‹ Histoire de la littérature greequeChapitre 1 sur 137 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

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mm riiRRi-iARRAim» n* 14 ( Prit de l'toole de médedoe)

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PRÉFACE

toires de la littérature grecque, même les simples à Tusage de la jeunesse studieuse, tiennent souau delà de ce que promet leur titre. On y voit ënugés et classés, chacun en son lieu, tous les écrivains )nt servis de la langue grecque depuis les temps s jusqu^à la prise de Conslantinople par les Turcs; seulement les poètes, les orateurs, les historiens, sophes, mais les grammairiens, mais les jurisconlais les géçgraphes, mais les médecins , mais les iticiens mêmes.

st point une pareille encyclopédie que j*ai eu la n de faire. Littérature et écriture ne sont point, eusement pour moi, des termes synonymes. Les sali ne sont que des savants n'appartiennent pas à de la littérature. Le père de la médecine y occupe 3 éminente ; mais Hippocrate avait la passion du Il beau, en même temps que l'amour du vrai; et vivre encore, dans ses écrits, quelque étincelle du nbrasait son âme. D'ailleurs, j'avais plus d'une rairenfermer mon sujet dans des bornes étroites. Je Ludement empêché, je l'avoue, s'il me fallait expri- )pinîon quelconque sur le mérite scientifique d'Ar-

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chimëde, d'Apollonius de Perge, ou de Claude Ptolémée. S^ j'ai négligé les écrivains du Bas-Empire, c'est que le génit:^ et même le talent leur ont fait défaut» et que pas un d'eujii^ n'est arrivé à une véritable notoriété littéraire. Il n'importe :; pas beaucoup au lecteur que je l'aide à se charger la mé-i^ moire des noms obscurs de Théophylacte Simocatta» de^;^ Théodore Prodrome, ou de vingt autres. :2i:

La littérature grecque proprement dite finit avec Proclus t ; et l'École d'Athènes. Il reste toujours une période de quinze v;, siècles entre l'apparition de Ylliade et l'édit de Justinien %, qui rendit muets les derniers échos de l'Académie et da^^ Lycée. Les Pères de l'Église, surtout ceux du iv* siècle, .. avaient droit de revendiquer pour eux-mêmes une plac6>3^ considérable. Les Basile, les Chrysostome, par exemple, ne;^ sont pas moins grands par le génie littéraire que par leurs travaux dans l'œuvre de la transformation du monde. Mais je . ne me suis point hasardé à manquer de respect à ces hom- ^ mes vénérés : je me suis abstenu de tracer d'imparfaites et ^ superficielles esquisses, pour ne pas défigurer leurs images. , D'ailleurs, la littérature sacrée a son caractère propre, ses origines particulières, sa filiation, son développement : c'est pour elle-même qu'il la faut étudier ; elle a son histoire, et cette histoire est, certes, bien autre chose qu'un appendice à l'histoire de la littérature profane.

C'est dans la littérature profane que je me suis confiné ; c'est d'elle uniquement que j'ai entrepris de raconter les vicissitudes. Tâche immense et difficile encore, et où j'ai apporté plus de bonne volonté et d'ardeur que d'espérance de succès! Qu'on en juge à la simple énumération et des faits que j'avais à expliquer, et de quelques-uns des écrivains dont j'avais à dire la vie et à juger les ouvrages.

La poésie est vieille en Grèce comme la Grèce elle-même r

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purtanémeni de Texercice naturel des facultés d'un peuliste» après des essais dont la trace n'est pas invisible rine» au dixième siècle avant notre ère, d'un éclat inirable ; elle crée l'épopée héroïque, l'épopée didactique ofte religieuse ; elle lègue au monde les noms immor- Homère et d* Hésiode. Les Homérides et les poètes cys laissent un instant dépérir entre leurs mains l'hériiu génie. Mais voilà l'élégie créée : avec elle, Callinus tée aident à gagner des batailles. En même temps que e, naissaient Tiambe et la satire morale ; et Archipréludait, par la combinaison des mètres, aux splen* merveilles de la poésie lyrique. Mimnerme, Solon, pis, impriment successivement des caractères dii l'élégie. £sope répand dans la Grèce le goût des apolo- Hipponax imagine la parodie, et donne aux conteurs de i le vers auquel ils sont restés fidèles jusque dans les ièeles. Cependant le Lesbien Terpandre avait inventé ou ctionné la^lyre. Terpandre est le premier poète lyri- Âlcée, Sappho, Arion, Lesbiens aussi, poursuivent Te de Terpandre, et, comme eux, les Doriens Alcman, chore, Ibycus, et les Ioniens Anacréon, Simonide de , Bacchjlide. Cette glorieuse liste est close par le grand de Pindare.

