‹ Histoire de la littérature grecque chrétienneChapitre 56 sur 200 · tome V, Chronique, traduction allemande de la traduction armé · texte numérisé non relu

tome V, Chronique, traduction allemande de la traduction armé

nienne, éd. Kanrsr, 1911 ; tome VI, La Démonstration évangélique, éd. Heikez, 1913 ; tome VII, 1, Chronique de saint Jérôme, éd. Hem, {re partie, 1913 ; 2e REA 1926 ; les introductions de ces volumes renseigneront sur la tradition manuscrite ; pour les éditions particulières, voir, plus bas, les notes afférentes à chaque ouvrage ; de même pour les études spéciales.

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période, grâce à la faveur du premier empereur chrétien. Il est donc naturel de placer l’étude de son œuvre dans la partie dé notre Histoire qui est consacrée au

gique, il se rattache étroitement au précédent, et parti- ; culièrement à l’école d’Origène.

Eusèbe devait être d’origine grecque, ou tout au moins appartenir à une famille hellénisée ; la manière dont il parle des Juifs rend peu probable qu’il fût sorti d’un mi-

mencé cependant par être esclave ? On l’a voulu conclure des termes avec lesquels il parle de Pamphile, dans son H iStorre cos et de la dénomination même sous

FR sur les Martyrs de la Palestine (2) qu ne ces mar- 1 « brillait et fulgurait comme un luminaire qu a

oR il ne m'est pas permis d'appeler autrement le véritablement divin et bienheureux Pamphile). » Le terme grec dont se sert Eusèbe est deonorme, qui désigne bien le maître de l’esclave, et c’est bien avec cette valeur qu’Eu- sèbe l’emploie dans cette phrase ; mais il semble l’employer

(1) Preuscnen la plaçait entre 275 et 280 ; SCHWARTZ se prononce pour 264-260.

(2) XI, 1 (dans l'édition de Scnwanrz, p. 932).

1v® siècle, quoique, par sa formation littéraire et théolo-

pal u sémitique. Il n’est pas vraisemblable, non plus, que

usèbe de rhétorique, et il suffit, pour justi- fier ici l'expression, qu’Eusèbe ait dû à Pamphile peutêtre les moyens d'existence qui sont nécessaires à un érudit, à coup sûr ceux qui lui ont permis de poursuivre l'achèvement et la publication de ses recherches sa- tx A vantes. Pamphile, nous allons le voir, a été vraiment pour Eusèbe ce que fut Ambroise pour Origène (1). Le __ même sentiment de gratitude a eu pour effet qu'Eusèbe Pa pris l’habitude de se faire nommer Eusèbe de Pam- : > Phile, le génitif [lzugéov indiquant ici non la filiation, comme d'ordinaire, mais la dépendance, sans doute vo- ; Re lontaire, où il a voulu se mettre par rapport à son bien- .. faiteur (2). Fey | Tout nous échappe de la vie d’'Eusèbe, avant les premières années du 1v® siècle. Nous ne savons pas où il était né; nous pouvons dire seulement que, dès que nous Ra saisissons la trace de son activité littéraire, nous voyons | celle-ci s'exercer à Césarée, autour de la bibliothèque | d’Origène, qui était venu s'installer en Palestine, en 230/1, 14 pour y vivre plus de vingt ans, et auprès de Pamphile. . Pamphile était de noble famille ; il avait reçu, juré OS culture grecque très soignée (3); ses premières études È » furent faites à Béryte (Beirouth), dont l’école de droit TL formait surtout de futurs administrateurs, et Eusèbe JF nous dit qu’il exerça en effet des fonctions civiles ; mais LT 1 il s’éprit bientôt de l’étude de l’Écriture et de la vie ascé- FN LA » tique, donna ses biens aux pauvres, reçut la prêtrise à HU … Césarée, où Eusèbe le connut (4), sous l’épiscopat d’Aga-

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DU) CE t. Il, p, 269. 1: 1100 … (2) Le fait qu'Eusèbe s’est donné ainsi l’équivalent d’un patrony- 1 - mique, mais n’a pas de patronymique au sens strict, suggère que, ÿ % » s’il n’est pas sûr qu’il ait été esclave, il était d’humble condition, JÉroME (de Viris, 81) dit à ce sujet : « Ob amicitiam Pamphili mar- HER tyris ab eo cognomentum sortitus est. » LA LAS …. (3) Sur Pampuize, cf. H. E., VI, 32, 3, 33, 4; VII, 32, 25; VIII,

13, 6 ; de Martyribus Palæstinæ, IV, 6 (p. 913, éd. ScuwarTz), V, 2

(p. 919) ; VII, 4 ; XI, 1 et suiv. (p. 932) ; Jérôme, De Vüiris, 75; Eusèbe l avait écrit sa vie.

