AE | DIDYME. SES ŒUVR
dyme, comme celui d’Évagre, se trouve, dès lors, plus
ou moins étroitement lié à celui d’Origène, et c’est ce qui
explique que de son œuvre immense il ne nous reste, en
somme, que des débris
Ouvrages que des critiques récents ont voulu attribuer à Didyme. — Cette pauvreté relative de l’œuvre conservée de Didyme a excité l'imagination de certains critiques, qui se sont laissés aller à l’espoir de l’enrichir en retrou-
vant quelques-uns de ses écrits authentiques sous des
‘noms supposés. Nous ne croyons pas, pour notre part,
qu'aucune de ces hypothèses ait été soutenue par des raisons décisives. Je ne dirai qu’un mot de celle de Dræsecke, qui a attribué à Didyme le premier des deux livres Sur l’incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ contre Apollinaire qui nous sont parvenus sous le nom d’Athanase (1), et qui fait du second un ouvrage de son disciple, Ambroise ; elle n’a été défendue par personne après lui (2). Au contraire, celle de K. Holl (3); qui a réclamé pour
Did;-me un traité Contre Arius et Sabellius, a été acceptée
par Leipoldt, et cette acceptation a conditionné pour une bonne part l’exposé qu’il a fait de la théologie de l’aveugle.
Je me range, pour ma part, très décidément à l’avis de ceux que Holl n’a pas convaincus (4). Ces savants ont
très justement relevé un certain nombre de propositions dogmatiques ou d’interprétations de textes scripturaires qui sont, sans contestation possible, en désaccord avec les vues de Didyme dans ses écrits authentiques. On essaie de les expliquer par une différence de date, en attri-
buant à la jeunesse de l’auteur ce petit écrit, qui paraît,
en effet, ne pas appartenir à une période trop avancée du
développement de la crise arienne; mais elles semblent
(1) Cf. supra, p. 864.
(2) Dræsecxe, Gesammelte patristische Abhandlungen, p. 169 ; contre lui, STüLcKkEN, Athanasiana, p.. 70.
(3) Zeitschrift für Kirchengeschichte, 1904.
(4) Krücer, Funk, Srozz, et, en définitive, malgré quelques hésitations, M. Barpy, p. 19,
Re. contredit au sujet d’un texte aussi important que Jean (xiv, 28 ; Mon père est plus grand que moi), qui est expli- qué au IV® livre autrement qe dans les écrits authence tiques ; et il Le serait autant qu’au Ve livre, qui est con-
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ous aurons occasion de dire plus tard que du grand traité de Basile Contre Eunomios, qui nous est parvenu en cinq livres, le quatrième et le cinquième ne font cer- :
tainement pas partie intégrante. Dræsecke avait voulu les
attribuer à Apollinaire (1). Un savant russe, Anatole Î Spasski] (2), et, peu de temps après, sans connaître
celui-ci, Funk (3), ont proposé de les donner à Didyme. L Il serait assez singulier cependant que Didyme se fût
sacré au Saint-Esprit et où l’on peut noter d’ailleurs plus de rapport avec les idées de Didyme, il ne fût pas question de l’éxrépevos. Il y a peu d’arguments à tirer du . style, parce qu’il n’est pas sûr que ces deux livres nous 1 soient parvenus sous leur forme primitive. Mais les analogies qu’ils présentent avec certaines vues de Didyme
peuvent s’expliquer s’ils proviennent d’une même époque
ou d’un même milieu. On aurait moins de répugnance |
re) lee D rhdéitté hahe E
à les lui attribuer que le Contre Arius et Sabellius; on ne peut considérer comme démontré qu’on y soit, .
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tenu (4).
Enfin, de Labriolle a également attribué à Die E
un court Dialogue entre un Montaniste et un Orthodoxe.
Il est exact que. Didyme s'est montré assez souvent
(1) Dans son livre sur Apollinaire de Laodicée, Pi
(2) Cf. Barpy, p. 24.
(3) Kirchengeschichtliche Abhandlungen, IT, . Paderborn, 1899, À (L’étude avait paru isolément en 1897.)
(4) On ne peut guère tirer argument du fait que TarôtRe signale Didyme comme un des Lotion d’Eunome (cf. supra) ; car Eunome paraît visé dans certaines parties des écrits authentiques ; cf. Barpy,
| soucieux de réfuter RER Monte et. il y a une connexion assez étroite entre l'argumentation qu'il ; emploie contre eux dans le traité Sur la Trinité (III, 41), et celle de l’auteur de cet opuscule. Rien ne contraint cependant à les identifier l’un et l’autre (1 Conclusion. — Didyme est plus remarquable par l’étendue et la variété de ‘son savoir, par la modération et “ $ l équilibre de son esprit, que par la hardiesse d’une pensée Le . originale. Son importance, dans l’histoire de la théologie au 1v® siècle, tout en étant fort inférieure à celle de saint Athanase, de saint Basile, de saint Grégoire de Nazianze et même de saint Grégoire de Nysse, reste Cependant considérable, à un double point de vue. Une partie de sa doctrine a gardé une valeur durable : c’est Bu exposé général du dogme trinitaire, par lequel a ; contribué à préciser et à simplifier en même temps la foi de Nicée, en faisant triompher la formüle des trois hypos- | ases en une seule essence ; c’est aussi son exposé de la relation du Saint- -Esprit avec cette essence, dont 1l | dérive par procession ; ce sont, en outre, certaines affirmations — dont nous n’avons pas eu jusqu’à présent l’occasion de parler — de l’union des deux natures en Jésus-Christ : ; elles sont dirigées contre Arius et contre 4 Apollinaire, et, par elles, Didyme apparaît comme un prédé- » cesseur de Cyrille. Une autre partie s’accordait mal avec - le tour que prenait de plus en plus la théologie ortho- ‘aoxe : ce sont les vues A la préexistence de l’âme et sur :
ïl apparaît comme un disciple pie mais attardé, : ’Origène.
Didyme n’est pas un grand é écrivain, et n’a jamais pré- “tendu à l'être. C’est un professeur consciencieux, qui ‘garde souvent dans la composition de ses livres les habi-
(1) Cf. Bulletin d'ancienne Littérature et d'Archéologie chrétiennes, 3, p. 269. Ce dialogue (A:xXeftc) a été publié d’abord par G. Frcxer, Fi für A MS ne Cr
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SR CE LE ne ES UR£ GRECQUE CHR ur 1 DE à LA PP c c
et dont la langue, négligée a quelque chose de nt un cœur tendre et
ides de l’enseignement oral, plutôt que gravement incorrecte,
scolaire (1). Cet érudit est cependa : il passe volontiers et insensiblement de
une âme pieuse ; Ja méditation à la prière, et, quand il s’abandonne à une rocher d’être
de ces effusions, auxquelles il ne faut pas rep s —— car leur charme est pour beaucoup dans la sur-
prise qu’elles nous causent — il est capable d’accents d’une sincérité touchante. S'il a à peu près entièrement es ornements de la sophistique, n’éprouvetisfaction reposante à rencontrer, en ce | rve siècle où l’on fit, aussi bien chez les chrétiens que * chez les païens, un si grand abus de l’artifice, un ascète qui porte dans l'exercice du métier littéraire le même | goût d’austérité dont il a fait preuve dans la pratique
de la vie ?
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(1) Un seul exemple, désigne habituellement la matière
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