i philosophie et l'histoire sont nées déjà, et la prose litté- ! avec elles. Quelques philosophes raniment d'une vie noul'épopée didactique, et la font servir à l'exposition des mes. Hais, à côté des philosophes poètes, tels que Xéane, Parménide, Empédocle, d'autres philosophes nent la langue courante de i'ionie à l'expression des Is de la science. En même temps , les logographes , ou urs de légendes historiques, la façonnaient aux allures narration suivie, houble progrès au bout duquel api^ar

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raissent les deux grands prosateurs ioniens, Thistorien épiy^^* que et le médecin philosophe, Hérodote et Hippocrate.

Athènes succède à Tlonie dans l'empire de Tintelligence.^ , Dès le sixième siècle avant notre ère, Athènes créait la poésie iT, dramatique. Le théâtre, après quelques années d'essais, produit successivement Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristo- phane. La prose attique s'élève à la majesté de l'histoire; la ^ tribune du Pnyx ne se contente plus des paroles volantes, "^ et les orateurs politiques écrivent les discours qu'ils ont prononces; l'École de Socrate et les sophistes eux-mêmes font servir la langue humaine à l'analyse des nuances infinies de

la pensée. Ici, les grands noms se pressent; mais entre tous rayonnent quelques noms, presque aussi grands, presque "'' aussi glorieux que ceux mêmes d'Homère, de Pindare ou des ^ tragiques : Thucydide, Xénophon, Platon, Aristote» Eschine, ^' Démosthène. La décadence se fait trop tftt sentir; mais la ' moyenne Comédie et la nouvelle suspendent, un siècle du- ^" rant , la ruine définitive du théâtre. Antiphane et Alexis, " surtout Ménandre et Philémon, ne sont pas indignes d'Aristophane et de ses émules. Ils rachètent, par la vérité des peintures et par l'intérêt dramatique, ce qui leur manque de verve sarcastique et de passion. Dans le temps même où Athènes disparait du monde politique et de la littérature, on entend siffler le fouet satirique de Timon le siUographe et retentir les sublimes accents de Cléanthe.

Alexandrie, sous les Ptolémées, aspire à se faire proclamer l'héritière d'Athènes; et les contemporains la saluent de ce titre, que n'ont point ratifié les siècles. La Sicile, plus heureuse, ajoute le nom de Théocrite à ceux des grands poètes. Enfin les Romains sont les maîtres dans la Grèce. La puissante fécondité de l'esprit grec sommeille, mais non pas sans se réveiller par intervalles. G'eat dans

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«tt période, néfaste It tant d'égards, qu'écrivirent et Pokk, PhifitOTÎen pliîlosophe, et les deux admirables moratePinéûus et Posidonius. Hais bientôt on n'entend plus fK U Toix des sophistes et des faux orateurs, que les èiDt& discordants des faux poètes.

Le siède des Antonins assiste à la résurrection littéraire foi peuple que tous croyaient mort à jamais. Plutarque écrit ks Yies des grands hommes, et laisse des chefs-d'œuvre en Cintres genres encore. Les stoïciens nouveaux sont dignes ks maîtres du Portique. Lucien rivalise de génie, d'esprit et de style avec les plus parfaits prosateurs de l'ancienne àdièiies. La poésie n*élève pas bien haut ses ailes : pourtant Oppien et Babrius sont mieux que d'habiles versificafenn. Alexandrie trouve enfin sa voie, qu'elle avait longtemps cherchée en vain : Plotin , Longin , Porphyre , font ilmirer à Tunivers de hautes et profondes doctrines et des talents supérieurs. L'École d'Athènes , fille et héritière de racole d'Alexandrie, a aussi ses écrivains. Après Thémisiios, après Julien , elle n'est point encore épuisée : son derlier effort fdt sublime; et un homme naquit, jusque dans 1er siècle, en qui revivait à la fois et quelque chose de Raton et quelque chose d'Homère , Proclus, le dernier des l Grecs, un grand prosateur et un grand poète.

