‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 196 sur 267 · Livre XXXII · texte numérisé non relu

Livre XXXII

enfin, à la chute de Garthage et à celle de Gorinthe. Polybe raconte modestement, mais avec fermeté, le rôle honorable qu'il a joué au milieu des malheurs de sa patrie, et il fait des vœux pour le maintien de la tranquillité dont elle commence à jouir. 11 termine par un rapide résumé de tout son récit. Il a été, dit-il, fidèle à son plan, il a divisé chaque période par olympiades, chaque olympiade par année et il a fait marcher de front tous les événements contemporains jusqu'à la ruiie^de Garthage.

Celte histoire offrait aux lecteurs une belle é'ule, puisqu'il s'agissait de savoir comment et grâce à quelle forme de gouvernement un seul peuple soumit à son pouvoir, chose jusqu'alors inouïe, toutes les nations de l'univers.

Les extraits que nous avons donnés dans cette analyse et dans notre volume de Morceaux traduits ont pu faire apprécier, autant que le permet une traduction, le style de Polybe. Il n'a ni la grâce aimable d'Hérodote, ni la rapidité et la profondeur saisissantes de Thucydide, ni la douceur enchanteresse de Xénophon. C'est un style clair, sain, un peu froid, par suite du calcul môme de l'historien qui repousse de l'histoire l'imagination, la poésie, les tableaux dramatiques. Mais ce récit, simple, substantiel, relevé par de sages réflexions morales et de profondes vues politiques, a un agrément véritable et un intérêt soutenu. En lisani Polybe, on ne songe pas à regretter l'absence de qualités plus brillantes : on est captivé, on s'instruit, on ne demande rien de plus.

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