‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 51 sur 156 · I. — Origines lointaines de la prose · texte numérisé non relu

I. — Origines lointaines de la prose

L'écriture et la prose. — La prose littéraire apparaît au VI- siècle, époque où ses progrès sont favorisés par la diffusion de récriture. Celle-ci, vers Tan G00, n'était plus une rareté : c'est le temps où des Grecs ignorants, guerroyant en Nubie pour le service de Psammétique II, gravaient leurs noms et quelques phrases sur les jambes des colosses d'Abou-Simbel. Avant ces mercenaires obscurs, les poètes lyriques et même (dans une certaine mesure) les poètes épiques ont su écrire ; ils n'avaient pas beaucoup de lecteurs, mais leurs œuvres, variées et savantes, n'auraient pu se fixer uniquement par la mémoire. Sans attendre l'emploi du papyrus égyptien, qu'on se procura diffi-

cilement avant le règne cTAmasis (569-526), on écrivait sur la pierre, sur le métal, ou sur le bois, et plus souvent sur un parchemin fait avec des peaux de chèvre ou de mouton.

Le germe de la prose dans la poésie. — Si la prose littéraire naquit tardivement, ce ne fut donc pas faute de moyens pour la fixer, mais parce que le peuple grec, encore jeune, trouvait la poésie assez précise pour ses raisonnements. D'ailleurs la poésie n'avait-elie pas chaque jour plus de goût pour la réalité, pour l'expression des idées morales? Le germe de l'histoire et de la philosophie grandissait en elle avant de prendre en prose une forme scientifique.

Les Sept Sages et Ésope. — Avant que la prose se montre bien nette dans l'œuvre d'un philosophe ou d'un historien, on en devine les premiers essais chez ces hommes appelés par la tradition les Sept Sages, et dont les maximes furent longtemps citées comme les articles d'un code de4a vie pratique. Thaïes, Bias, Pittacos, Solon étaient sur toutes les listes, — car il y avait plusieurs listes, et l'on s'accordait mal sur la manière de les compléter.

Le vi° siècle est aussi le temps d'Ésope auquel on attribuait des récits moraux et familiers, des fables. On faisait d'Ésope un Phrygien, un esclave, et Hérodote le mentionne comme un personnage connu. Ses fables furent une des plus anciennes formes de la prose grecque, mais les rédactions qui en subsistent sont des œuvres de basse époque, dénuées de valeur artistique et littéraire.

Page 1