HÉRODOTE. — HIPPOCRATE
n£ D*HÉa0D0TB. — PLAN DE L'HISTOIRS D*BÉR0I>0TS. — BBRODOTB ÉCRI- YAIH. — HÉRODOTE MORALISTE. — EXCELLENCE DE L*OUVRAGE D'HÉRO- DOTE. — VIE D'HIPPOCRATE. — OUVRAGES D'HIPPOCRATE. — STYLE D*HIP- POCBATE.
irle d^Hérodoie.
La ville d'Halicamasse en Carie, fondée autrefois par une colonie dorienne, était, au commencement du cinquième siècle, la capitale d'un petit royaume héréditaire, dont les souverains dépend aient des satrapes de l'Asie Mineure, et reconnaissaient la suzeraineté du Grand Roi. C'est à Halicamasse que naquit Hérodote, en 484, sous le règne de la première Artémise, celle qui s'immortalisa par son héroïsme à la bataille de Salamine, où ses navires soutinrent la lutte contre les Grecs sans trop de désavantage. La famille d'Hérodote comptait entre les plus considérables de la ville. On ne né-
ftt CHAPITRE XTI.
fjigML rien pour son éducation, et il profita des Fcasearces linéraires qui dboodaient abra dans flalicamafise, non moMM qud daof les citée msines. Le poète Panyasis, dont Bom dirons un mot plus tard, était Tonde maternel d'Bévedole : c'est à lui sans doute et à ses exemples que le jeune homme dut cet amour du bien et du beau, cette passion de instruire qui Tentraîna de bonne heure à travers le monde, peur voir et peur entendre. Ce fat aussi un des Ihasards heureux de la deslinée du futur historien qu'il fût né sujet du Grand Roi. Il put librement satisfaire son goût pour les foyiq^es, dans un temps où tout Grec, d'une des nartions en guerre avec la Perse, n'eût pu mettre le pied en figypte-et dans la haute Asie, sans courir le risque d^élre trahé en ennemi et vendu comme esclave. Il visita l'Egypte, et re* BMnta le Nil jnsqu^à Ëflépbantine; il parcourut Hl Lihye, la Phériicie, la Babylonie, et probablement aussi la Perse; â pénétra jusqu'au fond du Pont-Euxin, en suivant le rivage méridional de cette mer, et il séjourna dans tous les lieux qui ofiTraient quelque aliment à sa curiosité. Dès l'âge de vingt-cinq ans peut-être. Il méditait déjà son grand ouvrage. A trente ans, il vivait dans sa ville natale, travaillant à mettre en ordre les immenses matériaux qu'il avait amassés, et s'essayant à la composition de ces récits qui devaient charmer la Grèce, quand un événement funeste vint bouleverser sa fortune et détruire son repos.
Ce n'était plus le temps de la grande Artémise, oe temps où les lettres étaient en hsHHi^ir dans le palais même des souverains, et où Pigrès, frère de la reine, ambitionnait le nom de poète et la gloire de se dire un des disciples d'Homère. Lygdamis, rcn d*Hatîcamasse, n'était qu'un oœur bas et fiiroce; et Panyasis fut particulièrement en butle à sa hune pour tout oe qui était noble et grand. Le poète périt un jonr, égorgé par l'ordre du tyran ; Hérodote lui-même, que Lyfdamis B*admait pas davantage, faillit aussi perdre la vie, et ne se mit à Fabri qu*en fayant d'Halicarnasse. ; S alla s'établir, versfan 442, dans llle tonîenne de Samos. Cest là qu'il se perfectionna dans l'étude du dinleete qui était la langue de fa prose, et ipi'il se péné^a de cet esprit
HËRODOTE. — HffiPWaiATE. fit
