‹ Histoire de la littérature greequeChapitre 7 sur 137 · I. Odystéê^ eba^l XI» ^éta ^^^ ®t ftiiiTftikU · texte numérisé non relu

I. Odystéê^ eba^l XI» ^éta ^^^ ®t ftiiiTftikU

montagnes. Mais il est aisé de concevoir que les habitants d^

la Grèce méridionale aient donné aux Piériens le nom d

ThraceSy sous lequel étaient généralement compris les peu 11 pies établis au nord-est de la Grèce. Il y avait de ces Piérien "^^^^ ou Thraces, vers le temps des migrations éoliennes et do ~ "" rienneSy jusque dans la Phocide et dans la Béotie. Ils légué ^J rent à ces contrées leur culte national : les Muses s'y fixèren '^^ avec eux, sur l'Hélicon et le Parnasse, et cessèrent de s( '^ nommer exclusivement les Piérides. Comment s'étonnei ' d'ailleurs que des aèdes grecs soient nommés thraces, quand ""^ la tradition nous montre un roi thrace, allié de Pandion, '^ régnant au centre de la Grèce même? C'est à Daulis, au pied "-^ du Parnasse, que se passent, suivant les poètes, les aventu-^^ resdeTérée avec Procné et Philomèle. Virgile lui-même ne -^ rapproche-t-il pas, à propos d'Eurydice et d'Orphée, le -* Pénée, l'Hèbre, le pays des Cicons, les rochers du Rhodope "^ et du Pangée, et même les glaces hyperboréennes et les neiges du Tanaïs? Les anciens, une fois admise l'idée de "' nord, se don n aient pleine carrière. Les aèdes thraces étaient ^'^ donc des Piériens, des hommes du pays des Muses, et nés de ^^cette race poétique qui, dans les chants du rossignol, enten- 'dait une mère pleurant la mort de son fils bien-aimé, et ^ répétant sans cesse : Itys ! Itys ! -

Orphée .

Le plus fameux sans contredit de tous les aèdes de l'époque ^ antéhomérique, c'est le Thrace Orphée. Sa légende est dans ^^ toutes les mémoires, et d'importants ouvrages sont restés ^ sous son nom. Hais il n'y a aucun témoignage qui prouve ' réellement son existence. Homère ni Hésiode ne le connaissent; et la première mention qui le concerne, dans un fragment d'Ibycus, est postérieure de cinq à six siècles à l'époque où il est censé avoir vécu. Quant aux ouvrages qu'on lui attribue, ce sont des productions des bas siècles de la littérature grecque, pour la plupart contemporaines des luttes désespérées de la théologie païenne contre le christiar nisme. Le nom d'Orphée n'y était qu'un leurre pour le vul-

LA POÉSIE GRECQUE AYAIfT HOMÈRE. 21

paifcdois dire toutefois que, bien avant cette époque, il OBstd^àdes poésies orphiques, et que de bons esprits Gwnt à leur haute antiquité. Si Fauteur de la lettre svr klfmdi est Âristote, Aristote lui-même est de ce nombre. U fragment des Orphiques qu'il a transcrit est assez conirm, en effet, à ce que dut être la poésie religieuse des ^iers temps. Ce sont de simples litanies, un nom plu* sesrs fois répété, avec des épithètes et des qualifications jKisrelles. « Zeus est le premier; Zeus le foudroyant est le knier. Zens est le sommet ; Zeus est le milieu ; tout est né k Z6US. Zeus est la base de la terre et du ciel étoile. Zeus est k principe m&le ; Zeus est une nymphe immortelle; Zeus est )e souffle de tout ce qui respire; Zeus est la violence du feu mfatigable ; Zeus est la racine de la mer ; Zeus est le soleil et la lune. Zeus est roi; Zeus est maître de toutes choses; 0 commande k la foudre : tous les êtres qu'il a fait disparaître du monde, du fond de son cœur sacré il les fait renaître à la lumière réjouissante, par sa puissante activité. » Orphée n'est guère encore, au temps d'Ibycus, qu'un simple nom; mais ce nom a bientôt son histoire, et une histoire trate pleine de merveilles. L'Orphée de la légende est le premier des chantres de l'époque héroïque, le compagnon des conquérants de la toison d'or, le vainqueur des puissances infernales ; et, les poètes enchérissant à l'envi, il devient à la fois et le type du génie poétique, et le type poétique de lamour fidèle et du malheur.

Ce qu'on peut admettre sans trop de scrupule, avec les plus savants critiques, c'est qu'un aède religieux, nommé Orphée, importa ou fonda dans la Grèce le culte mystique d'an dieu souterrain, qui s'empare des âmes des morts, qui est sans cesse à la chasse des vivants, et que cet hiérophante exposa ses doctrines particulières dans des télètes (rtli't^i) OQ chants d'initiation, mais sans laisser de parler aussi aa Tulgaire par des hymnes en l'honneur des dieux universellement reconnus.

La nom de Musée se raltacliait, dans les traditions Alhéniens, aux initiations des mystères d'Eleusis, c'est dire au culte secret de Déméter ou de Cérës, la terre m mière. On faisait de Musée un Thrace, un disciple d'Orp) et on lui attribuait de nombreux ouvrages. Il est tout a Ineonnu qu'Orphée aux poètes de la haute antiquité. Son i n'est probablement qu'un symbole : il signifie l'homme «piri du Muses. Ce symbole n'est même jamais arrivé à 1' de mythe complet : ce Thrace , cet initiateur , cet hoD inspiré des Muses, n'a pas d'histoire; il est une caste, famille peut-être , il n'est pas un homme. Le gracieux po de Hèro et Léandrt est bien, il est vrai, d'un poète qui j lait réellement le nom de Musée; mais ce poète vivait d( cents ans au moins après Homère, ayant écrit, selon t probabilité, plusieurs siècles après Jésus-Christ,

La famille sacerdotale des Eumolpides, d'Eleusis en i que, qui exerça dès les temps reculés les plus importa fonctions du culte de Déméter, et qui fournissait «ne dans l'ftge historique, l'hiérophante des mystères, se pré dait issue d'un aède thrace, Eumoipus, personnage abs ment inconnu d'ailleurs. Mais le nom d'Ëumolpides, oi Aotij chaniewrs, n'est probablement point un nom pa nymique. Il n'y faut voir, à l'origine, qu'une simple qut cation, un surnom emprunté au caractère poétique de 1' ploi des membres de la famille : ces prêtres étaient a' tout des aèdes religieux, des chantres d'hymnes sacrés. I soi-disant ancêtre n'est autre chose peut-être que le syn d'un héritage de poésie religieuse, transinis À VAlUqu* les aides de laPiérie.

Antrca aèdes rcllcle«i.

On chantait, bËleusis, des hymnes attribués à Orph . à Musée: on en chantait aussi d'autres aèdes, et notami

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