Horace, Jrt poèdquê^ vert 27 s ei suivanl
256 CHAPITRE XVU.
s'enquérir des beautés de Sophocle, et de Thespis, et d'Eschyle ^ > Peu importe que les vers attribués à Thespis soient ou non authentiques : puisque Thespis a écrit, il est évident que ses acteurs étaient autre chose que ces hommes que nous peint Horace. Je ne puis me faire à l'idée d'une Aktste représentée sur une charrette roulante, par des vendangeurs avinés.
La nécessité d'une estrade est (elle, pour qui veut se donner en spectacle, qu'il est à peu près impossible que Thespis luimême s'en soit toujours passé, et qu'on ait attendu, comme le prétend Horace, jusqu'au temps d'Eschyle, pour avoir l'idée . de mettre les personnages en scène sur des tréteaux. J'en dirai autant du costume, et de tout le reste de l'appareil théâtral. Il est permis de ne pas croire qu'Eschyle ait le premier songé à distinguer les acteurs d'avec le public auquel ils s'adressaient. On n'imagine pas aisément un Bacchus, un Penthée, surtout une Alceste, car les rôles de femme étaient joués par des hommes, sous la figure et dans le costume habituel de Thespis. Vrais ou faux, conventionnels ou non, il fallait bien que certains insignes distinguassent aux yeux le personnage.
L'emploi du masque et du cothurne doit remonter aussi aux premiers temps de l'art dramatique. Le masque répondait à un double besoin : c'était la représentation traditionnelle ou idéale du dieu ou du héros dont on supposait la présence; c'était aussi un moyen physique de renforcer la voix de l'acteur , de la faire mieux entendre à tout ua peuple assemblé. Le cothurne, brodequin à semelles très épaisses, servait à rehausser la taille du personnage en scène, et à lui donner quelque chose de cette majesté extérieure qui distinguait , selon l'opinion populaire , et les êtres surhumains et les mortels des anciens âges. Il est probable même que, dès avant le temps de Thespis, quand on faisait figurer les dieux en personne dans certaines cérémonies solennelles, ils se montraient à la foule en masque et en cothurne , et avec le costume dont la statuaire revêtait de tout temps leurs
a. Honce, Épùw^ Uv. U, èpttre i, T«r8 4 Bt, i sa.
images : ainsi , quand un jeune homme de Delphes jouait le Me d'Apollon qui tue le serpent ; ainsi , quand à Samos on célébrait le mariage de Jupiter et de Junon; ainsi, quand Cérès, à Eleusis, allait s*enquérant des nouvelles de sa fille.
Il n'est pas douteux, d'ailleurs, que les successeurs de Thespis , surtout Eschyle et Sophocle , n'aient perfectionné les moyens d'agir par les yeux sur l'esprit des spectateurs, comme ils ont perfectionné la fable dramatique et le style théâtral. Quant au chant et à la danse , j'ose affirmer que, plus les poètes tragiques s'éloignèrent de la forme du dithyrambe , plus ils affaiblirent l'élément chorégraphique et musical de la tragédie , et que Thespis lui-même , comparé aux poètes dithyrambiques , marqua le premier degré de cette décadence. Qu'on se 6gure, en effet, ce que devait être le vrai chœur tragique, le chœur du dithyrambe, quand on y voyait Bacchus menant la troupe avinée des satyres, des évants et des ménades. Les vers suivants, d'une des pièces perdues d'Eschyle « intitulée les Édons, ne sont qu'un trait de la description du cortège de Bacchus : « L'un , tenant dans ses mains des bombyces, ouvrage du tour, exécute, par le mouvement des doigts , un air dont l'accent animé excite la fureur; l'autre fait résonner des cymbales d'airain.... Un chant de joie retentit. Comme la voix des taureaux , on entend mugir des sons effrayants, qui partent d'une cause invisible; et le brait du tambour, semblable à un souterrain tonnerre, roule en répandant le trouble et la terreur. > Le progrès , s'il y en eut , ne fut point un accroissement de passion et d'enthousiasme : si les danses du chœur gagnèrent en décence et en grâce , si la musique revêtit une infinie variété de formes et s'appropria tous les modes de la mélodie, il n'est pas moins vrai que ce qui resta du dithyrambe, dans la poésie dramatique, n'eut plus ni la même puissance que jadis sur les âmes , ni cet entraînement sympathique qui transformait en un vrai délire les sentiments de la foule assemblée pour entendre célébrer Bacchus.
