‹ Histoire de la littérature greequeChapitre 68 sur 137 · HÉRODOTE. — HIPPOCRATE. Î · texte numérisé non relu

HÉRODOTE. — HIPPOCRATE. Î

défautà des Grecs eux-mêmes ; et, à côté de leur gloire, il montre les écueils où se peut briser un jour tant de puissance. La chute successive des empires est une leçon qu'il leur donne à méditer sans cesse ; et ses fréquents appels au sentiment religieux et à la crainte des vengeances divines sont des avertissements qui regardent l'avenir, bien plus encore que des explications du passé.

BxceUence de rooTrafe d^érodote.

Hérodote était religieux , mais non pas crédule. Il raconte souvent des prodiges, mais toujours avec des formules qui reportent sur d'autres la responsabilité de l'erreur ou du mensonge. Il est la véracité même. Ce qu'il dit avoir vu, il l'a vu en effet ; ce qu'il dit avoir entendu , on le lui a en effet conté. Il est impossible de suspecter sa bonne foi. Ceux qui l'ont fait étaient ou des esprits prévenus, comme Plutarque, descendant de ces Béotiens qui avaient trahi la cause commune dans les guerres Médiques , ou des sceptiques raffinés , qui ne reconnaissaient d'autres réalités que celles qu'ils avaient sous les yeux , et qui reléguaient parmi les fables tous les faits tant soit peu étranges, ou non conformes aux choses accoutumées. Les voyageurs modernes ont complètement vengé le caractère méconnu de l'antique voyageur ; et* les découvertes de l'archéologie , monuments déterrés dans les ruines des villes d'Orient, écritures mystérieuses déchiffrées, témoignages contemporains des plus reculées époques de l'histoire, démontrent chaque jour de plus en plus qu'Hérodote n'avait pas mis moins de soins à s'informer des annales des peuples, qu'à visiter leurs pays et à observer leurs mœurs. Ainsi Thucydide lui-même s'est trompé, si c'est Hérodote qu'on doit entendre quand l'auteur de la Guerre du Péloponnèse parle quelque part d'historiens dont les écrits n'ont d'autre but que de flatter un instant l'oreille.

La première composition vraiment digne du nom d'histoire n'est donc pas seulement un chef-d'œuvre historique : elle est une œuvre unique en son genre, sinon la plus parfaite de toutes, du moins la plus étonnante, la plus origi-

^1 i et c'est le livre d'Hérodote. "'^*^ '"

Vie

HtRODOn. — HmOGRATE. 147

ttàSbkaeB pofar FfxpiWMOB des pfas imperge|KiM0Btm— ces ée ]» pcMfai B B« ioAt ào«c pas i^iteDoer â Bppocnrts, |kilD0di« Bmmi toat , domeor a fidèle aux tradtlioii»lîtt4rttiiB iê la plûlosopUa^ et 8*il ne déserta paa^ les enranenfti dha PUféejjde, ées Ûcadite et dee iaasagore.

1 élut dj& File de €os, oti son' père «Borçaii KiÎHiiftM la profesBioa de médeem. Hippocrale est soiivent déugné pslesumem èè fik des Asolépiades. 9Bk ftimlie, eanuMe teolea^ ceBea 9ii se trasamattaient de génératâoneB génèfatieo Ita pvéoeptea de Fart de guérir , ae iKanCail %w effèli dfe dncandre d'iyselépiiis, qpiaiioii» noaumma^Eseidapt, lefèsa di Haohaoa et de ftidaUrei Hippocvalet, apcèa stétw fiiiif am-Iea yen de sen père, et parles aeina dea makrea^frfil ami èana sa maiaon et daaa sa ville nataale^ alla prendra à SiByndiffiai en Ihaaee, le» lefena itHéiMcm » le- plte fi^ mm dea isMaaiM d'aléas»

Beat probable qa*il exerça sod art d» viHe' en fiUe' paBtdant de longues années, et particulièrement dans lariiNea delà Tleaadie, Larissa, MéCbde et d'aubes, et dans Ftle du Thaaea. Les^ deaeriptions si vives el si vraiea qaf'A àtmm de pbmeurfrcOBtcéea lointaines prouvent anai fpi'û n'Émit paa boRid se» vofagaa aux ifea et au. continaBide l»€flèeft.H andi paroeom une grande partie de la haute Aaia„ ettvinté m détail les^pnmacaa septentrieiialea de FAaîe ■bumia t U» Biddaci A , ààl Hoiiiëre> équivaut à un gcaod aanlbae dfWuuns. » Teua lea peuples antiquoi avateuipa» lésaidKBS une ¥éDé9alîan pcofeade. Eueore aujourdliua, èuBB k baufc Orient, il i^'aat pa» dm plua nafala titaa que eelaâ4B TuMaiiB, m deiMiltair pme-poit, m. da^MCMUflUDidaâaii plus efeaeei Hippocgala sewit h, Gea éaoa aa vieiUessft, el f tmim me énli de aédecinfr, doua la renaauués ae MaMua>lpngtaBy apaès. aa aaort U im)lQ8§ea sa vi fa% ua gtasd égU', juaqu^li çuUie^ingtKiiDq ans» Isa WÊB^ îvaqu^t quatra^vingtHdîx» aaléft laa antoni;;. selni dTaoMa eneeve, juaqu^à cent quatse eu ludne cent oaaf au* 8oB» bÎQgpaph» anouyiae dit. ^îl aasurst mai panât daua au tdHe nalatoy Buia ]»ès de Laifae, daa» la Thessalie.

il est douteui qu*Hippocrate y pied. Il ne la nomme nulle pa Galien dit que Smyrne, que le pi renfermait plus d'habitants que Hippocrate eût jamais exercé soi dide, qui fait avec tant de détail désastres de la peste dans Athëne pocrate, et nous apprend que tooi puissants et que les médecins fure du fléau.

