‹ Histoire de la littérature indienneChapitre 2 sur 23 · H AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

H AVERTISSEMENT

la conquête ; elle a de plus prêté son secours à l’archéologie, et l’a aidée à lever en partie le voile qui couvre encore le mystérieux orient : ainsi la philologie, l’ethnographie, l’épigraphie trouvaient dans la langue sanscrite un puissant auxiliaire. Mais en même temps que ces sciences obtenaient, avec son secours, ces précieux résultats, elle n’en poursuivait pas moins ses patientes investigations dans son propre domaine, et elle étendait peu à peu les limites du champ où elle s’exercait. Toutefois, ce champ immense avait été attaqué sur bien des points à la fois ; de nombreux défrichements faits simultanément avaient ouvert de longues perspectives, la langue et la littérature avaient été prises et étudiées à des époques fort diverses de leur existence : mais, il faut le dire, il manquait un lien pour relier les admirables travaux dûs aux savants de l’Angleterre, de l’Allemagne et de la France ; il manquait, pour ainsi dire, une carte générale de celte contrée, récemment découverte par la science (1).

(1) Entre autres travaux, destinés à constater la marche et le progrès des études indiennes, nous citerons l’ouvrage de J. Gildemeister : Bibliothecæ sanscritœ sive recensûs librorum sans-

DU TRADUCTEUR. m

On comprend de suite quelles difficiles conditions imposait le soin de combler cette lacune. Posséder à fond les différents idiomes de l’Inde, ainsi que les diverses phases de leur développement, connaître la littérature de ce pays depuis son origine jusqu’aux temps modernes, et, par la littérature, refaire, pour ainsi dire, son histoire, aborder et discuter les nombreuses questions qu’elle renferme, fixer, au moins d’une manière relative, l’époque de ces monuments littéraires, et chercher ainsi à établir une chronologie intérieure, propre à diriger et à assurer les recherches ; telles étaient les conditions qu’exigeait une telle entreprise.

Cette immense tâche, M. Weber, le savant indianiste de Berlin, l’a abordée avec le plus grand courage, et l’a remplie avec le plus grand succès. Chacun sait l’incessante activité d’esprit de cet illustre philologue. « Je ne connais pas en Europe^ a dit de lui un éminent critique, de chercheur plus

critorum hue usque typis vel lapide exscriptorum critici speciraen • (Bonnœ 1847); et l’Essai critique sur la littérature indienne et les études sanscrites avec des notes bibliographiques par Ph. Soupé. (Paris, Durand, 1856).

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