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n'avaient pas dans les pièces de ^ les voies de Thespis pour ce qui es de la tragédie , et il fut , comme Th core plus que poète dramatique. Ma ses épisodes partout où il y avait q tique et d'intéressant ; non point sei de Bacchus et dans les traditions de jusque dans les faits de l'histoire ce raconte que Phrynichus mit sur la scè les Perses, et qu'il fut condamné à drachmes, pour avoir ravivé le souv( tionale. On défendit même aux poètes désormais aucun sujet de ce genre. C pas Phrynichus de mettre au moins i temporains sur la scène. Mais il s'a triomphes d'Athènes, et non plus de Voici ce qu'on lit dans l'argument gre( cède les Perses d'Eschyle : «Glaucu les pièces d'Eschyle , dit que les Pers niciennes de Phrynichus. Il cite le coi de Phrynichus , qui est tel : Vous voi partis jiidis, etc. Seulement, chez P>>»
ORIGINES DU TfltATAE GREC. M%
ont-iU traité en mémo tamps le même sujet; peut«4tre Eschyle aura-t-il voulu faire oublier la pièce de Phrynichus , enfin la citation faite par Glaucus pourrait bien avoir été tirée non pas du poème original de Phrynichus, mais de quelque contrefaçon dès P^seSj recommandée par son auteur du nom d'un poôle tragique antérieur à Eschyle.
Phrynichus faisait un grand usage, dans le dialogue même, du tétramètre trocbaïque. Suidas lui attribue l'invention de ce vers vif et rapide. Mais cette invention remonte plus haut : elle est contemporaine de celle des vers ïambiques. Archiloque a fait des combinaisons de trochées en même temps que des combinaisons d'ïambes ; et c'est lui qui a le premier employé le tétramètre trocbaïque.
La réputation de Phrynichus se maintint k Athènes pendant de longues années. Àrchéomélèsidânophrynichèratay cet étrange vers ïambique , ce mot aux proportions gigan* tesques inventé par Aristophane pour désigner les chants qui plaisaient entre tous aux vieillards athéniens , et qu'ils répétaient sans cesse , suffirait à lui seul pour attester , aujourd'hui même encore , la profonde et durable impression qu'avaient causée les représentations de Phrynichus.
Pratinas de Phliunte, Dorien du Péloponnèse, qui vint lutter au théâtre d'Athènes contre Phrynichus, etqu'EschyU trouva en possession de la faveur publique, est cité pai quelques anciens comme l'inventeur du drame demi-sérieui, demi-bouffon, dont le chœur était toujours composé d'une troupe de satyres, et qui reçut pour cette raison le nom de drame satyrique. La tragédie , au moins les pièces tirées de la légende de Bacchus , avait d'abord souffert tous les tons, comme autrefois le dithyrambe , suivant le caractère tantôt triste et tantôt joyeux des aventures attribuées au dieu, et suivant la nature des personnages dont Bacchus était entouré. Mais elle se maintint, depuis l'invention de Pralines, dans la région des hautes idées, des nobles sentimenia^ des
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niens. Pisistrate et ses 61s ne jugèrent pas comme Selon des inventions de Thespis. Ils les favorisèrent; ils encouragèrent, autant qu'il était en eux, les successeurs de Thespis à s^avancer plus loin dans la voie. On ignore Tëpoque précise où furent établis les concours dramatiques qui se célébraient chaque année aux fêtes de Bacchus, aux Lénéennes, surtout aux grandes Dionysiaques. Mais ces concours existaient déjà quand Eschyle n*était pas encore né, et éclipsaient l'éclat des concours lyriques. Un des archontes, celui dont le nom désignait légalement la date de l'année, l'archonte éponyme, choisissait parmi les compétiteurs les trois poètes dont les ouvrages lui paraissaient le plus dignes d'être représentés; et il donnait à chacun d'eux un chœur, selon l'expression consacrée, c'est-à'-dire qu'il les autorisait h faire apprendre leurs vers aux acteurs, et à disposer, pour la représentation, d'une troupe dont le chorége, qui était quelque citoyen opulent, fournissait l'habillement et l'entretien. Chaque poète présentait au concours quatre pièces, trois tragédies et un drame satyrique, autrement dit une tétralogie. Les trois tragédies pouvaient être ou sur des sujets isolés et complètement divers, ou sur des sujets tirés de la même légende, et qui se faisaient suite les uns aux autres. Dans ce dernier cas, l'ensemble tragique prenait proprement le nom de trilogie. Le drame satyrique était comme la petite pièce du spectacle, et servait à remettre les assistants des impressions mélancoliques produites par la représentation successive des trois tragédies. Vers le milieu du cinquième siècle, la tétralogie ne fut plus exigée : les poètes luttèrent pièce contre pièce, surtout depuis l'introduction de la comédie dans les concours; et l'archonte put donner un chœur à plus de trois poètes à la fois. Au temps de Ménandre et de Philémon, il en choisissait jusqu'à cinq, du moins pour le concours des comédies.