qui tH d'un Ixmt à Fantre de son roeufre ; :car Béiodote n'a rien de cette fierté aristocratûpie, de cette nideBr, de ces pr^u|;é8 nationaux, que les Doriens portaient partout arec eax : ï s'est» si je puis ainsi dire , dépouillé du vieil liannne» en cpiittant le didecte de ses pères. C'est à£an»B OKore qn'B&riDdole prépara les moyens de délivrer ses comyatnotee du jong de ienr tyran. H réuBsit dans aon entnapâae co&ire le meurtrier de Panyasis, et il revit sa patrîe.'q>nèB SB «BÛl de filusieurs années. Mais, au lieu de ce loisir ei de tMe douce quiélQde où il comptait passer sa vie, il ne tmutt ^'amertiune et dégoûta. Halicamaifle ne sut pas jouir de la llierté ; el les dissensions àhriles ne tardèrent point k en rendre le séjour intolérable pour un homme d'éludé â de paix. Bërodote , déseapérani de la raiaoo des oitojreKs, les ibandeana à leurs pâmons^ el alla chercher, loin d'Halieamasse, une retraite à l'abri de itons les orages, fi choisît pe«r son 'exH Tolontaire la ^ille de Tburies^ que les iithéliens «Taâenst fondée en M(i, dass la Gcnde-Crrèce, sur rem^dacement de l'ancienne Sybaris. On ignoce l'époque précise de son départ pour Thunes; «ais il ne Ivt pas un des fondateurs de la ville. Il vécut de longues années dsDS sa patrie nouvelle, et il y mourut dans un assez grand ftge, vers l'an 406 avant notre ère. Il se donne à lui-même, en tête de son histoire, le nom d'Halicamassien, à raison du lieu de sa naissance; mais plus d'une ibis il est désigné esome Tliuiîen par les auteurs : Thuries Tavu^adoplé prar tien, et on le connut loi^mps en «Grèce •comsw dtoyen 4e Ifames.
flémdote avait pamouru pendan.t sa jeunesse, >corame je Tai dit, les merralleuses contrées de l'Orient et les vâBes grecques de l'Asie. Ses eiplorations dans k Grèce «enfopéouie commencèrent plus tard, mais sans qu'on eadie à quel moment. Ce qui est certain , c'est qif il arait i^silé psenque tous les lieui de quelque renom, «viUes, temples, chaotps de bataille, et dasu les Heu et aur le continens, depttîs U Thrace jusqu'en Italie.
La fépatatîan littéraire d'Bérodote remplisBait déjà ta Gièoe avani même qu'il pass&t d'Halieamasse à Tbiries.
^jmt cette époque, dès 456. selo
cydide enfant, cette noble ambiUon c depuis par le génie.
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d'important, ou seulement de curieux , les traditions des peuples. Sa manière de rattacher les récits les uns aux autres tient un peu de celle du vieux Nestor. Seulement les parenthèses du vieillard de Pylos, ces aventures qu'un nom lui remet en mémoire, et qu'il intercale les unes dans les autres, mais sans oublier le but où il tend, ont pris, dans Hérodote, des dimensions proportionnées à l'immensité d'un discours où il s'agit de montrer l'opposition de deux mondes et le triomphe de l'Europe sur l'Asie. L'unité de l'ouvrage est dans cette opposition fondamentale, unité qui admet une diversité infinie; car tout ce qui a trait, de près ou de loin, et aux cités grecques et à l'empire des Perses, histoire, géographie, mœurs, usages, religions, toutes les traditions, tous les faits, toutes les légendes, appartient en définitive au vaste domaine conquis par l'écrivain, j'allais dire par le poète. Ce titre glorieux, Hérodote le mérite à plus d'égards que bien des poètes faisant des vers, même avec talent; et les noms de Muses que portent chacun de ses neuf livres ne disent rien de trop en annonçant que ce qu'on a sous les yeux est une œuvre d'art, et d'un art inspiré, non moins qu'une œuvre de science.
Voici un court sommaire qui fera comprendre, tout à la fois, et l'immensité des trésors amassés par Hérodote, et l'heureux cadre dans lequel il les a disposés.
