‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 58 sur 156 · II. — Les origines · texte numérisé non relu

II. — Les origines

Le passage du dithyrambe à la tragédie : Thespis. — La tragédie est une transformation du dithyrambe. Nous avons vu que ce genre pathétique

Bt violent célébra d'abord Dionysos, dieu de l'ivresse, puis d'autres dieux ou héros. Le chœur qui l'exécutait était appelé chœur tragique, du mot grec tragos qui signifie « bouc », parce qu'il était composé de choreutes jouant primitivement le rôle de Satyres à pied de bouc, compagnons ordinaires de Dionysos ; il n'était pas la voix du poète, mais il représentait à l'origine les compagnons de Dionysos, puis le cortège du dieu ou du héros quel qu'il fût dont le dithyrambe célébrait les aventures. Or voici que, vers 535, Théspis, du dème dlcaria en Attique, augmenta par une invention de génie l'importance du chef du chœur ou coryphée qui jusque-là préludait seulement au dithyrambe par une sorte de mélopée ; il en fit un personnage distinct jouant le rôle d'un dieu ou d'un héros et donnant la réplique au chœur par des vers non chantés. Un ^nouvel élément dramatique s'ajoutait donc à celui qui était contenu dans le chœur ; dès lors il y avait une action (en grec drama), un drame, et la tragédie naissante (tragôdia, le chant du bouc) n'avait plus qu'à se développer régulièrement. Thespis eut du succès ; mais de ses pièces il ne reste que des titres.

Premiers progrès : Phrynichos. — Après Thespis, vers 510, Phrynichos agrandissait la tragédie. Déjà (mais on ne sait à qui rapporter cette invention), l'acteur couvrait sa tête d'un masque : cela permettait de créer plusieurs rôles et de les faire jouer par un même artiste changeant de costume et de masque pendant les chants et les danses du chœur. Phrynichos profita de cette facilité; surtout, avec lui l'action fut plus développée, le caractère pathétique plus marqué. Il introduisit les rôles de femmes, et, à côté des sujets mythologiques, les événements contemporains. Quand il fit jouer la Prise de Milet, vers 494, rappelant ainsi l'asservissement des cités grecques de i'Ionie par les Perses, le peuple ne put sup-

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