Au temps de Phrynichus, de Pratinas, de Chœrilus, et même durant une partie de la carrière dramatique d'Eschyle, c'était le peuple lui-même qui réglait, par acclamation, les rangs des poètes dont il avait vu représenter les nouveaux ouvrages. Plus tard, on institua un tribunal de cinq juges, tirés au sort, qui assistaient aux représentations, et qui pro-
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descriptions; mais les débris considérables des tbé&tres grecs parlent encore aujourd'hui , et servent de commentaire aux obscures indications des écrivains. Nous sommes en état de deviner et ce qu'étaient les édifices eux-mêmes, et comment s'y passaient les choses.
Le théâtre était entièrement découvert, et les représenta^ tiens se faisaient en plein jour. La scène, ou, compte on disait plus exactement, le logèwm^ le parloir, était une longue plate-forme , qui n'avait qu'une médiocre largeur, et qui présentait un parallélogramme régulier. Les gradins occupés par les spectateurs décrivaient un demi^cercle, et le banc inférieur était au niveau du logéum. L'espace vide ejatre le logéum et l'amphithéâtre, c'est-k-dire l'orchestre, ou la place de danse, s'enfonçait un peu au-dessous, et ne conte» nait pas de spectateurs. C'était comme un prolongement de la scène, car le chœur y faisait ses évolutions. Au point cenr tral d'oii partaient les rayons du demi-cercle, en avant du logéum, et à l'extrémité d'une ligne qui aurait partagé le parallélogramme en deux portions égales , s'élevait la thyr fnèle, ou, suivant la force du mot, l'autel du sacrifice; trar dition manifeste du vieux temps de la tragédie-dithyrambe. Peut-être continua-t-on, durant de longues années, d'immoler à Bacchus le bouc accoutumé, surtout dans la représentation des pièces tirées de la légende du dieu; mais, )i la fin, la thymèle, tout en conservant son nom et sa signification sym* bolique, avait cessé d'être employée à cet usago, et servait uniquement de place de repos aux personnages du chœur. Les simples choreutes restaient debout ou assis sur les d^ grés de l'autel, lorsqu'ils ne chantaient pas; et c'est del^ qu'ils regardaient l'action à laquelle ils étaient intéressés* Le coryphée j littéralement le capitaine, le chef de la troupe chorale, se tenait dans la partie la plus élevée de la thymèû, observant ce qui se passait dans toute l'étendue de la scèpe, prenant la parole quand il fallait qu'il se mêlât au dialogue, et donnant k ses subordonnés le signal qui réglait ieprs chants et leurs danses.
Les décorations de la scène représentaient d'ordinaire la façade d'un palais ou d'un temple, et, dans une perapective
objet, d*en ajouter quelque autre, un et d'ouvrir, au besoin , la porte du iet 8*il était nécessaire de voir ce qui se p; décorations latérales, dressées sur de faces et tournant sur pivot, pouvaient senter successivement leurs tableaui aux lieux décrits ou simplement nom poète.
Les machinistes anciens obtenaient, ou moins savants, des résultats frappa veilleux. Ils imitaient la foudre et les Técroulement des maisons : ils faisaien du ciel, dans des chars ailés, sur des sorte de montures fantastiques. Leur ar chyle, devait avoir fait déjà de grands dans le Prométliée enchaîné ^ le chœur ver, suivant son expression , par la r porté tout entier sur un char volant.
le vieil Océan, à cheval sur un dragon dies d'Aristophane supposent presque d< ginations les plus étranges , des choses possibles sur notre scène » y sont kthi
dans certains cas, qu'un prolongement et une conclusion de rhistoire déroulée successivement à travers les trois compositions tragiques. Les Grecs ignorèrent toujours ce que nous eDiendons par actes et par entr*actes; et, comme on ne voit dans les pièces la mention d*aucun préparatif qu*il fût nécessaire de cacher, le rideau, si Ton s*en servait dans les temps anciens, ne fermait la scène qu*en attendant le commencement du spectacle, et peut«^tre aussi durant les iotervalies d'une pièce à une autre.
La tragédie, ainsi que le drame satyrique et plus tard la comédie, avait pourtant des parties distinctes; et les auteurs anciens nous citent quelquefois les noms de monodieSy de stasima^ de commata^ à'exodes^ et d'autres plus ou moins utiles à retenir. Sans entrer dans aucune discussion à ce sujet, je dirai que la tragédie antique se montre à nous comme un ensemble de chants lyriques et de dialogues, étroitement unis les uns aux autres, mais différant profondément et par le caractère et par les rhythmes poétiques. Les successeurs de Thespis avaient adopté pour le dialogue, et en général pour tout ce qui concernait l'épisode ou le sujet dramatique, le vers ïambique trimètre, qui se rapprochait, plus que tout autre, de la simplicité du langage courant, et qui était capable, comme dit Horace, de dominer les tumultes populaires. C'est en ïambes que parlaient les héros, soit entre eux , soit avec le chœur; et le chœur leur répondait en ïambes. Quand le chœur se séparait en deux moitiés, pour délibérer sur quelque question perplexe, et qu'il s'associait ainsi, quoique indirectement, à l'action dramatique, il se servait aussi du mètre approprié h l'action, comme Horace caractérise encore le vers ïambique. Le vers trochaïque tétramètre ne paraissait que dans les circonstances où le dialogue prenait une couleur plus vive, une véhémence inaccoutumée, et qui sentait non plus seulement l'action, la marche régulière, mais la marche rapide, la course enfin , selon la force du mot même de trochée.
