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(2) î faut aussi faire exception pour le discours VIIT, où Julien
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| Por 28 LA LITTÉRATURE GRECQUE CHRÉTIENNE
longtemps contraint de dissimuler. Le 6 janvier 361, à Vienne, il assista pour la dernière fois aux offices chrétiens. Dès qu’il se fut mis en marche contre Constance, 1l fit profession publique de paganisme, et, dès lors, il mit autant de zèle à défendre sa croyance par la plume qu’à restaurer par ses actes les cultes qui en étaient l’expression. Il se servit généralement, pour exposer ses idées ou justifier sa conduite, du discours ou de la Lettre, les deux genres où se complaisaient le plus ses contemporains. . Mais il a employé aussi la satire, et il a composé un traité de polémique, son livre Contre les Galiléens.
Les lettres étendues où il a fait l'apologie de sa révolte contre Constance et proclamé les principes dont il comptait s'inspirer dans son gouvernement, ne diffèrent pas beaucoup des discours. Il nous en reste deux qu'il a adressées, l’une au Sénat et au Peuple d’ Athènes, l'autre à Thémistios ; elles témoignent de la sincérité avec laquelle, au moment de prendre le pouvoir, il faisait son examen de conscience, et de l'élévation avec laquelle il envisageait les devoirs qu’il assumait. Lessatires sont de valeur inégale. La meilleure est celle qu’il écrivit à Antioche, en 363, et à laquelle il a donné le titre de Misopogon (l'Ennemi de la Barbe). Julien voulait répliquer aux Antiochiens, qui, fort indisciplinés, n’ont jamais eu beaucoup de respect pour les empereurs qui ont séjourné chez eux, et qui, chrétiens en majorité, ne pouvaient accueillir avec une sympathie bien vive celui qui préférait l’Apollon de Daphné à leur martyr Babylas. Il y a de la verve dans ce pamphlet ; de l’agrément dans les peintures où sont opposées à la licence et à la mollesse syriennes les mœurs rudes et naïves des Gaulois, en particulier dans la célèbre description de Lutèce ; mais on éprouve quelque gêne à voir le maître de l’Empire se chamailler avec ses sujets comme un sophiste aigri de n’avoir pas reçu les applaudissements qu’il attendait. L'idée première du Banquet (1)
(1) Sous-titres : les Saturnales, ou les Césars.
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est assez heureuse. Dans un festin imaginaire, sur l’Olympe, les Césars divinisés répondent à l'invitation de Kronos, et le concours ouvert entre César, Alexandre, Auguste, Trajan, Marc-Aurèle, Constantin, se termine, comme on le pense, au grand détriment de ce dernier et au bénéfice de Marc-Aurèle. Par le rôle de bouffon que joue Silène, le ton se rapproche de celui d’une Ménippée ; mais, bien que Julien ne manque point d’esprit, sa gravité naturelle se prête mal à une plaisanterie aussi prolongée, et l’œuvre, au total, reste froide, artificielle.
La correspondance proprement dite est extrêmement précieuse pour l’histoire du règne et pour la connaissance du souverain. Elle le montre désireux de bien faire, enclin à l’amitié ; attentif aux petits objets comme aux grands, d'humeur inégale aussi et trop facilement irritable, surtout à mesure qu'il se heurte à des résistances et se voit bien obligé de constater que sa politique éveille peu d’enthousiasme dans l’élite comme dans la foule.
Ce qu’il a tenté de plus intéressant, en tant qu’écrivain, c’est, d’une part, de réfuter le christianisme, et, de l’autre, d'exposer ses propres conceptions religieuses. Le traité polémique, en trois livres, qu’il a composé à . Antioche, en 362-3, avant de partir pour sa guerre contre les Perses, a disparu d’assez bonne heure, comme tous les écrits anti-chrétiens, comme celui de Celse, comme celui de Porphyre ; nous pouvons apercevoir l’essentiel du premier livre tout au moins, par la réfutation qu’en a faite Cyrille d'Alexandrie (1). Julien avait intitulé son ouvrage Contre les Galiléens, parce que le nom de Galiléen était pour lui un terme de mépris, et son hostilité s’exprimait, dès le début, avec une entière franchise :
(1) Voir la reconstitution de NeumANN (Juliani imperatoris librorum contra Christianos quæ supersunt collegit, recensuit C. J. NEumANN, Leipzig, 1880). Cf. aussi GErFFCKEN, Zwei griechische Apologeten, Leipzig, 1907 ; réédition de la reconstitution de NEuMmanx, avec traduction en anglais, dans la collection Læs.
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(1) Libanios, dans son enthousiasme, met l’œuvre de Julien très atétléssnsiide veelle de Porphyre:(Or/ NN) 9478327 œRsmeR) (9 il
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Jul lien vot je. substituer au éhri Hanisrhe, il faut lire, avec ces deux diboutS et les Fragments du’trâité Contre” lés° Galiléens! (où Pulién! » laisse entrevoir à l’occasion sa propre doctrine), le petit ouvrage de
- Salluste mio? Oswv (édition À. D. Nock, Cambridge, 1926). ‘Abe API TGS A 681 Th) M roe (4) Cf. F. Cumonr, La théologie solaire, ete. (Mémoires ide V Aea-
Pémie des Inscriptions, t. MI, D 1909jmomem0 39 CHE oh ait (8)
monde intelligible, et ensuite toute la série des êtres, jus- !
qu’à notre monde sensible. Le Soleil, qui appartient en son essence au monde supérieur, où 1l est le principe de la Vérité, a le Soleil visible pour reflet dans notre bas monde, où il donne la vie à toutes choses. Ily a trois degrés de la divinité, le Souverain Bien de Platon, autrement dit lUn de Plotin ; son fils, le Soleil du Monde intelli-
gible, en tout semblable à lui-même ; et, en troisième ,
lieu, le disque lumineux qui, par sa chaleur et sa lumière, entretient le monde sensible. Le Roi Soleil est la puissance intermédiaire qui relie les intelligibles et le monde du devenir (1). Le système tend à donner satisfaction à la science, en interprétant théologiquement les phéno-
mènes astronomiques ; à sauvegarder le polythéisme, par
une théorie de l’émanation selon laquelle « les choses divines, en se développant pour se manifester, se multiplient naturellement, par le surcroît et la force génératrice de la vie » (2), et à justifier la tradition hellénique, associée maintenant à la tradition orientale ; car Julien fait appel à la théologie de Chypre, de la Phénicie ou d'Édesse, aussi bien qu’à la mythologie grecque. |
Le discours sur la Mère des Dieux ne fait pas connaître aussi complètement et aussi clairement les points essentiels de cette doctrine ; mais 1l est celui qui montre le mieux comment Julien, pratiquant ici une méthode allégorique analogue à celle des chrétiens, excelle, lui aussi, à substituer un sens figuré au sens littéral, et à donner d’un mythe choquant, qui ne cache pour lui aucune réalité du passé (3), une interprétation qui y découvre des conceptions néoplatoniciennes. Attis « est la substance de l'esprit générateur et créateur qui engendre tout jusqu’à la dernière matière, et qui contient en elle toutes les raisons et toutes les causes des espèces maté-