‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 121 sur 156 · LE IV* SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE IV* SIÈCLE

les rendre accessibles aux simples lecteurs : de là le recueil nommé par lui les Ennéades, ou Neuvaines, parce que les cinquante-quatre dissertations qui le composent sont groupées par séries de neuf livn Esprit moins original que son maître, mais plus actif, Porphyre écrivit pour traiter toute sorte de sujets, principalement pour développer et défendre la doctrine philosophico-religieuse de Plotin. Nommons sa Lettre à Afarcella, belle exhortation morale adressée à son épouse, sa Vie de Plotin, son traité Contre les Chrétiens, dont il ne subsiste que de rares fragments, et qui est le plus important ouvrage que l'antiquité ait opposé au christianisme.

Le néo-platonisme avait essayé de s'adresser au grand public. Cependant Porphyre, bien que supérieur à Plotin comme écrivain, ne réussit guère dans cette tâche : la nouvelle doctrine n'offrait aux âmes qu'un dieu trop loin de l'homme et de trop difficile accès, en sorte qu'elle demeura chose de luxe. Tout n'y était pourtant pas à rejeter, et les penseurs chrétiens en tirèrent profit. Si au ive siècle elle aida Julien l'Apostat, peu affermi dans ses convictions, à sortir du christianisme, elle rendit à saint Augustin le service contraire, et par lui elle pénétra largement dans la théologie du moyen âge (1).

Page 1