de Pindare, avec strophe , aiUift ce chant n'étaient, pas plus qm dans le sens ordinaire de ce mq par pieds : c'étaient des rhythi fixe, et qui dépendaient uniquei La strophe, comme dans Texéci c'est-k-dire le tour^ était ce que l( première évolution, et Tantistroi chantait en revenant au point de au repos, devant la thymèle. Puis le autant de fois qu'il y avait stroph< Il serait intéressant peut-être < nature des accompagnements affi du poème dramatique ; ou quelle i tragédie antique pouvait avoir ave( les personnages en scène se bornai centuée; ou enfin si hpafaloge e on nommait la manière de dire le chose d'analogue à notre récitatif marquer que la musique était touj plicité , même dans les morceaux poëte ne disparaissait dAVA»» ^ —
OmOINES nu THBATRE grec, S67
Le eoiyphëe, qui dirigeait tous les mouvements du chœur, qui parlait au nom de tous, qui entonnait le chant, et dont le chœur imitait les intonations et même les gestes; cet homme, qui était à la fois chef d*orchestre, mettre de ballet et premier chanteur, ne pouvait être qu'un artiste consommé dans la pratique de l'art musical et chorégraphique ; mais les choreutes n'étaient bien souvent que des chanteurs et des danseurs d'occasion, des jeunes gens de famille pour qui c'était une récréation agréable de chanter de beaux vers , et de déployer dans les danses leur souplesse et leur grâce. GeuK qui jouaient les grands rôles dramatiques étaient aussi des artistes dans toute l'acception du mot, et quelques-uns même se sont fait un nom célèbre ; mais les rôles secondaires se donnaient au premier venu. Le poète, selon ses moyens, se réservait à lui-même le rôle le plus à sa guise , et, au besoin , celui de quelque personnage muet. Il paraissait sur la scène, soit à un titre soit à un autre, afin de surveiller ainsi de plus près l'exécution de ses ordres, et d'assurer, autant qu'il était en lui , le succès de la représentation.
Les poètes dramatiques n'étaient nullement tenus de figurer en personne sur le théâtre. Ils finirent même par s'en dispenser tout à fait, et ils laissèrent toute la besogne à ceux dont c'était le métier, et qu'on nommait les hommes de la scène, les hommes de Bacchus, les artistes de Bacchus. Quant aux répétitions, c'était tout autre chose. L'archonte éponyme, en accordant un chœur, imposait au poète de sérieux devoirs. Il s'agissait de faire comprendre aux artistes ce qu'on exigeait d'eux ; de les initier profondément au sens des compositions nouvelles qu'ils allaient interpréter euxmêmes à la foule; de leur donner ces leçons sans lesquelles l'œuvre la plus parfaite courait le risque de rester lettre morte et pour eux et surtout pour les spectateurs. Le poète seul était capable de pareils soins : c'était lui qui réglait et disposait souverainement toutes choses; c'était lui qui enseignait, selon le terme consacré (^iSàaxaiv), sa pièce ou ses pièces
«••lA^Ut^tAO
Quintilîen interprète à sa façon c< chyle le premier mit des tragédii de Thespis, de Phrynichus, de « suffiraient à eux seuls pour convai du rhéteur latin. Quand Eschyle pa déjà que la tragédie était constitué struit; l'appareil scénique existait étaient fixés; les concours dramati éclat, et ils conviaient périodiqueme population de TAttique aux fêtes de disons donc pas, avec Quintilien, qi mier des tragédies au jour. Eschyle n la tragédie. Non, certes; mais il a ( souffle divin , la vie et la durée imnn grande, la véritable , Tunique inventif aussi qu'on représentait des tragéd quand la merveille du Cid a paru : c'é nier, Hardy, Tristan , Mairet , Rotrc Corneille est le père de la tragédie quel sens Eschyle est le père de la trs comment W. Schlegel a pu dire que mée de toutes pièces, du cerv^" -*•■
TU D*BSCHTLV. — TRAGÉDIES d'ESCHTLE.— DRAMES SATTRIQUES D'ESCRTLE. — GéSIK LYRIQUE ET DRAMATIQUE D*ESCBTLB. — POÉSIE d'BSCHTLE.
Tle d'BMiiyle.