L'ordre que j'ai suivi dans le livre est celui-là même que je Tiens de suivre dans ce sommaire. C'est, à peu de chose piès, Tordre chronologique, sauf les anticipations que comoandaient quelquefois les rapports naturels de filiation et de conséquence. Je n'ai pas songé un seul instant à couper les

(ditpitres, comme font quelques-uns, à l'aide de la nomendi^ire des genres. Le mot épopée, ou le mot élégie , n'a point en grec le même sens qu'en français. 11 est ridicule (TaïUeurs de parla^/* en trois ou quatre un poète comme

Ti PRËFACE.

Simonide, ou de tailler, dans Xénophoa , d'abord n historien, puis un philosophe, puis un stratégiste, pu autre chose. J'ai formé quelquefois des groupes, ma qui n'ont rien de commun , je l'espère , avec ceux d( amateurs de genres. Certains noms ont leurs chapitres part, et même de longs chapitres, mais non pas aussi long que j'aurais voulu les pouvoir faire. J'ai t&cbé de garder 1 proportion vraie entre les hommes de génie et le menu pea pie des hommes de talent. Homère remplit un grand nombr de pages ; tel historien, dont les ouvrages pèsent d'un poid énorme sur les rayons de nos hibliothèques, n'a pas vinj lignes; tel autre écrivain, non moins volumineux, n'a qu'un mention plus rapide encore. Mais j'ai recueilli pieusemei les reliques de quelques poètes outrageusement mutilés pa le temps. En général, j'ai fait beaucoup de citations : c'ei par Ik peut-être que vaudra ce livre, si je les ai bien choi sies. J'aurais même voulu pouvoir les multiplier davantagi et m'abstenir de prendre si souvent la parole. Je n'ai dii sérié que le ob l'exigeait impérieusement la nature d sujet. J'aspirais simplement à être utile, surtout aux jeum gens. Il s'agissait pour moi de raviver dans leur esprit 1 , souvenir des études classiques , et de remettre sous leui yeux les images des héros de la pensée, héros non moin admirables que ces preneurs de villes ou ces gouverneurs d peuples qui remplissent les vulgaires histoires. Au reste, j n'ai pas cessé un instant de songer que je m'adressais k a tge où il ne fait pas bon d'entendre des paroles légères. J'i observé rigoureusement les lois de ce respect dont parle I poêle, et qu'on ne doit pas moins à la jeunesse qu'à la pre mière enfance. Heureux si mes lecteurs reviennent, d cette sorte de voyage & la recherche du beau, avec quel ques nobles seubmenls de plus dans le cœur, et munis d

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VU

Il fidpes provisions de plus pour cet autre voyage, qui est

I l B. (1856.) L'auteur n*a rien négligé pour que la [ isiàne édition de cet ouvrage méritât, mieux encore que i lumière, le bienveillant accueil du public. Il a revu rOtson travail d*un bout & l'autre, et avec le soin le plus JKnipaleux. Il a fait disparaître toutes les erreurs qui lui Issttlé signalées; il en a même corrigé plusieurs sur les- I faciles de très-savants critiques avaient passé sans rien Içercefoir. H amis à profit quelques livres excellents pu- I Uiésdans ces dernières années, pour amender ou compléter I imn articles. H ne s'est pas fait faute de remanier des I figes entières, et de faire profiter le lecteur de ce qu'il a pu I pper lui-même, par l'étude et la réflexion, depuis que son

I iriTâil a paru. Les additions surtout sont considérables. Hais

II le caractère général du tableau n'a point été altéré. L'auteur I liit avec plus de détails, dans certains cas, pourquoi il a I àé sérère ; dans d'autres cas, il insiste plus qu'il ne l'avait I fiit sur le bon côté des écrivains qui ont à la fois et de I grands défauts et des qualités estimables. Voilà comment il I espère avoir donné satisfaction à toutes les exigences rai- I soQDâbles de ceux qui ont bien voulu, en France et ailleurs,

s'occaper de cette histoire des lettres grecques. Ceci ne veut

ODOemenI dire qu'il s'imagine avoir porté son ouvrage à la

p^eetion. Il Ta rendu un peu moins imparfait; ou du

^'os il a tâché de ne point faire mentir le titre, qui an-

flooce une édition revue ^ corrigéô et augmentée.

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