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. Voici quelques réflexions de Polybe à ce sujet qui nt, je croi«^, cKêlrB'mBeB'scmff'lee'yeiix du lecteur, et I sont pas moins justes et sensées aujourd'hui qu'il y t siècles. « Timée, dans son trente>-quatrièine livre, es lignes : c J*ai continruellement habité Athènes pencinquante ans; je n'ai pu ainsi évidemment m'initier létier des armes. — Non, Timée, pas pltiis qu*à la con» sance des lieux par toi-même.» I) en résuite que si, î courant de son histoire, il rencontre quelque détail >de aphie, il commet mensonge ou erreur; et, lorsqu'il la vérité, il en est de lui commo de ces peintres qui entent dans leurs tableaux dès animaux d*^aprè8 des quins : dan? ces compositions , les lignes- extérieures uelquefois par&ites; mais ce qui manque, c'est cette r d'un robuste animal , rendue au naturel avec la véli fait la vraie peiiTtore:... G'est là l'écueil de Timée, ;énéral de tous ceux qui n'ont pour fonds que cette ) empruntée aux livres. Il leur manque l'exposition ss choses, qu'entendent ceux-là seuls qui parlent par 3nce. Aussi, les historiens qui n'ont pas pris part aux 5 ne sauraient éveiller dans l'âme de véritables émo* 95s pères exigeaient, chez les historiens, des peintures es, si sensibles, que, s'il était question de gouvemeils s'écriaient que l'auteur devait nécessairement être [ans la politique et savoir ce qui- s'y passe'; s'il trail'art militaire, qu'il avait porté les armes et pris part mbats ; de l'économie domestique, qu'il avait eu une et élevé des enfants. De même pour toutes les aurrières de la vie. On ne peut espérer en effet un tel t que chez les historiens qui ont passé par la prati- : qui choisissent le genre d'histoire fondé sur l'expé- Sans doute, avoir figuré soi-même en toutes choses, n tout joué un rôle , est bien diffifcile; mais connaître jage ce qu'il y a de plus important et de plus ordi- :'est chose indispensable ^ »
^UiMBiFejgéiUnih, limiai, ohni^t ^^h
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(i7± CHAPITRE XXXIX.
miUB«on et nill«r«tnicé41e»
Rhinton de Syracuse n*ëtait pas un historien^ mais un poète. Ce poète paraît même avoir été un homme de talent, et qui cherchait le nouveau dans l'art dramatique, au hasard de ne rencontrer que le bizarre. Il inventa] une espèce de drame, qu*il nommait hUarotragédie ^ c'est-à-dire tragédie gaie. C'était une parodie comique de la tragédie,}une sorte de drame satyrique moins les satyres. Le GouUeux-Tragiqw de Lucien, et le Pied-Léger ^ qu'on y joint comme contrepartie, peuvent donner une idée de ce que devaient être les farces dramatiques de Rhinton. Nous dirons plus loin quelques mots sur le meilleur de ces deux poèmes.
TliéoeHte»
Enfin voici un grand poète, un poète essentiellement sicilien, qui ne ressemble à rien de ce qui l'a précédé, et qui a été original non pas seulement dans un genre, comme on le dit, mais dans les genres les plus divers; ce Théocrite dont une seule idylle, même la moins belle, yaut mieux que tout Callimaque et que tout Apollonius. Il était de Syracuse; mais on ne sait ni la date de sa naissance, ni celle de sa. mort. Sa vie serait à peu près inconnue, s'il n'en avait luimême rappelé les principales circonstances. Dans sa jeunesse, il habita quelque temps à Cos, et il y reçut les leçons du poète Philétas. Il se rendit ensuite à Alexandrie, prob^ blement avec son maître, et il y resta jusqu'en l'an 275, oa environ. Ptolémée Philadelphe, malgré sa générosité et ses largesses, ne l'y put fixer; et peut-être la jalousie de Callimaque ou de quelqu'un des autres poètes patentés du Musée lui en rendaitrclle le séjour insupportable. Il revint à Syrar cuse, et il ne quitta plus guère la Sicile. C'est là qu'il composa la plupart de ses poésies. Quelques-uns prétendent qu'il fut négligé d'Hiéron, ce que j'ai peine à croire. Dans la pièce intitulée les Grâces ou Hiéron^ il se plaint en effet que les puissants de la terre aient peu de souci des Muses;
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mats rien ne prouve que ce soient Ik des reproches indirects ■u héros dont il fait ensuite un si magnifique éloge ; et, k supposer qu'Biéron jusque-lit n'e&t point encore songe & lui, il ne manqua pas sans doute de réparer sa faute, après avoir lu ces aimables et piquantes remontrances, U paraît que Tbéocrite mourut à un &ge très-avancé, et même qu'il eut le malheur d'assister, dans son extrême vieillesse, k la prise de Syracuse par les Romains.
