‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 40 sur 267 · Vers 83 et suiv · texte numérisé non relu

Vers 83 et suiv

il se retira de lui-môme à Glazomène, et il employa les loisirs de l'exil à foiieltor de ses vers vengeurs les tyrans populaires de son pays et aussi ses ennemis personnels. Il était petit et laid; deux frères, sculpteurs à Chio, Cùpalos el Athenis, le raillèrent et sans doute fir^ent son portrait en caricature. Le poète répondit par des iambes si terribles que les deux frères se pendirent de désespoir. Cette histoire ressemble trop à celle de Lycambès et de Néobulé pour n'être pas suspecte ; elle prouve du moins la terrible énergie de ces invectives dont il ne nous reste d'autre trace que les souvenirs des poètes anciens. Horace a dit : «■ Prends «i'arde, prends garde ! car, terrible aux méchants, je lève contre eux des cornes toujours prêtes, comme le gendre méprisé du perfide Lycambès, ou comme l'ennemi acharné de Bupalos ^ »

Voilà tout ce que nous savons de ces poètes iambographes dont s'inspira chez les Romains Horace à ses débuts dans la poésie, et dont chez nous un grand poète, André Ghénier, donnerait une idée fidèle. Inspiré par une juste indignation, il a renouvelé lui aussi le genre d'Archiloque pour flétrir des crimes contre lesquels il avait le droit de protester; car il avait été un des plus ardents promoteurs de la révolution dans ce qu'elle avait de juste et de généreux. Nous avons cité ailleurs - un des plus beaux passages de ses iambes; en voici un second qui égale ce que la passion d'Archiloque a pu imaginer de plus puissant ot de plus furieux.

\. Epodps, VI. V. 11.

Cave, cave! naraque in malos asporrimus ^

Parata tollo rorniia, Qiialis Lycanibat' spretus inTido gêner,

Aut acer hostis Bupalo.

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