Eschyle naquit en Tan 525 à Eleusis, ce dème ou bourg de TAttique où Gérés avait le plus fameux de ses temples. Il était frère des deux héros Cynégire et Aminias, célèbres dans les récits des guerres Médiques. Il combattit lui-même , et en brave , à Marathon , à Salamine et à Platées. A Marathon, il fut blessé; et, dans l'épitaphe qu*il fît pour son tombeau , il oublia le poète, et ne se souvint que du soldat : « Ce monument couvre Eschyle, fils d*Euphorion. Né Athénien , il mourut dans les plaines fécondes de Gela. Le bois tant renommé de Marathon et le Mède à la longue chevelure diront s*il fut brave : ils Tout bien vu ! >
A répoque où Eschyle combattait à Marathon , il avait trente-cinq ans, et il s*était déjà fait un nom au théâtre. Il avait lutté, six ans auparavant, contre Pratinas, et il n'avait pas eu le dessous. Gette première victoire fut suivie de douze autres victoires. Il n'y a donc pas à se lamenter, comme ont fait quelques-uns, sur l'injustice des Athéniens envers leur grand poète : cinquante-deux pièces d'Eschyle ont été couronnées. « Je consacre mes tragédies au temps ; » ce mot d'Eschyle n'est point une récrimination à propos de quelque échec non mérité peut-être , mais seulement l'expression du juste orgueil d'un homme qui avait conscience de son génie.
Eschyle, trois ans avant sa mort, c'est-à-dire vers l'an 460, quitta Athènes, et se retira en Sicile. L'enthousiasme des Siciliens pour la grande poésie explique sufGsamment et le départ d'Eschyle, et son séjour prolongé dans un pays où il vivait comblé d'honneurs. Il est ridicule de d\t^^^\svcsv!^
rao »t vs
dit qu*il avait fui d'Athènes parc tion d'une de ses pièces , les grad taient écroulés : ce qui est beaui encore.
Eschyle continua, dans sa retr sa vie. Il composa des tragédies t présenter à l§yracuse, ou dans qu artistes siciliens. Le récit que Yali d*Ëschyle est connu de tout le mom Fontaine sur la destinée. Mais cet tue, qui prend une tête chauve pou et qui laisse tomber dessus sa proi( bien Tair d*un de ces contes à dor a tant fait sur la vie mal connue c chyle mourut à l'âge de soixante-ne notre ère. Son tombeau était h Gél; que j'ai citée. Pendant longtemps c poètes dramatiques, l'objet d'un eu dit-on , le visiter avec toute sorte d rait point, hélas! qu'on y respira que tous ces visiteurs en aient jan peut-être des intentions mA^«n>^""
ISCHYU. 271
(911 qu'«ll#8 trtompbèrenl de nouveau. * Ma poésie n'est point morte avec moi , » s'écrie fièrement {Ischyle dans les GwimMles d'Aristophane. Nul autre poète , pas même Sophocle, pas même Euripide, n'obtint de vivre ainsi une seconde fois. Gomme Euripide et Sophocle, Eschyle eut une statqe de bronze dans Athènes; et l'on voyait encore, au temps de Pausanias, dans le théâtre d'Athènes, le portrait d^Eschyle, peint à côté des portraits de ses deux émules. Eschyle eut même ses rhapsodes , k la façon d'Homère : ils chantaient , une branche de myrte à la main.
Le nombre des pièces d'Eschyle dont on connaît les titres est considérable, et monte h soixante*dix aii moins, tragédies ou drames satyriques. Il nous reste sept tragédies seulement , et quelques lambeaux des autres pièces.
Le Prométhée enchaîné est le tableau du supplice infligé par Jupiter à celui des Titans qui avait eu pitié de la misère et de l'ignorance des hommes. Vulcain , assisté de la Puissance et de la Force , enchaîne Prométhée sur un rocher escarpé , au sommet d'une montagne entre l'Europe et l'Asie. La victime garde un profond silence , malgré Talfectionque lui témoigne Vulcain. Prométhée attend, pour donner un libre cours h ses plaintes, le départ des bourreaux. Les nymphes Qcéanides accourent pour le consoler; l'Océan, leur père, vient comme elles, et essaye de faire fléchir, devant Jupiter, cette âme obstinée. Il part sans avoir rien obtenu. Ip parait à son tour, amenée par ses courses errantes jusqu'en ce^ climats lointains. Elle raconte ses malheurs, et le dieu captif lui prédit la fin de ses tristes aventures. Il laisse échapper des paroles qui éveillent Tattention de Jupiter. Hercpre descend du ciel, pour forcer Prpméft]^, à s'expliquer; m^is Prométhée demeure inébranlable S teuleS'i?!!^^- . menaces. Mercure se retire; le tonnerre gronde, les ventft * sifflent , la mer se soulève , le rocher vole en éclats , brisé par la foudre; et Prométhée est abîmé sous les débris.