Il avait laissé 'des poésies de plusieurs sorteSi élégies, hymnes, ïambes, dont nous ne possédons rien; des épigrammes, dont nous avons quelques-unes, et ces pièces diverses intitulées Idylles, qui nous sont presque toutes par^ -venues, et, peu s'en faut, sans altérations ni lacunes.
i«rllM 4e mé*crtle.
Le mot idylle, cISûUmv, est le diminutif d'un autre mot, lUoç, qui signifie proprement image. L'idylle est donc une image en raccourci, une esquisse, et, par eiteasion, un petit poëme d'un genre quelconque. Le litre du recueil des po^ aies de Théocrite répond & peu près à ce que noua nommons des poésies fugitives. Hais , comme un certain nombre des piëcesde ce recueil sont des chante bucoliques, et notamment la première, on comprend que le mot idylle soit considéré par quelques-uns comme la désignation du genre pastoral, et que Théocrite ne soit connu du vulgaire que comme un diantre de bergers. En réalité, il y a, dans ses trente idylles, des poèmes de toute nature, et qui n'ont, pour la plupart, rien de commun avec les chevriers ni les paires. Il y a des morceaux épiques; il y en a même de lyriques; telle idylle est un mime, telle autreun épithalame; telleautre est une épt- Ire, comme on disait du temps de Boileau ; telle autre est une simple épigramme; quelques-unes enfin sont tout simplement des idylles dans le sens propre du mot, et ne sauraient rentrer dans aucune classification connue. Presque tous ces poèmes sont écrits en dialecte dorien; presque tous sont en vers beiamètres. Toutefois le vingt-cinquième est en dialecte ionien ; le trentième est dans la langue et daaft V« ^x^tiiVs^ ^ka
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chants anacrëontiques ; enfin le vingt-^huitième et le ympneuvième appartiennent, par la forme du vers, ,et un peu par la couleur de l'idiome, à certaines variétés de la poésie lyrique des Éoliens, celles où dominaientles combinaisons du trochée et de Fiambe.
Il nous importe assez feu que Théocrite ait été le premier poète bucolique, ou que telset tels aient essayé avant luijde faire parler des bergers. C'est à. peine si on sait les noms des prédécesseurs de Théocrite. Il nous suffit que Théocrite estJe poëte bucolique par excellence. D'ailleura, l'idée de (aitt parler des bergers n'avait par elle-même rien de bien original, après que tant .de.^poëtes disaient déjà fait dialoguer entre eux des gens de tous états, et après que Sophron, dans ses mimes, s'était attaché à reproduire les allares, l'esprit, le langage des classes populaires.
Théocrite est le seul des poètes I)ucoliqiies aujourd'hui connus qui ait peint les bei^rs d'après nature : je veux dire que Théocrite avait sous les yeux, dans son pays, des chevriers, des pâtres, des bouviers, musiciens et chanteurs; que les figures qu'il a tracées avaient leurs types plus ou moins parfaits dans la réalité niéme, et qu'il s'est borné à faire sur eux ce que les poètes dramatiques faisaient poor mettre en scène des fils de &mille, des esclaves fripons, des prostitueurs, des sycophantes ou des soldats. Il a élevé ses modèles à la dignité de l'art. Tous les autres poètes buo»liques ont imité Théocrite ou les imitateurs de Tliéocrite; ou bien encore ils ont créé un monde pastoral complètement imaginaire. Il n'est donc pas étonnant que la plupart d'entse eux n*aientguère fait que des œuvres factices, sans vie, sans intérêt, et qui ne sont pas plus comparables à celles du poète syracusain que.la nuit.ne l'est au jour.