Il y a bien d'autres récits fabulei bas siècles ont essayé d*embellir la Vont transformée en une sorte de léj temps héroïques. Mais nous n*avon taisies plus ou moins ingénieuses, chercher, si Ton veut se faire une j d*Hippocrate et de son caractère, avec raison Tauteur à*Anacharsis^ s' Rien de si touchant que cette candc compte de ses malheurs et de ses f listes des malades qu'il avait traitéi et dont la plupart étaient morts c

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Les savants modernes ont montré tout ce que la science devait au médecin de Cos en découvertes de tout genre. La collection des œuvres qui portent le nom d'Hippocrate contient des écrits de nature et de valeur fort diverse, et dont an certain nombre seulement sont regardés comme authentiques. Les autres sont revendiqués pour quelques-uns des pÛlosophes antérieurs à Hippocrate ou ses contemporains, et surtout pour les médecins qui furent ses héritiers, et par qui fleurirent à Gos son école et ses doctrines.

Parmi les écrits qui sont réellement d'Hippocrate, il y en a qui ne sont que des journaux détaillés de clinique , et dont tout le mérite littéraire consiste dans la précision avec laquelle les circonstances nosographiques ont été résumées et décrites. D'autres sont de véritables traités philosophiques, sur des matières ressortissant au domaine médical. Le petit livre des Airs^ Eaux et Lieux ^ où Hippocrate expose l'influence des climats et des saisons sur la santé des hommes , n'est pas seulement un chef-d'œuvre scientifique, remarquable par la profondeur et la justesse des observations ; ce n'est pas seulement un des plus utiles écrits qu'ait jamais inspirés l'étude approfondie de la nature : on aurait peine à trouver, dans toute l'antiquité , chez Aristote , chez Platon même , un seul morceau qui soit tout à la fois et plus sérieux et plus intéressant. Je n'ai besoin , pour en fournir la preuve, que de prendre au hasard une des pages de cet opuscule, qui en compte une trentaine à peu près.

« Quant à la pusillanimité, à l'absence de courage viril, si les Asiatiques sont moins belliqueux et plus doux que les Européens , la principale cause en est dans les saisons qui, en Asie , n'éprouvent pas de grandes variations ni de chaud ni de froid , mais qui sont à peu près uniformes. En effet, l'esprit n'y ressent point ces commotions , et le corps n'y subit pas ces changements intenses qui rendent naturellement le caractère plus farouche, et qui lui donnent plus d'indocilité et de fougue qu'un état de choses toujours le

ft'oDl fÊtê èo motif raUoftDable f%m armes ; ib en ont, au contraire^ pou TMTt, car les përtls ne sont pas i| contraints par la force qu'ils TOftt à ». MTtent les fatigues , et <ia*ils meun mm ait lears enfants , de leurs femniA leurs exploits et leur râleur guerriè menter la puissance de leurs despoU omttent d'autre fruit que les âangei lenrs champs se transforment en (Mac ttons des ennemis, et par la cessatioi q«e, s'il se trouTait parmi eux quelqu ture, couri^ux et brave, il serait, fions, détourné d'employer sa bravotJ deee que j'iavance, c*est qu'en Asie Baresqui ne se soumettent pas au dec vefnent par eux-mêmes , sont les p car cTést pour eux-mêmes qu'ils cotrre mêmes reçoivent le prix de leur cour Uebetf'.»

pmaroir qu'il «était lai^«iêDi6 te dîen parmi les liomm«a. La fanaule de senneU qo*!! a rédigée a la majesté et le ton d*«i hjmne reKgieoK : « Je jure par Aponon méde«iii , par Eacriape, f«r Hygie et Pteacéa^ je preads à témoin toas Ida iàm et toutea les déeases, d'accomplir fidèlement, autant fi'i dépendra de mon pouvoir et de mon intelligence, ee Miuieut et cet engagement écrit; de regarder comme mon père eeloi qni m'a enaeignë cet art ; de veiller k sa subsistance ; de pourvoir libéralement à ses besoins ; de considérer ses enfants comme mes propres frères; de leur apprendre cet art sans salaire et sans aucune stipulation , s'ils veulent rétudier.... Je conserverai ma vie pure et sainte aussi bien que mon art.... Si j'accomplis avec fidélité mon serment, si je n'y fais point défaut, puissé-je passer des jours heureux , recueillir les fruité de men art , et vivre honora de tous les hommes et de la postérité la plus reculée; mais, si je viole ■aaeerment, ai je me parjure, que todt le contraire m'arrwe*! »

lEBppocratelait une guerre impitoyable aux charlatans, à Uma les médecins pràendus qui compromettent la dignité de Fart ou par leur ignorance ou par leurs mauvaises pratiques. Contre eux , et en général contre les hommes qui aiment les opinions paradoxales, Hippocrate ne dédaigne pas d'aaqiioyer quelquefois l'ironie, sans préjudice des éclats d'ttse légitàme indignation. Voici, par exemple , le début du traité de fart : « Il est des hommes qui se font un art de ti- Upefider les arts. Qu'ils arrivent au résultat qu'ils s'imaginent, ce n'est pas oe que je dis ; mais ils font étalage de Um pra^pre savoir. »

La aeul reproche qu'on paisse foire au style d*Hippocrate, €mti de péciier de temps en temps par excès de concision, OH yhnftt par «ne sorte d'entassement de pensées , qui naît k ia clarté de la phrase. On comprendra ce que je veux àirt^ à la svmpte inspection du fameux aphorisme dont les premîefa «nota ont été tant de fois cités * : c La vie est courta.

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