Eschyle ay^it composé d'autres pièces dont la légende de
antiques , tandis que les Perses éU temporain. Il n'y avait pas sept ans < honteusement dans ses entreprises a la Grèce, quand Eschyle le fît paraitn son désespoir et celui des siens h la tre. La pompe du spectacle avait de les yeux : des vieillards assemblés qi conduite des affaires d'un vaste emp mains ; une reine effrayée par un son fond de son tombeau ; un autre roi , t % et maintenant seul, abandonné de te
armée, sans cortège, les vêtements troublé par la douleur. Ce n'est là po le costume, si je puis dire, de cette t est vers les rives de cet Hellespont, tant de pompe , et puis avec tant d'igr vers les côtes de Salamine et les chai dans les magnifîques récits dont tremi véritablement l'action , le drame , tout Les Sept contre Thèbes sont le sujet théâtre sous des titres différents, et, { des Frères ennemis. Seulemfint /«•—
KSCUYLE. 273
neots de la tragédie- Hais ce qtii la remplit d'un bout à Faulre, c'est la terreur et la pitié, ainsi que parlaient les anciens critiques ; c'est le destin de cette ville, que menacent l'incendie et le pillage; c'est surtout la vie, lesourOebelliqueui; c'est l'esprit de Mars , suivant l'etpresBiou d'Aristophane.
Les Sept contre Thébes faisaient partie d'une tétralogie ainsi composée : Laiui, Œdipe, les Sept, tragédies; le Sphinx, drame satyrique. Eschyle avait été vainqueur; et tes deux rivaux étaient Aristias et Polyphradmon , inconnus iDJourd'hui. Voilh ce que nous apprend une didascalie récemment découverte. Elle nous donne aussi la date de la représentation. C'était sous l'archontatde Théagénidès, dans la 78* olympiade, c'eat-h-dire en Tan 468 avant notre ère. Les trois tragédies, comme on peut voir, se suivaient l'une l'autre; et le drame satyrique, sans en être la conclusion, élail du moins tiré de la même légende que tout le reste de la tétralogie.
VOrestie, ou la trilogie formée d'Agatnemnon, des Choéjihores et des EwninitUs, est, avec l'/Imi/e et VOdyssie, la plus grande œuvre poétique que nous ail léguée l'antiquité, il n'y a rien, ni dans le théâtre grec, ni dans aucun théfitra, qu'on puisse mettreen parallèle avec ce gigantesque drame, ni pour la grandeur de la conception, ni pour cette vigueur de ton qui s'allie sans effort avec la naïveté et la giâce. Sans doute, pris k part, considéré uniquement en soimême, aucun des trois poèmes de la trilogie n'est un tout complet , et qui satisfasse véritablement l'esprit; et rien n'est plus vrai peut-^lre, sous ce rapport, que quelques-uns des reproches exprimés par la critique ignoraute et k courte vue : l'exposition de VAgamemnoneit trop prolongée; celle des Choiphores l'est trop peu, et elle manque de clarté ; et rien n'est motivé que vaguement dans les Eiiménides. Mais les trois pièces ont entre elles un lien indissoluble : c'est de suite qu'il les faut lire, comme jadis elles étaient représentées; l'une amène l'autre, et la prépare , et l'explique; et l'exposition immense de VAgamtmnon n'a que l'étendue proportionnée à l'immensité de t'actîoD tripla et une qui se dév^ppe dans VOrtttie.
974 CHAPITRE XYlIl.
Une ligne de signaux par le feu , qu'Agamemnon a fait établir, doit annoncer à Argos la prise de Troie, le jour même où succombera la ville de Priam. Un homme veille sur le toit du palais des Atrides , épiant , dans Tobscurité de la nuit, la lueur de la bonne nouvelle. Il allait se désespérer, quand il voit briller le joyeux signal. Il descend éveiller la reine. Cependant le chœur parait : ce sont des vieillards^ que les infirmités de Fàge ont empochés de suivre Agamem« non. Us chantent et l'origine de la lutte entre TEurope et TAsie, et les prophéties de Calchas^ et le sacrifice dlphigénie à l'autel de Diane. Clytemnestre vient se réjouir avec eux de la nouvelle qui met iin à toules les anxiétés. Puis, le temps s*e8t écoulé ; et un héraut arrive, qui décrit le spectacle de la prise d'Iiion. Bientôt Agamemnon entre lui-même sur la scène, avec Cassandre, sa captive. Clytemnestre fait à son époux un accueil empressé ; Agamemnon entre dans le palais; mais Cassandre reste muette et immobile à tous les témoignages d'intérêt que lui prodigue la reine. Seule avec le chœur, elle est saisie tout à coup de Tesprit prophé« tique : elle décrit tous les forfaits dont le palais a déjà été ensanglanté, et tous ceux qui se préparent; puis, entraînée par une force irrésistible, elle court se livrer au fer des boui^ reaux. On entend les cris d'Agamemnon qui expire; le palais s'ouvre , et Clytemneslre, debout à côté des deux victimes , se glorifie d'un meurtre qui n'est à ses yeux que la juste vengeance du meurtre d'Iphigénie. Ëgisthe, àsontour, vient s'applaudir de la part qu'il a prise, par ses conseils , à Tassassinat d' Agamemnon.
