. Jérôme, dans sa querelle avec Rufin, s’est exprimé comme :1 suit : « Nous louons dans Didyme... la pureté de sa foi en la Trinité ; mais pour tous les autres points où il a eu le tort de suivre Origène, nous nous séparons de lui. Car il faut imiter les vertus de nos maîtres, et non leurs défauts (3). » Cependant, au cours du v® siècle, la mémoire de Didyme demeura intacte, et son action, qui avait été grande au siècle précédent sur Ambroise, s’exerça sur saint Augustin et sur saint Cyrille. Mais sous Justinien, Didyme, avec Évagrios, se vit compromis dans la dispute suscitée par l’origénisme. Le concile de 543 qui condamna Origène ne prononça pas son nom. La première mention explicite d’une condamnation se trouve dans la Vie de saint Sabas, de Cyrille de Scythopolis, où il est dit que « le cinquième concile œcuménique s'étant réuni à Constantinople » (4) — c’est le concile de 553 — un anathème commun et universel fut jeté contre Origène, Théodore de Mopsueste, et ce qui a été dit par Évagre et Didyme sur la préexistence et l’apocatastase ». On a beaucoup discuté au sujet de ce cinquième concile (5) et de ses décisions. Ce qui est sûr, c’est que, dans l’opinion commune, le souvenir de Di-
(1) Jérôme, Apologia adv. Rufinum, III, 28.
(2) On les trouvera réunis P. G., 39.
(3) Ado. Rufinum, TIT, 27.
(4) P. G., 39, colonne 239.
(5) Cf. Barpy, p. 252 et suiv.