‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 13 sur 156 · LES GRANDES DIVISIONS · texte numérisé non relu

LES GRANDES DIVISIONS

tion et de la science, l'âge aussi de la poésie savante ; et Théocrite, le dernier des poètes créateurs, est un Alexandrin par le soin du détail et par le goût de la forme.

5° La période romaine et impériale (n* siècle av. J.-G. — vie siècle ap. J.-C). — Avec Théocrite, la littérature grecque, si l'on entend par là l'esprit de la nation, avait achevé son développement. Désormais cet esprit n'invente plus rien. Au milieu du monde devenu romain, puis par l'effet de la situation politique de l'Empire, situation qui ne permet jamais à la race grecque de se ressaisir elle-même, il produit des hommes de talent plutôt que des hommes de génie, et peu à peu il décline sans espoir de relèvement. Après les guerres puniques il suscite encore un grand historien, Polybe ; sous Auguste et au Ier siècle après J.-C, des historiens de moindre valeur et des critiques; sous les Antonins (11e s.), avec plus d'éclat, des moralistes parmi lesquels Plutarque est justement célèbre, puis des philosophes, d'autres historiens, des savants, des sophistes éloquents, et cette renaissance de Tatticisme finit avec la prose satirique de Lucien. Alors la décadence se précipite, et les lettres ne montrent de vitalité que dans la philosophie, jusqu'au jour où Justinien ferme les écoles païennes d'Athènes (529). A cette date nous entrons dans le moyen âge grec, dans la littérature byzantine, dont nous n'avons pas à nous occuper.

6* La littérature grecque chrétienne. — La littérature grecque chrétienne aura aussi sa place dans ce livre, et par les dates elle se rattachera naturellement à la période précédente ; mais si parfois elle se pénètre de philosophie grecque, on ne peut pas dire que son inspiration relève de la tradition hellénique. Ses écrivains, ses orateurs forment vraiment une série à part; ils seront donc l'objet d'un chapitre spé» cial; ajoutons tout de suite que par leur valeur pro-

prement littéraire ils dépassent souvent les auteur* . païens de la même époque.

RÉSUMÉ

Les Grecs sont d'origine asiatique ; ils s'appelaient Hellènes, et leur pays Relias, du nom d'une peuplade et d'un territoire de Thessaiie ; les termes de Grecs et de Grèce, particuliers à un canton de l'Épire, ont été vulgarisés par les Romains.

Les qualités générales du peuple grec sont : la variété Hies aptitudes, un esprit vif et ouvert, la finesse, la netteté les conceptions, un heureux mélange de tradition et de liberté, enfin la gaieté.

La langue est finement accentuée, très musicale, riche dans ses formes, élégante et souple dans sa syntaxe, propre à exprimer toutes les variétés de la pensée.

On y remarque quatre dialectes littéraires : l'ionien, le lesbien ou éolien, le dorien, l'attique, auxquels succède la langue commune à partir du me siècle avant J.-C.

Les caractères généraux de la littérature grecque sont l'originalité et l'unité ou continuité : elle crée les genre» littéraires par une évolution len!e et normale.

Ondistinguedans cette évolution, duix8 siècle avant J.-C. au vi« siècle après J.-C. : 1° l'âge épique, 2° la période lyrique et les commencements de la prose, 3° la période athénienne, 4° la période alexandrine, 5° la période romaine et impériale à laquelle se rattache la littérature grecque chrétienne.

LECTURES RECOMMANDÉES

Sur le peuple grec : Histoires de la Grèce antique par Ghoth (traduction de Sadous), Gurtius (trad. Bouché-Leclercq), Duruy, Edoard Meyer, J. Beloch; une étude de A. Fouillée dans son Esquisse psychologique des peuples européens, 2e éd., 1903 (réimpression d'un article de la Revue des Deux Mondes du i« tuai 181)8).

Sur la langue grecque: E. Audouin, Élude sommaire des dior

lectes grecs littéraires, 1891 ; J Wackernaqbl, Die griechische Sprache, dans le volume de la collection « Die Kultur der Gegenwart » intitulé Pie griechische wid lateinische Literatur unn 'Sprache, Leipzig, Teubner, 1905.

Sur la littérature grecque: les Histoires de la Littérature grecque. Celle d'OTFRiBD Mûllbr (en allemand), traduite par Hillebrand en 1865, reste classique. Les plus récentes et les plus autorisées sont: 1° en France celle (I'Alprbd et Maurice: Croiset, 5 volumes, 1887-1899 (2« édition des tomes I-IV, 1896- 1900), dont les auteurs ont donné un abrégé sous le titre de Manuel d'histoire de la littérature grecque (sans date) ; 2° en Angleterre celle de J.-P. Mahaffy (2 volumes en 4 parties, 3« éd. du vol. I en 1903, 4e éd. du vol. 11 en iy03 et 1904); 3° en Allemagne celle de W. Christ, 4e éd., 1905, et celle de Wilamowitz-Moellindoupk dans le môme volume que le travail cité plus haut de J. Wackernaqbl.

A côté de ces travaux d'ensemble, citons: E. Egger, Mémoire» de littérature ancienne (1862), Mémoires d'histoire ancienne et de philologie (1863), L'Hellénisme en France (2 vol., 18G9), Essai sur l'histoire de la critique cnez les Grecs (2e éd., 1886), La littérature grecque (recueil postnume d'études diverses, 1890) , L. Levrault, Auteurs grecs [\*. Ijelaplane) ; H. Ouvré, Les formes littéraires de la pensée grecque (1900); Henri Weil, Éludes sur l'antiquité grecque (1900) et Éludes de littérature et de rythmique grecques (1902).

Publications de 1' « Association pour l'encouragement des Études grecques en France » : ['Annuaire (18(37-1887) et la Revue des Études grecques (depuis 1888); V Annuaire publiait. et la Revue publie une « Bibliographie annuelle des Etudes grecques » rédigée par M. Ch.-Ém. Ruelle.

Pour tout travail approfondi on consultera les articles de la Bealencyclopâdie der klassischen Altertumswissenschaft de Pauly, dont la nouvelle édition est en cours de publication à Stuttgart sous la direction de G. Wissowa.

TEXTES A CONSULTER

Grandes Collections des auteurs grecs : la « Bibliothèque grei nue-latine », chez Didot (Paris), et la « Collection d'éditions tes », chez Hachette (Paris) ; les diverses Collections allemandes des librairies Teubner (Leipzig) et Weidiu ium (Berlin),

et celle qu'éditent sous la direction de C. Sche«l le. maisons Freytag (Leipzig) et Tempelky (Prague); la Collecfon angla.se publiée a Oxford sous le titre de . Scriptorum class.corum bibliotheca Oxoniensis ». #

Recueils méthodiques de Morceaux choisis : le G™*h™*»* Lesebuch de Wïlamowitz-Moellendorff (Berlin, 1902); les différents recueils classiques de Pages et pensées orales extraites S auteurs grecs (programme de 1895) publiés en 1 7 à Pans parE. ERNAULT(Garnier), A. P. Lemercikr (Delagrave), F. Lkh- Wooub (Belin), A. Poacii (Colin).

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