X. Le ive siècle. — Vue générale. — Himênos. — Thémistios
— Libanios. — L'empereur Julien.
XI. Le ve siècle et la fin de l'hellénisme. — Vue générale. — La poésie : Nonnos et son école. — La philosophie. — La fin de l'hellénisme.
Durée et caractères généraux de la période romaine et impériale. — La période romaine et impériale des lettres grecques se confond à ses débuts avec la fin de la période alexandrine, et se prolonge jusqu'au règne de Justinien où elle se perd dans les commencements de la littérature byzantine. Elle comprend par conséquent, outre la littérature profane, toute la littérature chrétienne des cinq premiers siècles. Celle-ci, bien que son inspiration ne relève pas de la tradition hellénique, se pénètre parfois de philosophie grecque, et il y a souvent lutte d'idées et d'influence entre l'une et l'autre : sans négliger d'indiquer ces rapports et ces points de contact, il sera plus commode pour la clarté de l'exposition d'étudier séparément la littérature chrétienne après avoir consacré un premier chapitre à la littérature profane.
C'est vers 200 que les Romains interviennent dans les affaires de la Grèce ; c'est en 146 qu'ils la réduisent en province romaine. Dès lors, malgré la diffusion de leur langue et de leurs idées, favorisée par l'extension et par l'unité de la République ou de l'Empire, les Grecs ne retrouvent jamais la force intellectuelle
que leur avait donnée l'indépendance nationale : les ouvrages qu'ils écrivent sont très nombreux, mais les genres où ils montrent encore leur vitalité, l'histoire, la philosophie, la prose satirique, l'éloquence d'apparat, ne produisent aucun chef-d'œuvre, et l'indigence extrême de la poésie est un des signes les plus frappants de la décadence ; enfin, suivant les siècles, on observe de curieuses alternatives d'éclat et de médiocrité. L'hellénisme vieillit donc et ne cesse de s'affaiblir, mais sa vieillesse n'est pas sans gloire, et il y a une réelle grandeur dans ce spectacle d'une littérature qui cherche à ranimer sa vie défaillante et qui ne veut pas mourir.
Ses divisions. — Indiquons maintenant quelques divisions dans cette étendue de plus de sept cents ans, ainsi que le programme d'une étude des auteurs et des œuvres.
L'influence romaine suscite au u8 siècle un grand historien, Polybc Puis l'émigration des Grecs instruits vers Rome devient sensible, principalement sous Auguste; bien que le ier siècle après J.-G. soit pauvre pour les lettres grecques, nous y signalerons plusieurs auteurs qui préparent une renaissance. Sous les Antonins, cette renaissance s'épanouit : alors brillent, aux deux extrémités du u' siècle, Plutarque, biographe et moraliste, et Lucien, sophiste et pamphlétaire, entre lesquels il faut placer les représentants de la philosophie stoïcienne, de l'histoire, et de la littérature savante, et dans un autre genre ceux de l'éloquence frivole connue sous le nom de « nouvelle ou seconde sophistique » ; les tentatives de la poésie achèveront le tableau littéraire du siècle des Antonins. Le m0 siècle, malgré l'effort de la philosophie néo-platonicienne et de l'histoire, est inférieui aux précédents. Si les lettres retrouvent quelque éclat au ive siècle, c'est en partie grâce à l'éloquence profane des écoles de l'Orient grec, c'est surtout grâce aux
orateurs chrétiens formés par la discipline littéraire de ces écoles. Au ve siècle, le déclin de l'hellénisme se précipite, et au vie siècle il est complet.