‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 88 sur 156 · IV. Les contemporains de Démosthène. — Eschine. — Lycurgue · texte numérisé non relu

IV. Les contemporains de Démosthène. — Eschine. — Lycurgue

— Hypéride. — Dinarque, Dérnade, Démétnos. — Fin de la période attique.

I. — Conditions générales et origines de l'éloquence a Athènes.

L'éloquence primitive et l'éloquence savante.

— Les écoles athéniennes de philosophie nous ont conduits fort loin, en pleine période alexandrine. Il faut maintenant remonter plus haut, pour étudier le développement de l'éloquence savante. Celle-ci, par les chefs-d'œuvre ae sa maturité (fin du ive s.), est la dernière des grandes manifestations de la prose attique. Elle en est aussi la plus féconde, puisque ses

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débuts, marqués par l'éloquence écrite et !a rhêto* rique des sophistes, ont puissamment influé sur la formation de tous les prosateurs des ve et ive siècles.

Dès les temps les plus reculés, l'éloquence tint une grande place dans la vie des Grecs ; mais la parole des héros homériques, juvénile et instinctive, restait éloignée de l'éloquence des orateurs du iv* siècle, nourris d'histoire et de philosophie, habiles à composer leurs discours selon les préceptes d'un art consommé. C'est à Athènes que l'éloquence savante s'est développée, quand le progrès de la vie démocratique rendit les occasions de parler plus fréquentes. « Chez les Grecs, dit Fénelon, tout dépendait du peuple, et le peuple dépendait de la parole (1) » Appliqués à l'histoire d'Athènes, ces mots sont particulièrement vrais.

L'éloquence politique. — Les affaires de l'État donnaient ample matière au genre d'éloquence que nous appelons politique : si l'on parlait peu dans le Conseil des Cinq Cents ou Sénat, on parlait beaucoup dans Y Assemblée du peuple, dont les attributions étaient fort étendues ; l'Assemblée se réunissait au moins quarante fois par an, et tous les citoyens avaient le droit d'y prendre la parole.

L'éloquence judiciaire. — Les affaires privées et les procès politiques favorisaient le genre judiciaire. Sans insister sur les juridictions de 1 Aréopage et des Éphètes, qui jugeaient des causes d'homicide, rappelons que la plupart des causes, criminelles, civiles, politiques, étaient déférées aux Héliastes, commission de juges ou plutôt de jurés, ainsi nommés de YHéliée, leur principal lieu de réunion. Les Héliastes, tirés au sort chaque année, au nombre de six mille, parmi les citoyens âgés de plus de trente ans qui se faisaient inscrire en vue de ce service

(i) Fénelon, Lettre à l'Académie, art. IV.

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