‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 120 sur 156 · IX. — Le ni0 siècle · texte numérisé non relu

IX. — Le ni0 siècle

Vue générale. — Le n* siècle avait été pour les lettres grecques une période heureuse. Le ni*, du règne de Septime-Sévère à celui de Dioclétien, ne présente à nos regartls que le déclin de l'hellénisme : d'un côté, la sophistique y continue avec moins d'éclat son travail frivole dans des productions plus variées, mais dont aucune n'offre le caractère classique; de l'autre, les historiens et les philosophes tentent un elfort sérieux et font preuve soit de conscience dans la recherche, soit d'originalité dans la pensée, mais il leur manque les qualités de composition et de style.

La sophistique. — Le sophiste le plus intéressant et le plus sérieux est alors Athénée. Dans son Banquet des sophistes, il met en scène des sophistes auxquels un riche Romain offre un repas, et qui débitent leur savoir en conversations ou plutôt en dissertations ; il en résulte une encyclopédie bizarre, précieuse aussi, car l'érudition d'Athénée est solide, et il abonde en citations des anciens auteurs.

Le roman. — A la sophistique se rattache le roman, récit développé d'une histoire d'amour, dont l'origine remonte au i*r siècle et qui donne au me ses œuvres les plus considérables. Cette littérature romanesque manque de valeur parce que, lo»h d'étudier la vie et la vérité, elle se plaît aux aventures compliquées, aux discours fades et subtils. La célèbre pastorale de Longus elle-même, ce Daphnis et Chloé qu'Amyot a traduit en français, et dont la date exacte n'est pas

connue (111e ou ive siècle), reste, malgré le charme de quelques descriptions, un ouvrage gâté par la sophistique, un livre malsain et faux.

L'histoire. — Avec les historiens Dion Cassius et Hérodien, nous abordons des œuvres plus solides. — Dion Cassius (155-235 environ), haut fonctionnaire impérial préparé à son rôle d'historien par sa participation aux affaires politiques, embrassa dans une Histoire romaine l'histoire entière de Rome jusqu'à l'époque même où il vivait ; de cet immense travail nous avons les livres qui racontent les événements de 68 avant J.-G. à Tan 47 de l'ère chrétienne. Dion Cassius est consciencieux et sensé plutôt qu'original, simple et clair dans ses récits. — Hérodien (165-255 environ), dont la carrière administrative fut moins brillante, a laissé une Histoire des successeurs de Marc-Aurèle : l'ouvrage a un caractère biographique ; comme Dion, Hérodien est consciencieux, mais il raconte avec plus d'art et d'imagination.

La philosophie : le néo-platonisme, Plotin et Porphyre. — La philosophie est ce qu'il y a de plus original au m* siècle : elle entreprend de fondre les doctrines de Platon et d'Aristote, de les concilier même avec celles des autres philosophes pour élever une sorte de religion en face du christianisme ; il en résulte le néo-platonisme, doctrine métaphysique profonde et obscure, complétée par une morale mystique. Commencé à Alexandrie par Ammonios Saccas, qui n'écrivit rien, continué hors d'Egypte par Plotin et Porphyre, le néo-platonisme n'aboutit à aucune œuvre proprement littéraire.

Plotin (204 270), d'origine égyptienne, disciple d' Ammonios Saccas, vécut à Rome et y enseigna à partir de 244. Il n'avait souci ni de la composition ni du style, et il n'écrivit que des morceaux détachés.

Son disciple préféré, Porphyre (233-304) publia ses œuvres en y mettant un peu d'ordre, sans toutefois

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