(4) L’expression « nous le connaissons » est employée textuellement

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pius. Dans cette ville toute pleine du souvenir d’Origène, il se dévoua à l’entretien ou à l'enrichissement de la bibliothèque qu’Origèné y avait fondée, et à la continua-

tion de ses études exégétiques et philologiques, tâches

pour lesquelles il trouva dans Eusèbe le meilleur des auxiliaires (1). La persécution, qui dura de 303 à 310, vint interrompre leur collaboration. Pendant sa durée, Eusèbe voyagea souvent ; il a assisté aux jeux où cinq chrétiens furent exposés aux bêtes, dans la ville de Tyr (2) ; il se retira en Thébaïde pendant la période la plus dangereuse (3). Pamphile fut arrêté et emprisonné le 5 novembre 307 (4) ; il resta en prison pendant plus de deux ans, sans être contraint d'interrompre ses travaux érudits ; Eusèbe, revenu auprès de lui, se reprit à l'y aider, et il est vraisemblable qu’il partagea quelque temps sa captivité (5). Pamphile fut décapité le 16 février 310 (6). Eusèbe fut épargné ; il ne fut même pas déporté ni mutilé, comme le furent beaucoup d’autres chrétiens, qui évi-

tèrent la condamnation capitale. La chance dont il béné-

ficia incita plus tard l’évêque d’'Héracléopolis, Potamon, à l’accuser d’avoir failli ; Potamon porta contre lui cette accusation au synode de Tyr en 335, sans l’appuyer d’ailleurs d'aucune preuve, et en l’induisant simplement de l’indulgence dont il avait bénéficié (7).

Le 30 avril 311, l’édit de tolérance signé de Galère, Maximin, Constantin, Licinius, fut affiché à Nicomédie. Maximin ne l’appliqua pas strictement, mais enfin la terreur était finie. Il est équitable de penser qu'aucun

par Eusèbe ; elle est très défavorable à l’opinion de ceux qui veulent faire d’'Eusèbe son esclave,

(1) C’est probablement avant la persécution qu'Eusèbe est allé aussi à Antioche et y a fréquenté le prêtre Dorothée.

(2) H. E., VIIL, 7. c

(&) De Martyr. Palæst., VII 4.

(5) Paorius, Bb., Codex 118.

(6) De Martyr. Pal., XI.

(7) EprpuAN., Hær. 68, 8.

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EUSÈBE DE CÉSARÉE. BIOGRAPHIE 471 reproche grave ne pouvait être adressé à Eusèbe pour son attitude, puisqu'il fut choisi (1) comme évêque de Césarée, à la mort d’Agapius, entre 313 et 315 environ. C’est à partir de 323, c’est-à-dire après que Constantin fut devenu le maître de tout l'empire, qu’il a joué un rôle historique. Il fut un des évêques en qui l’empereur montra le plus de confiance, et il semble avoir, comme lui, souhaité l’établissement, sous le patronage de l’autorité impériale, d’une sorte de religion d’État, d’une Église unie et docile, où l'unité ne serait pas payée trop cher par des concessions mutuelles entre partis théologiques et une certaine imprécision des formules. Ses tendances le portaient d’ailleurs vers un arianisme relativement modéré. Sa répugnance la plus forte était contre le sabellianisme, que lui paraissait favoriser l'emploi de l’'homoousios. Aussi a-t-il pris, dans .toute la controverse arienne, une position assez flottante, mais plus rapprochée d’Arius et d’Eusèbe de Nicomédie que d’Athanase. Dans un concile tenu à Césarée, il fit approuver la formule d’Arius, et, peu après, dans un autre concile, réuni à Antioche, il fut lui-même excommunié (2). Il était donc assez compromis en 325, quand le concile de Nicée se réunit. Il obtint sa réhabilitation ; 1l signa la formule du concile, et écrivit à son église de Césarée une lettre que nous avons conservée (3), où il tâchait d’expliquer

(1) On ignore à quelle date il avait reçu la prêtrise ; ce qu’il dit à ce sujet dans sa lettre à l'Église de Césarée (Théodoret, I, XI, 3) ne donne aucune indication. $

(2) Avec Théodote de Laodicée et Narcisse de Néronias ; sur ce concile, qui a donné lieu à beaucoup de discussions, cÎ. SCHWARTZ, Nachrichten de Goettingen, 1905 et 1908 ; F. Nau, Revue de l'Orient chrétien, 1909, et Sreserc, Die Synode von Antiochien im Jahre 334-5 (Neue Studien zur Geschichte der Theologie und Kirche, Berlin, 1913).

