CHAPITRE PREHIER
fkëlhiinaiiies.
<ISin PBOBA.BLV DES GRKCS ET DB LEUR LAUGUB.— CARACTàRES Gl&Ililin fiC LA LANGUE GRECQUE. — DIALECTES éOLIEN, DORIEN , lOIflElf, iniQUl. ~ QUALITÉS LITTÉRAIRES DB LA LARGUE GRECQUE. — DU MER- TZIU.SOX POÉTIQUE. — RELIGION PRIMITIVB DES GRECS.— RÔLE DBS ?0£TES DANS LA FORMATION DES LÉGENDES RELIGIEUSES.
>1bAMe de* cirecs et de le«r UiDcve*
La race hellénique se croyait autochthone, c'est-à-dire, SBifant la force du terme, née de la terre même qu'elle haliiuit. Fière à bon droit des merveilles de sa brillante civilisation, elle repoussait toute idée de parenté avec les races ^ns heureusement douées qui bordaient ses frontières, et die les enveloppait indistinctement dans Tinjurieuse dénomination de barbares. Des peuples qui pourtant parlaient sa Uagoe, mais dont la culture lui semblait trop imparfaite, ^^échappaient pas à cette proscription. Ce ne fut que fort tird, et après avoir fait leurs preuves, que les Macédoniens ^ les Êpirotes, par exemple, furent admis à participer aux prÎTiléges de la noble famille. Quant aux nations étrangères, telle dont la langue leur était inintelligible, et sonnait à Wars oreilles comme un gazouUlementy ainsi que s'exprime ^ poète antique, les Hellènes ne supposaient pas même <pt'elles pussent avoir avec eux la plus lointaine commuluaté d'origine. Ils étaient parents néanmoins, et parents
assez proches^ non-seulement de leurs, voisins, mais de bi('^ d'autres encore: de ces Phrygiens, de ces Lydiens qu'i^, méprisaient; de ces Perses, d'abord presque leurs maître ^ puis leurs sujets ; de vingt peuples enfin dont le nom méa^. n'avait pas percé jusqu'à eux. ."
La science moderne a prouvé que les Hellènes, ou k; Grecs, comme nous les appelons d'après le nom que leu . donnaient les Romains, étaient venus de loin dans leu pays, et que ce grand courant de migrations, dont on peu ; suivre les traces du sud-est au nord-ouest, à travers l'Asi " et l'Europe, les avait déposés sur cette terre prédestinée. Or' a confronté la langue d'Homère et de Démosthène avec c qui reste des anciennes langues de l'Asie Mineure; avec l'ar' ménien moderne, empreinte presque effacée d'un type anti'' que; avec la langue primitive des Perses, conservée danr les livres attribués à Zoroastre; avec le sanscrit, souche première des langues indo-européennes. On a constaté qu( tous ces idiomes, si divers en apparence, avaient une fouie de mots dont les radicaux étaient sensiblement les mômes, et qui tous présentaient, dans l'ensemble, la même structure grammaticale et les mêmes modes de dérivation et d'inflexion. Il est donc permis de conclure qu'une grande partie des nations de l'ancien monde appartenaient à la môme famille; car la parenté des langues est la preuve manifeste de la parenté des races.
Les peuplades qui occupaient le sol de la Grèce aux époques les plus reculées, Pélasges, Dryopes, Abantes, Léléges, Épéens, Caucones et autres, y furent donc apportées, à une époque inconnue, par le mouvement qui semble entraîner la civilisation suivant le cours du soleil même. Quelles langues parlaient-elles à leur arrivée? nul ne le saurait dire; mais, à coup sûr, ces langues contenaient déjà en elles les éléments fondamentaux de ce qui fut plus tard la langue grecque.
J*ai dit ce que nous savons. Les Grecs auraient pu en savoir autant que nous ; mais l'orgueil national les aveuglait. Ils ne voulurent jamais apprendre d'autre langue que la leur, ni admirer d'autre peuple qu'eux-mêmes. Cependant, quel-