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ÉLOQUENCE. ORATEURS ATTIQUES

Première période: Antiphon, Andocide, Lysias, Isocrate, Isée.

Le orateurs que nous allons étudier dans ce chapitre ont été à la fois des maîtres de rhétorique, enseignant dans leur école, écrivant des discours fictifs comme modèles de composition pour leurs élèves, et des hommes parlant devant les tribunaux pour leurs propre compte, ou composant des plaidoyers pour les autres. Nous avons déjà signalé cette dernière habitude chez le rhéteur Tisias. Elle est générale à Athènes et tient à l'organisation de la justice chez les Athéniens.

Les procès à Athènes. L'attaque et la défense. — Il n'y avait pas à Athènes de magistrats chargés par l'État de rechercher les délits et les crimes et de les poursuivre devant les tribunaux. Cette institulion protectrice de la société que nous appelons le ministère public était à peu près inconnue chez les Grecs. Elle le lut aussi chez les Romains. Les particuliers avaient l'initiative des poursuites, non seulement dans les affaires qui intéressaient leurs biens, leur honneur ou leur personne, mais dans les questions d'intérêt général. Cependant, dans les cas exceptionnels, par exemple dans les procès de haute trahison,

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le sénat dési<^nait, des coMCfUsateurs ', d'ordinaire au nombre de dix, qui portaient la parole au nom de l'État. Pour qu'on instituât ainsi une sorte de ministère public, il fallait une procédure spéciale, qui s'appelait nisanr/f'/.ie ou dénonciation. Le pror;ès de haute trahison intenté à Antiphon, en 411, en fournit un exemple; mais, alors même, tout citoyen avait le droit de s'adjoindre aux avocats de l'État, pour apporter sur l'aiïaire soumise au tribunal les renseignements particuliers qu'il^croyait avoir.

Cette initiative des particuliers présentait toutefois un danger grave ; elle donnait libre carrière aux haines et aux vengeances. Aussi fut-elle réglée par des lois destinées à protéger les citoyens contre des attaques injustes ou légères. 11 fallait que l'accusation réunît au moins le cinquième des suffrages des juges; sinon Taccusateur était condamné à une amende, et il perdait le droit de poursuivre désormais aucune accusation.

D'autre part, il n'existait pas non plus à Athènes un corps d'avocats, ayant le ministère légal d'assister les citoyens devant les tribunaux et de parler à leur place soit pour l'attaque, soit pour la défense. Athènes, sous ce rapport, différait complètement de notre société moderne et même de la société romaine, où les patrons jouaient à peu près le rôle de nos avocats. Il faut donc, à Athènes, que le plaideur soutienne luimême sa cause, et, comme il arrive souvent qu'il n'est pas capable de parler en public, il a recours à un parent, à un i mi, plus souvent à un orateur ou à un maître d'éloquence, pour la composition du discours qu'il récitera devant les juges. C'est ainsi qu'à Athènes et à Syracuse, où la justice était organisée sur le modèle de celle d'Athènes, s'introduisit une sorte de

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