(3) THéODORET, H. E., 1, 12 ; cf. Socrate, H. E,, I, 8. Eusèbe insistait d’abord sur ce fait que le symbole qu’il avait lu lui-même devant l’empereur, comme le sien propre et comme traditionnel dans son église, avait été approuvé ; il présentait ensuite assez négligemment la formule du concile comme équivalente à la sienne, avec certaines

son revirement, en s'appliquant surtout à présenter cette formule comme inspirée par l’empereur lui-même et à interpréter le sentiment de l’empereur conformément à la tradition de Césarée. Au fond, il restait arien, comme le prouve notamment une lettre postérieure, la Lettre à Euphrantion, conservée dans les Actes du second concile de Nicée (1), et il a travaillé, d'accord avec Eusèbe de Nicomédie, à ruiner l’œuvre du premier. C >st ainsi qu’à Antioche (vers 330) il a contribué à la déposition .d’Eustathe, et qu'à Tyr, en 335, il a figuré parmi les adversaires d’Athanase. Il aurait pu devenir évêque d’Antioche, mais il eut la sagesse de refuser (2). En 336 (3), au concile de Constantinople, il a pris une part importante à la condamnation de Marcel d’Ancyre, pour lequel les Occidentaux avaient eu beaucoup d’indulgence, mais qui enseignait manifestement une doctrine fort analogue à ce sabellianisme qu’Eusèbe avait en horreur. Pour les tricennalia de Constantin, célébrées la même année, il fut chargé de prononcer le discours. Il était donc au comble de la faveur, quand Constantin mourut, en 337, après avoir reçu le baptême d’un évêque arien. Il aurait eu chance de conserver la même faveur auprès de Constance, s’il avait survécu plus longtemps à Constantin. Mais il est mort en 339, ou 340, au plus tard (4). Il devait être alors assez proche de sa quatre-vingtième année.

« additions ». Voici la sienne : « Nous croyons en un seul Dieu, le Père tout-puissant, le créateur de toutes choses, visibles et invisibles, et en un seul Seigneur Jésus-Christ, le Verbe de Dieu, Dieu issu de Dieu (Bedv x Ocod), lumière issue de la lumière, vie issue de la vie, fils unique, premier-né de toute création, né du Père avant tous les siècles, par qui tout a été fait, qui s’est incarné pour notre salut et a vécu parmi les hommes, a souffert, est ressuscité le troisième jour et remonté auprès du Père, et qui reviendra dans sa gloire juger les vivants et les morts. Nous croyons aussi en un seul Saint-Esprit. »

(1) Mansi, t. XIII, 317. Il y disait que « le Fils est lui aussi Dieu, mais non pas véritable Dieu. »

(2) Cf. Vie de Constantin, LIII.

(3) Selon la date habituellement reçue et qu’a contestée Scnwarrz.

(&) SocraTe (H. E., 11, 4) place sa mort entre le retour d’Athanase

écrivain ; il eut sans doute aussi un caractère médiocre ; mais il nous à rendu, comme hist. rien et comme chronographe, des services inestimable L'œuvre de ce travailleur infatigable était immen Nous en avons trois Catalogues principaux, l’un ch

à î Photius (Bb., codd. 9-13, 27, 39, 118, 127), l’autre chez

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Jérôme (De Viris, 81), et le troisième chez Ébed-Jes (Assemani,. Bibl. Orientalis, LIT, 1, 18). Aucun d'eux ne semble être complet ; mais ils se complètent l’un l’autre. Quelques écrits se sont perdus, mais le plus grand nomb et les plus importants sont venus jusqu’à nous, le plu souvent dans le texte grec, parfois grâce aux traductions syriaques, arméniennes ou latines. Vu le peu d’informations détaillées que nous possédons sur la biographie d’Eusèbe, il est assez difficile de dater beaucoup d’entre , eux. Nous tiendrons compte de la- chronologie dans la mesure du possible ; mais nous serons obligés, comme l'ont fait nos prédécesseurs, d'adopter pour cadre général de notre exposé l’ordre des matières. “a Philologie sacrée. — Un des grands mérites d’Eusèbe est d’avoir continué la tradition philologique d’Origène, et, par conséquent, à travers celle-ci, celle de la philologie profane, celle du Musée d'Alexandrie. Ce mérite revient, pour une bonne part, à Pamphile, qui fut l’initiateur d’Eusèbe en cette discipline ; qui ranima, au commencement du 1v® siècle, l’École chrétienne de Cé- # 4 sarée, et qui reconstitua, dans la même ville, cette biblio. ‘4 thèque d’Origène, grâce à laquelle Eusèbe et Jérôme ont ; pu nous transmettre tant de documents précieux. Nous avons vu que Pamphile s’était d’abord formé à Béryte ; mais il était allé plus tard à Alexandrie, et y avait été l’élève de Piérios (1). Si nous avions conservé la vie

eux

en 337 et la mort de Constantin II, en 340 ; le jour est connu par le martyrologe syrien : c’estäle 30 mai.

(1) Porius °Bb., codd. 118-119,

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