‹ Histoire de la littérature latine au temps d'Auguste (volume 2)Chapitre 13 sur 46 · XXI · texte numérisé non relu

XXI

Cependant ni rinvraisemblancc de la donnée générale, ni la disproportion entro le caractère traditionnel des héros et le langage qui leur est prêté, ni labus que le poète fait assez souvent de son esprit, n'empêchent son œuvre d'avoir des qualités réelles. D'abord, il s'y trouve, malgré tout, de beaux tableaux tracés avec simplicité et des scènes décrites avec vérité. Voyez, entro autres, dans répître 13, le passage où Sapho se représente allant revoir, sous les ombrages de la forêt, le lieu témoin de ses amours'; dans 1 epître 10, la stupeur d'Ariadne à son réveil, quand elle se trouve seule sur sa couche*; dans l'épître 8, le souvenir gardé par Hermione du deuil qui remplit tout le palais paternel lors du rapt d'Hélène, et, un peu plus loin, le récit qu'elle fait de son enfance et de sa jeunesse privées des soins maternels jusqu'au retour de cette mèrequi ne la connaissait plus'.Remarquez,dans l'épitre 6, la précision du début de l'entrevue d'Hypsipyle avec l'hôte de Thessalie de qui elle réclame, dès qu'il parait, des nouvelles de Jason^.Une netteté dumêmegenre rend l'émotion de Laodamie à l'instant où elle perd de vue le vaisseau qui emporte son mari vers la guerre :

At postquam nec te nec vêla fugncia vidi,

El quod speclarem nil, nisi pontus, erat, Lux quoque tecum abiit, tenebrisque exsanguis obortis,

Succiduo dicor procubuisse genu.

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