LA POÉSIE GRECQUE AYANT HOMÈRE
poose d'Agamemnon qu'en ëloiguant le préservateur de sa loU. Après les rois et les héros , après les prêtres et les défias, interprètes des Tolontés divines, ou plutôt à côté d'eux, lesaèdtô dominent , de toute la hauteur du génie et de la pentes, la tourbe des hommes libres et des esclaves. Les simfks instruments qui servaient alors à soutenir les accents de liToii, la cithare et la phorminx, qui n*étaient pas encore toat à fait la lyre , ne semblaient pas indignes même de la main des héros. Achille ne déroge point en faisant , pour son ^aisir propre, ce que les aèdes font pour le plaisir d'autrui. Quand on essaya de le tirer de sa funeste inaction, les dépatés qu'on lui adressait « le trouvèrent charmant son âme avec la phorminx harmonieuse... ; et il chantait les glorieux exploits des guerriers. Patrocle se tenait en silence, assis Tis-à-vis, et attendait qu*Éacide eût cessé de chantera >
Je sais bien tout ce qu'il faut revendiquer, dans ces tableaux, pour la fantaisie du poète qui les a tracés; je sais qa'Homère voyait déjà l'époque héroïque dans un lointain favorable à la perspective : il croyait le monde dégénéré; et ces hommes qu'il peint trois et quatre fois plus vigoureux que ceux parmi lesquels il vivait lui-même , il était laturellement porté à les faire plus vertueux aussi, plus iotelligents , plus passiçnnés pour la musique et la poésie. Hais, sous l'exagération épique, on sent vivre une réalité Téritable , une société qui n'est pas sans culture , et où règne encore, suivant le mot de Fénelon, l'aimable simplicité du monde naissant. Je ne pense même pas que les aèdes acmmés dans les poèmes d'Homère ne soient que des perlonnages inventés à plaisir : ils ont existé; et leur nom au moins, sinon toute leur légende , doit figurer dans l'histoire.
Un de ces aèdes , Thamyris, qu'Homère rappelle à propos ie Dorium une des villes de Nestor, est encore un Thrace; mais ce n'est plus le ministre des dieux : il ne diffère pas des