Après quelques mots sur les anciennes luttes de la Grèce et de l'Asie durant l'époque héroïque, et sur les motifs départ et d'autre allégués, comme les enlèvements d'Io, d'Europe, de Hédée et d'Hélène, Hérodote passe à Crœsus, héritier de ces rois de Lydie qui les premiers entreprirent sérieusement, dans les temps historiques, contre la liberté des Grecs. H nous fait connaître en détail la vie et les aventures de Crœsus, tout ce qu'on sait de ses ancêtres et des dynasties qui se sont succédé dans le royaume de Lydie, en un mot, tout ce qui ofiTre quelque intérêt dans la destinée du peuple lydien. A propos d'un oracle qui recommande à Crœsus de rechercher l'amitié des Grecs, Hérodote est amené a parler de l'état où se trouvaient alors Athènes et Lacédémone. L'attaque de Sardes par Cyrus fait paraître
fc «pëditian de Cambyse, fih 4 c-^ le lecteur s«r le, hopd, d «As et racte, de ce peuple
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HËRODOTI. ~ nPNGRATE. Uâ
Hfïïe d*Bérodote m temioe au momestek te <Mi»tit ûInreiaeBt purgée de se» envabÎMauFS, €ft oà lee pauflta qui aYaieoi favariaë les eniraprise» de remieni» i^a hifÊ^ juste ehisimant.
H B-'y m qu'une seule lacww dans celta histain selle. Hérodote dit Vtof pen de chose de eettagran^fe natiflii iMji'kiime fui avait eafanié les merreilles de BsèyloM et delitnive. Mais il nous iq>prend kii-^iiiéna fu^ aivaili «anpisé un. Ottvrage détaillé sur l* Assyrie ; et c'est à eei oumga , aaBftatttaaaemenl perdu, qu'il se refile po«r toiu cas fui dsna la Um au îl est quesfeîos dtoa Aseyrians.
Mfyda» b'» m» de eemmun vret les éeriTaint qn^ appelle éloquents. Il ne chercha pas plus les eftta â» sfjfe qu'Homère ne vise au sublime. Il ignore même ce que c'est que le style » ou du mouHS ae qa'o» appelle ordinairement ainsi , cet agencement des phrases et des mots , ces savantes eMnbtnaiaoos qui donnent aa diseaurs l'aspect; itmt tissu bien iiioinié. U parla> sa pensée , voilà tout son art : la mat la pkia aimpla, la pi«a naïf et le plus nu , la tawmura aaaai te Baina conloiimée , te maitis tournure , si faaa ainsi- ifira, iFailà tout ce qu'an ivo«va d'un bout k Ifiautire de son ouvrags. Vratefoia, quand il fait parter les personnages eux- mima», il ramaaaa sea arguments sous usa famé pnes^aarrandBa, qui oiina somma une apparanca, au phitAl un» ébancfte ée période , et qui fait pcesaenlir te atyte des hiatoriana firtins. Sévadote a f ait an tengua idnienne, mats natnreltement et aana effort, ce que Platon devait faire plu» tard en tengve attiqua, aaaia avec te labeur d'un Mt eonsoma^é : û a étant eamme il parlait, oadu moins* comme il aurait pu paillBr. De Ik cea phrases qui semblent n'avoir ni eomsmeaeement, nâ&a, ni eonstmction raisonnable, et q«i ne lateaenipAs dlaiprimer parfailemeat ce qu'Hérodote veut dire , tairt an \ plaisant, dit Paul-Louis Courier, par im air de htUr ieet de maUee , moins étudié que ne Pontcru les aaaîaBS etiliquas. l^gcAce de la diction n'est pas seutemant 4kns
lecteur. C*est du «même ton séri infortunes conjugales de Candau ont préservé le monde du joug d( malaisé de proclamer quel est, ei cits , celui qui mérite le plus d*6 bien entendu , de Timportance d( compte que des qualités de la n plus long est aussi le plus beau.
Hérodote m«m
Hérodote n'écrivait pas uniquem même il tire plus d'une fois Tense si souvent du spectacle des choses 1 trer la présence et Faction d*un ] monde. Il croit que tout est réglé c ne saurait garantir de l'envie de prime souvent, ni le crime, ni la lence excessive et la vanité , son ne veux pas dire qu'Hérodote est v qu'il a inventé, dès le cinquième si Sophie de l'histoire. Je dis seulem