‹ Histoire de la littérature grecque chrétienneChapitre 57 sur 200 · DETTE · texte numérisé non relu

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qu’Eusèbe avait écrite de lui, nous serions mieux renseignés sur l’activité qu’il déploya, une fois établi à Césarée ; nous devons nous contenter, en ce qui concerne Jorganisation de la bibliothèque, de quelques mots de l'Histoire ecclésiastique (1), en un passage où l’auteur renvoie à cette biographie. Il y avait inséré, nous dit-il, « les catalogues de la bibliothèque que Pamphile avait rassemblée des ouvrages d’Origène et des autres écrivains ecclésiastiques ». Nous avons aussi perdu, à part le premier livre conservé dans la traduction de Rufin, cette Apologie d'Origène, que Pamphile et Eusèbe composèrent en collaboration, pendant que Pamphile était emprisonné, et les Lettres que Pamphile avait écrites (2). Malgré ces pertes, nous voyons en gros ce que voulut Pamphile, et ce qu'avec le concours d’Eusèbe il réalisa (3). Ïl avait réuni aussi complètement que possible les manuscrits d’Origène ; il se proposait de reconstituer le texte biblique établi par lui. Pour l'Ancien Testament, on n’est pas sûr qu’il eût en mains les Hexaples, mais il paraît bien avoir possédé les T'étraples. Pour le Nouveau, nous avons vu qu'Origène n’en avait pas donné une édition, mais on pouvait tirer de ses commentaires ou de ses homélies les éléments d’un texte. Après la persécution, où beaucoup d'exemplaires de l’un et de l’autre avaient disparu, on vit l’utilité d’un atelier philologique tel que Pamphile et Eusèbe l’avaient organisé. Nous connaissons encore aujourd’hui le nom d’un des calligraphes de cet atelier ; c’était un esclave de Pamphile, du nom de Porphyre, dont Eusèbe nous a raconté la mort héroïque (4). Quand Constantin, après la fondation de Constantinople, eut besoin de Bibles pour les

(1) VI, XXXII, 3. CÊ. aussi Jérôme, De Viris, 75.

(2) Nous reviendrons plus bas sur l’Apologie ; c’est JÉRÔME (C. Rufin, I, 9 ; LI, 23) qui atteste l’existence de Lettres de Pamphile.

(3) Sur cette question, voir particulièrement ScHwARTZ, dans l’article de l'Encyclopédie Pauly-Wissowa cité plus haut, p. 1372-3).

(4) De martyr. Palæst., XI, p. 939 et suiv. de l’éd. ScHwaARTZ,

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