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DU V* SIÈCLE : SA CONSTITUTION, SES DÉBUTS

La comédie attique : lois générales de son développement. — C'est à Athènes que la comédie atteint son plein développement. Deux lois semblent présider à cette évolution. Des tendances qui dominaient dans le cômos dionysiaque, l'une mythologique, l'autre railleuse et politique, c'est la seconde qui, au ve siècle, inspira le plus les poètes de la comédie ancienne, Aristophane et ses contemporains ; mais les poètes comiques se sont aussi occupés des idées générales, et, en se tournant peu à peu vers la satire des travers persistants de la nature humaine, ils ont créé au ive siècle la comédie de mœurs ou comédie nourri le. Voilà pour le fond. Quant à la forme, la comédie prit modèle sur la tragédie, qui lui Durait des cadres bien

(1) FragmeoU divers, cites ol traduits par J. Girard, ibid., p. 46-4%.

ordonnés; mais elle sut garder en cela sa liberté d'allures, si bien qu'elle finit au ivf siècle par supprimer l'usage du chœur.

Son apparition tardive : la protection de l'État. — Au début, tout ce travail fut lent, car, le théâtre étant à Athènes une institution d'État, tant que la république ne s'occupa pas de la comédie, celle-ci manqua d'un appui indispensable à ses progrès. Jusqu'à la fin des guerres médiques elle resta dans l'état rudimentaire où les Mégariens l'avaient laissée. Puis, grâce aux exemples donnés par la ccmédie sicilienne, par les tragédies d'Eschyle et par les drames satyriques de Pratinas, elle adopte la fiction dramatique, qui entraîne l'emploi des masques, la division de la pièce en certaines parties et la fixation du nombre des acteurs.. Vers 400, après avoir dû longtemps se contenter des représentations données dans la campagne, elle est admise officiellement aux concours publics d'Athènes dans le théâtre de Dionysos : désormais elle se manifeste par une extraordinaire fécondité et par un éclat inattendu.

Esprit et matière de l'ancienne comédie attique. — L'ancienne comédie attique, fantaisiste et bouffonne, admet toutes les grossièretés, même celles qui choquent la morale la moins scrupuleuse. Mais elle sait également rester attique, et alors sa fantaisie devient charmante, elle a des ailes, elle est délicate, pleine des grâces les plus exquises.

Sa fantaisie, bouffonne, grossière, ou délicate, elle l'applique à tous les sujets : un peu à la parodie des fables anciennes, beaucoup aux mœurs générales et publiques, surtout à la satire des personnages en vue. Il en résulte qu'en face du gouvernement d'Athènes, elle est non pas l'interprète attitrée, mais la forme la plus vivante et la plus spontanée de. l'opposition. Moins par conviction que par nécessité,

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