Les bergers de Théocrite n'ont pas .plus .d'esprit qu'on loe Jeur.en.peut8iq)poser, et ils n'ont que la sorte d'esprit qui se développe spo&ta&ément dans la vie la nMÎns tsophistiqaée : o'^st um .fiaocae naïve ^t^gra^ieuseï, ce n'^st jamais
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du bel esprit. Ils sont passionnés, TÎolents, outragenx même: ce sont de vrais enfants de la solitude, et qui ne se doutent que médioorement des bienséances sociales. En un mot, ils sont vivants, on les^voit. Ce sont bien des cbevriers, des pâtres, des bouviers: ils ne ressemblent à rien au monde qu'à eux-mêmes. La langue qu'ils parlent est d'une extrême simplicité, mais éner^que JO«nme leurs passions, mais pleine le cbateur et de force; et, quoiqu'ils n'aillent pas chercher tiien loin leurs expressicms ni leurs images, ils ne cessent 9as un instant d'être dignes de la poésie, même quand ils f accablent d'injures, même quand ils disent de ces choses ja'tm rustre peut seul proférer sans rougir. Us sont poétiluemeot brutaux, ils ne sont point obscèsfes. J'aimerais sûeux Bsns doute que Théocrite eût effacé quelques traits un 96a {dus que vifs; mais je n'ai pas le courage de lui reproiier le tort d'être un peintre fidèle. Toutefois il est permis le préfécer, mêNie à ses plus admirés tableaux de la vie champêtre, même à ceux où il a exprimé avec le plus de jonheur les brûlants ilransports «de l'amooir, d'autres idylles ion moins charmantes, mais plus chastes et plus pures. Test dans les idylles non bucoliques que sont, h mon avis, es plus pfarfaits ébefs-d'œuvre de Théocrite.
Les Syracusmms ^sont regardées avec raison comme un nime : seulement c'-est un mime en vers. Théocrite y présente, àilajBAnièrede fiophron, une suite de scènes emprunéesàla vie xommune, mais sans noeud dramatique, et qui le tiennent da la comédie que ipar le ton du dialogue et les ;aractères des personnages.
J)6ux jconmiières de âyracose , dont les maris habitent Ueaomdrie, se sant donné rendez- vous chez l'une d'elles, ifinid'idler voir ensemble, au palais de Ptolémée, la eélébraiandes. fêles 4' Adonis. Elles causent de choses et d'autres^ oédiMnt quelque Ipeu de leurs maris , et finissent par se Dottre cm mute. Gem-est pas sans peine qu'elles arrivent au' Mdaia. Xa^jnie^stq^leine d'une foule^ énorme ; elles renoûtH>
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trent les chevaux de guerre du roi ; et il leur faut fendre porte du palais , la presse des gens que la curiosité ai comme elles. Elles s'en tirent bravement : les voilà en des merveilles de la fête, et près du lit où repose Âdoni sont des exclamations à n'en plus finir. Un voisin let faire taire, mais il n'a pas le dernier mot avec elles. £1 taisent pourtant : c'est quand la prêtresse chante un h en l'honneur d'Adonis. Après le chant, elles voudraient rester encore ; mais l'une des deux se rappelle que son est à jeun , et qu'il ne serait pas bon de le faire trop temps attendre.
Si la traduction pouvait donner une idée approchai l'esprit des deux commères et de leur malicieuse naïve transcrirais quelque chose de leur conversation entre ou avec des gens de la foule. Mais je ne me hasarden à gâter leur aimable caquetage , en faisant évaporer cett( teur dorienne, qui lui donne tant de piquant et de grâc
MyllMi aiytliolovl^iiefl*
Je ne crois pas exagérer en mettant les Syracusavn premier rang parmi les œuvres de Théocrite. A c6té d mais non pas au-dessous, il faut placer la complainte i reuse de Polyphème adolescent. Car Théocrite a eu le d rendre la mythologie aussi vivante que l'imitation mên tableaux de la vie réelle; non pas une fois seulement, toutes les fois qu'il a touché à ces sujets antiques. Le du premier exploit d'Hercule , par exemple , dans la i quatrième idylle , est égal au morceau analogue qu' chez Pindare. C'est que les thèmes mythologiques soni Théocrite autre chose que des matières à versification, s'est pas borné, comme ses contemporains d'Alexand ressasser des mythes anciens, et à combiner des épitl sous les personnages imaginaires qu'il met en scène, des êtres véritables ; dans le cadre fourni par la trai antique, il y a une pensée, un sentiment, quelque choi sort des entrailles mêmes du poète. Ce qu'aperçoit Théc ce qu'il peint des plus vives couleurs, c'est l'amour ma