CHAPITRE II l'élégie
De l'élégie. — Toutes les œuvres d'Archiloque n'étaient pas des Ïambes. Dans les fragments de ses poésies, nous trouvons des vers composés sur un autre mètre, le mètre appelé chez les anciens èlégiaqiœ ou distique ; de ce nombre était le fragment que nous avons traduit sur la perte de son bouclier. Le distique est la forme la plus simple du couplet ou de la strophe : il se compose d'abord du vers hexamètre héroïque, puis d'un second vers formé de la première moitié de l'hexamètre revenant ensuite sur elle-mômc. Tl a été inventé du temps même d'Archiloque, et il a pris aussitôt une place importante dans la poésie.
Mais ici l'étymologie du nom n'explique pas la nature primitive du genre. Le mot élégie signifie un cjiaTit__2la[nUf », et c'est ainsi que le poète Horace et, d'après lui, Boileau, ont défini ce genre, si populaire chez les modernes comme chez les anciens : « Dans des vers inégalement accouplés, dit Horace, s'enferma d'abord l'expression de la plainte, puis celle de la passion satisfaite *. »
Boileau n'a fait que développer cette définition ;