‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 229 sur 267 · Voir Robert, comte de Paris · texte numérisé non relu

Voir Robert, comte de Paris

cours qui n'ont ni la solidité, ni la puissance, ni la sobriété de ceux du grand historien.

Érudits. — Photius. — Jusqu'à la fin, les commentaires, les compilations occupent les érudits de Gonstantinople. Un de ces savants, dont le nom rappelle le schisme qui a séparé l'église d'Orient de Téglise d'Occident, est célèbre aussi dans l'histoire littéraire ; c'est Photius. Né vers 815 à Gonstantinople, mort en 891, Photius fut nommé en 8o7 patriarche de cette ville. Plusieurs fois chassé de son siège, plusieurs fois rappelé, il mourut exilé en Arménie.

Le grand ouvrage qui fait aujourd'hui son meilleur titre est son Myriobiblon (myriade de livres), ou Bibliothèque de tous les livres qu'il a lus et recensés. Plus d'une fois, dans le cours de notre Histoire de la littérature grecque^ nous avons eu recours à cette vaste compilation qui renferme des extraits de deux cent quatre-vingts ouvrages, et qui nous fait connaître, au moins par des abrégés, plus d'un auteur dont les œuvres seraient complètement ignorées. Photius a joint à ces extraits des appréciations judicieuses. Ses ouvrages théologiques, ses homélies, ses lettres ne sont guère lus aujourd'hui. Il avait composé aussi des poésies diverses qu'un savant contemporain, Boissonade, a publiées (1838).

Eustathe. — Citons, pour terminer, le savant Eustathe, archevêque de Thessalonique, contemporain de la seconde moitié du xii° siècle. Son Commentaire sur l'Iliade et l'Odyssée est confus et manque d'esprit critique ; mais il est précieux, parce qu'on y trouve l'indication et la substance de jjeaucoup d'ouvrages perdus.

Au xV siècle les savants et les professeurs de Gons-

7i() IIISTOIIIE DE LA LITTERATURE ORECQTJE

lanlinople fuyaient la barbarie des Turcs, et allaient chercher un asile en Occident. Ils payèrent largement à riLalie et à la France leur hospitalité cordiale par les trésors de poésie et d'éloquence qu'ils apportaient avec eux, qu'ils firent connaître dans les chaires des universités, et que bientôt l'art naissant de l'imprimerie répandit par toute l'Europe. La Grèce mourante se survivait ainsi à elle-môme; ses chefs-d'œuvre allaient former ou renouveler les littératures de l'Occident. Elle a le droit de revendiquer ces enfants nouveaux qu'elle n'a point portés dans son sein, mais qui, eux aussi, font partie de son glorieux domaine.

Page 1