Il s'est écoulé plusieurs années ; la deuxième action commence. Oreste a grandi ; l'oracle lui a commandé de punir les meurtriers de son père. Il revient de son exil, accompagné de Pylade, et il s'arrête près du tombeau d'Agamemnon. Il invoque les mânes paternels, et annonce ses projets de vengeance. Cependant, conduites par Electre, des captives troyennes viennent faire des libations ^ : c'est Clytemnestre
I . Oe là le titré âe la pièce. Le mot ekoépkores sifnUle les portrasM de UbaUoni.
[tti les envoie, afin de détmnrttcr de funestes présages. Le
:rère et la sœur, après s'être reconnus, méditent ensemble
les moyens de se défaire de leurs communs ennemis. Oreste
se donnera pour un étranger, pour un homme du pays oii
a^ait été élevé le fils d'Agamemnon. Lui-même il apportera la
nouvelle de sa propre mort; on le recevra dans le palais, et
les assassina périront à leur tour. Tout s'exécute en effet
selon le plan convenu. Égisthe et Clytemnestre reçoivent le
juste salaire de leur forfait. Oreste fait déployer devant le
peuple d'Argoa le voilo où les meurtriers avaient enveloppé
8oa père pour Tégorger sans qu'il pût se défendre. Mais
tout à coup il sent que sa raison s'égare, et il annonce qu'il
YE se réfugier à Delphes, auprès du dieu qui a commandé
le parricide.
Au début des Euménides , le poète nous transporte devant le temple de Delphes. La Pythie s'apprête h y entrer, pour se placer sur le trépied prophétique. Elle s'arrête sur le seuil du temple^ saisie d'une horreur profonde : elle a vu Oreste, les mains dégouttantes de sang, et, autour de lui , les Furies qui dormaient, accablées par la fatigue. Oreste sort, conduit par Apollon^ et va chercher un nouvel asile, où les Furies puissent le laisser en repos. L'ombre de Clytemnestre parait, et tire les Furies de leur sommeil. Rien ne saurait rendre ni le terrible réveil de ces êtres affreux, ni i'acent infernal de leurs chants. Apollon les chasse de son sanctuaire. Alors la scène change, et nous voyons le temple de Minerve et la colline de Mars. Nous sommes à Athènes. Oreste tient embrassée la statue de la déesse ; mais les Fu-* ries sont déjà là, et réclament leur proie. Pallas accourt, à la prière du suppliant : elle se charge du rôle d^arbitre entre les deux parties. Elle s'entoure de juges équitables; la causa est débattue , et le nombre des suffrages est égal des deux côtés. Pallas^ qui n'a pas encore donné le sien, décide le procès en faveur d'Oreste. Les Furiel ne contiennent pas leur colère ; mais elles se calment peu à peu, persuadées par l'éloquence de Pallas. Elles promettent de bénir le sol de TAttique ^ où Pallas leur offre un sanctuaire ; elles se mon-» treat dignes da tiâm nouveau qu'elles vont çûtt^t^ \aib¥à>4r^
les afmitures de Ménélas en Egypte, «
séquent à cette trilogie, comme le Spl
faisaient partie les Sept contre Thèbes.
prix sur ses compétiteurs; et c^est en
faisait ainsi justice à son génie, ou c
temps après, qu'il quitta TAttique et <
cile. Nouvelle preuve qu'il ne dut pas q
une misérable contrariété littéraire.
Le lexicographe Pollux nous a conser
représentation de VOrestie^ ou du moii
tions qui, sous leur exagération manifes
sures témoignages de l'impression prc
certains faits sur l'imagination des peupl
qu'à l'instant oîi les Furies apparurent ,
où la pâleur était peinte, avec leurs t
leurs serpents entrelacés sur la tête, tou:
rent saisis ; mais quand ces monstres v
rent leurs danses infernales et poussèren
après la fuite d'Oreste, l'effroi glaça t
femmes avortèrent, et des enfants expii
vulsions.
Les Suppliantes sont la plus simple de d'Eschvle. et npiit-^*— ->- -
naitre au roi Pélasgus, comme des rejetons de la race d'io; et le peuple argien les prend sous sa protection. Les fils d'ËgyptuB envoient un héraut pour réclamer les fuf;itlves : Pélas^us répond courageuBement k butes les menaces; et Danaûs, avec ses filles, est honorablement reçu dans Argos.
