‹ Histoire de la littérature greequeChapitre 16 sur 137 · C-IA · texte numérisé non relu

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poète , Homère par exemple , exécutait Tune après Vauh sur un plan conçu d'un seul jet , les différentes parties d'i yaste épopée; il les récitait à mesure, en les rattachant U**'* jours à ce plan , et il se continuait ainsi lui-même , dans u suite de journées , intéressant jusqu'au bout les auditeui '^:^captivés et par Tenchainement même du récit et par I ^ charmes de la poésie. Les disciples, dit-on encore, étaie ^^ là, poètes eux-mêmes, dociles à l'inspiration du maître ~-''^* fidèles à sa voix : ils recueillaient les chants à mesure qu'i s'échappaient de sa bouche; ils les faisaient retentir apr lui dans les solennités, et se les transmettaient les uns ai autres selon Tordre qu*il avait établi , comme un héritage ^ cré , comme le titre de leur mission poétique.

Je comp'*^.nds ces hypothèses dans le système de ceux qi nient, contre toute évidence, l'unité de Y Iliade et AeYOdysséi^ Pour eux, Homère n'est qu'un nom symbolique, et les poe ^^"^^ mes homériques ne sont que la collection , tardivement corn >^ ' pilée, des chants des aèdes et des rhapsodes. N'y ayant pa -^^ d'épopée comme nous l'entendons , mais simplement de - e fragments épiques, il n'est plus besoin d'attribuer aux in- r^r^ venteurs des facultés surhumaines. Les disciples , à leur tour i libres de choisir parmi les inspirations des maîtres , pou-v*^ vaient alléger, chacun à sa fantaisie, leur bagage poétique, < et suffire , avec un petit nombre de chants bien choisis , et ^-' surtout savamment débités , à toutes les exigences d*un auditoire qui se renouvelait sans cesse, ou qui ne haïssait pas^ la répétition des chefs-d'œuvre. Mais, dès qu'on admet l'unité de composition dans les épopées homériques, on est forcé, bon gré mal gré, ou à entasser impossibilité sur impossibi- -^ lité, ou à reconnaître qu'Homère n'était pas uniquement un chanteur. Sans le secours de l'écrilure, les poèmes homéri- z>. ques n'auraient jamais existé, sinon à l'état d'ébauche ou d'embryon. Vlîiade n'eût été qu'un chant dans le genre de ^ celui de Démodocus célébrant le querelle d'Achille et d'U- '^ lysse ; et Y Odyssée aurait grossi de quelques centaines de vers, dans la mémoire des amateurs et des rhapsodes , la collection : de ces chants sur le retour des héros que Phémius aimait à b redire , mais qui brisaient le cœur de Pénélope.

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