‹ Histoire de la litterature italienneChapitre 149 sur 169 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Il n"y a peut-être pas un seul ouvrage, parmi ceux qui ont vu le jour depuis trente ans en Italie, où l’on ne puisse trouver une arrière-pensée politique. Grammairiens, commentateurs, rhéteurs, antiquaires, archéologues, tousse flattent, non sans raison, d’avoir rendu par leurs études, si désintéressées en apparence, autant de services à la cause nationale que les publicistes de profession. La poésie a cessé de chanter les princes, le roman les a relégués dans l’ombre ou dépeints sous les moins favorables couleurs; l’histoire les a flétris dans le passé et rendus suspects dans le présent par l’impartial récit des abus et des crimes où conduit presque fatalement le pouvoir absolu; la philosophie a soumis leurs titres à une révision sévère et proclamé les droits des peuples, trop longtemps méconnus. On a vu plus d’une fois quels effets pouvait avoir une querelle de philologie ou de théologie éclatant à propos : il n’y a pas d’armes qui ne portent coup dans des mains résolues à les employer.

Ce que devient l’art d’écrire parmi des populations si agitées, et momentanément si exclusives qu’elles se détourneraient de tout ouvrage où elles ne croiraient pas trouver des arguments à l’appui de leurs désirs, on le comprend sans qu’il soit nécessaire de lire le petit nombre d’écrits qui ont triomphé, dans ces dernières années, de l’indifférence publique. On ne pouvait demandera l’Italie, dans la crise où elle s’est si longtemps débattue, d’abandonner l’action pour l’étude du beau langage, et maintenant que l’heure semble venue d’un avenir meilleur, il le faut assurer par les derniers efforts, par les suprêmes sacrifices. Maîtresse de ses destinées, l’ilalie rendra à

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