Nous ne pouvons nous faire qu'une idée fort imparfaite de l'espèce de verve comique qu'un homme de ]a trempe d'Eschyle avait pu déployer dans les drames qui complétaienl ses télralogies. Ce qu'il y a de certain , c'est qu'Eschyle avait excellé dans ce genre, au témoignage des anciens, et que ses drames satyriques l'emportaient et sur ceux de Sophocle , et sur ceux d'Euripide même. Une chose dont nous pouvons juger encore aujourd'hui, c'est que sa muse ne croyait pas déroger en quittant le ton grave et l'accent passionné, pour rire un instant avec les satyres et égayer le bon Bacchus. Je n'en veux pour preuve que ce passage des Argims, oii l'on voit comme un avanl-goût des grotesques in- " tentions des Eupolis et des Aristophane : • C'est lui qui se servit contre moi d'une arme ridicule. 11 me lance un fétide pot de nuit , et il m'atteint. Au choc, le vase se brise en éclata Eur ma télé , exhalant une odeur qui n'était pas celle des vases k parfums. -
On ne conteste guère aujourd'hui la valeur littéraire des poèmes d'Eschyle, et l'on s'accorde en général à reconnaître, dans l'auteur de Prométhée et de l'Ûrutie, un des plus puissants génies qu'il y ait jamais eu au monde. Mais quelquesuns borneraiunt voloiiliers sa gloire k l'enthousiasme lyrique , ti la noblesse et k la pompe du style , k la grandeur des images , à l'originaliJé de la diction. Sans doute, Eschyle est un poète lyrique avant tout ; et l'on sent encore, à travers sa tragédie , le soufQe de l'antique dithyrambe. Mais Esdiyle n'est pas tout entier dans les chante qu'W'ÇT^^ «n>
pu taxer d'obscurité impénétrabl que ceux dotit parlent la pluparl un penseur ^ non moins qu'un ar rolee. Ce n'est pas pour rien qi mystères d'Eleusis, et que Cén eomme il s'exprime lui-même dafl phane ; ce n'est pas pour rien qu' des adeptes de la secte pythagorit profonds ; et les grandes idées mot prête plus convaincu ni plus digi lyrique ne se tient pas toujours da et que le chœur trace quelquefois cheur et d'une naïveté exquises , < charmantes productions d'Anacréoi , pelle sur ce point à ceux qui ont lu et les consolations qu'elles adresse pas jusqu'à YAgamemnon où l'on n( sentiment et de grâce. Ainsi le porti dans llion : « Ame sereine comi beauté qui ornait la plus riche par çaient à l'égal d'un trait, fleur d'à ainsi encore la peinture de la doal
fui In dp Rnn Ir^^^*— *
pUcit^. C'est une situation presque fixe , presque imnaobile ; chaque rôle n*est qu'un sentiment unique, qu'une idée, qu*une passion , celle que commande l'unique conjoncture : c'est l'unité absolue , ou plutôt oe sont des lignes parallèles» selon Texpression de Népomucène Lemercier ; mais la grandeur de ces lignes et leur baroionie sévère sont d'un im-! mense et saisissant effet. L'absence de mouvement dramar tique et de péripéties n'ôte pas tant qu'on Timagine h l'intérêt du spectacle et à l'émotion du spectateur. Les tragédies d'Eschyle en sont la preuve. Mais il faut dire que ces grands récits qu'Eschyle met dans la bouche des personnages ne sont guère moins propres à frapper les esprits que ne ferait la vue môme des choses. C'est une hypotypose perpétuelle, pour parler comme les rhéteurs; c'est une vie si réelle et si puissante, qu'on a vu de ses yeux ce que l'esprit seul vient de concevoir , et qu'on oserait presque dire : « J'étais là ! » Oui, nous connaissons les sept chefs aussi bien que s'ils avaient paru en scène; oui, nous avons vu Glytemnestre frapper Agamemnon; oui, nous étions avec le soldat-poête sur cette (lotte qui sauva» à Salamine, la Grèce et peut-être le monde. Les critiques anciens prétendent qu'Eschyle fut le premier qui introduisit sur la scène un deuxième interlocuteur; c'est-à-dire qu'avant lui , tout se passait entre le chœur et un seul personnage , et qu'il n'y avait pas de dialogue de deux personnages entre eux. Qu'Eschyle soit ou non l'inventeur du véritable dialogue dramatique, peu nous importe; mai3 il y a excellé avant Sophocle , et ses personnages se donnent la réplique avec une verve et un entrain qu'on a pu égaler peut-être, mais surpasser jamais. L'unique supériorité de Sophocle, c'est d'avoir fait un habile usage du troisième interlocuteur , qu'on voit à peine figurer dans Eschyle. Hais , pour le dialogue à deux, je ne crois pas qu'il existe rien de plus vif et de plus vraiment dramatique que maint passage d'Eschyle que je pourrais citer , entre autres celui où le poète met en scène Prométhée et Mercure, et dont je rappellerai quelques traits ^