‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 23 sur 45 · FRAGMENTS · texte numérisé non relu

FRAGMENTS

Quand- on traite des chants épiques de la Grèce, il ne faut pas chercher la date probable des poètes, puisque l'on ne peut même pas prouver que ceux qu'on nomme aient existé. Le nom d'Hésiode prend un caractère de plus en plus emblémgiigue, quand on cherche à l'entourer de plus de lumière. La poésie béotienne avait produit un grand nombre d'ouvrages , que l'on attribuait tous éga-

lement à Hésiode, comme on mettait le nom d'Homère en tête de toutes les épopées ioniennes. Cependant, par les fragments qui nous restent, on est conduit à reporter ces épopées béotiennes plus ou moins loin dans le passé, à les séparer par des intervalles de temps considérables et par conséquent à les attribuer à des auteurs différents. Le corps d'Hésiode se trouve ainsi démembré comme celui d*Homère ; on-4ia.&ait^us.iLaue ls poèmes ces nonis fameux doivent demeurer attachés , ni môme si des hommes réels ont jamais porté ces noms.

A Voici les titres des principaux poènie s^ béoti ens : l'As- / tronomié, ^Egimios, Epithalame de Pelée et de Thétis, / Descente de Thésée et de Pirithoos aux enfers y Mariage de Céyx, le Catalogue ou les Eées, la Mélampodie, les ^Institutions de Chiron^ V Ornithomancie , etc. — Il nous reste quelques fragments de rAiY^fAio;, poème en deux chants sur un héros* de ce nom et où était racontée l'aventure d'Io. L'iEgimios était aussi attribué à un certain Gécrops de Milet, et considéré ainsi par quelques-uns comme faisant partie des épopées ioniennes. — De V Astronomie il nous reste trois hémistiches sur les Pléiades. — Les y Catalogues, nommés aussi Eées, 'HoToi ou Grandes Eées, l\ ét aient^ ne liste des femmes qui avaient eiixammerce I avec les dieux, et à chaque nom était attaché ^un récit V, épique dé ces ave ntures }d1us o u moins célèbres. Le nom de cet ouvrage, qui évidemment était dépourvu de tout art de composition , venait de ce que chaque récit commençait par les mots ^o^ir), ou telle que; cette œuvre n'était qu'une série de petites compositions épiques et ne saurait porter le nom d'épopée ni, à plus forte raison, celui de poème. Il ne reste des Eées que 149 vers que

Ton puisse considérer comme à peu près authentiques ; ces vers sont répartis entre 48 citations dont la plus longue n a que dix vers. Généralement attribués à Hésiode par les auteurs qui les ont cités , ces fragments suffisent au moins pour prouver que les Catalogues appartenaient bien à la poésie béotienne ; mais ils n'indiquent rien relativement à l'auteur de l'ouvrage. On peut être surpris, si l'auteur des Œuvres et Jours est réellement Hésiode, que ce poète, ennemi des femmes par système, se soit mis précisément à composer les histoires des femmes les plus célèbres. La date de cette composition paraît aussi assez récente; les fragments qui nous en restent indiquent que la science de la mythologie était très avancée et probablement plus complètement systématisée qu'elle ne l'est dans la Théogonie. On voit du reste, par les titres et la nature des poèmes hésiodéens, que les chantres de Béotie étaient des érudits plus encore que des poètes : la Théogonie et les fragments des autres poèmes nous font connaître plus d'anciennes légendes que l'Iliade et l'Odyssée tout entières. Mais le grand art, l'art de la composition, est durant cette période chez les Grecs de race ionienne. — De la Mélampodie, poème en l'honneur de Mélampous d'Argos comprenant au moins trois chants, il ne nous reste que vingt-cinq vers. — Des InUUuiMiXLLule \ Q liiw^ (Xe(ptovo<; Ô7ro67)xai), il ne reste que six vers en J quatre fragments. — Enfin on attribuait à Hésiode un Voyage quto'imJiu monde {Tr^^ irepioôo;) dont Strabon, Origène. Clément d'Alexandrie et plusieurs scoliastes citent quelques vers. Ce que ces auteurs rapportent de cet ouvrage suppose une date de beaucoup postérieure à la période épique proprement dite et des recherches géographiques difficiles à réaliser dans un temps où la navigation

était encore dans Tenfance *. Mais comme Fantiquîté de ce Voyage est incontestable, on est naturellement conduit à en placer la rédaction sur la limite ou dans les commencements des temps historiques.

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