Dinarque, contre Démosthène
i\. PoheuctP, contre Démade, ïrag. I.
mSTOlRE DE LA LITTÉRATURE fîRECQUE 465
Cet homme impur avait, au rapport des anciens, une parole abondante, vive et puissante. Il excellait surtout dans la plaisanterie et dans l'art de lancer des mots piquants'. Gicéron et Quintilien déclarent qu'il n'écrivait jamais ses discours. On cite toutefois sous son nom un assez long fragment de discours Sur ■les douze années {dodècaetia), c'est-à-dire sur sa conduite pendant les douze années du règne d'Alexandre. C'est probablement une œuvre d'école. Mais, s'il n'avait rien écrit, ses saillies étaient restées populaires, et les anciens nous en ont conservé un grand nombre. Voici quelques-unes des plus célèbres. Après la bataille de Chéronée, Démade, fait prisonnier, était invité à la table de Philippe. Le roi, glorieux de sa victoire, lui disait :
Où est l'illustration et la prééminence de la cité d'Athènes? — Tu le saurais, ô roi, répondit Démade, si les Athéniens avaient eu pour g-énéral Philippe, et les Macédoniens Gharès ^.
Après la bataille Philippe, dansait sur le champ de bataille et répétait en chantant le décret de Démosthène qui lui déclarait la guerre :
Hoi,^ lui (lit Démade, la fortune t'a donné le rôle d'Agamemnon, ne rougis-tu pas d'imiter la conduite de Thersite^?
Il y a là du moins quelque générosité. On annonçait inconsidérément à Athènes la mort d'Alexandre :