IV, 7, V
Une seule pièce : Od. IV, 7.
6* Deux distiques composés d'un hexamètre dactylique et d*un phalisque :
— uw— uu— uu— uu— uu— —
— uo — uu — ou— —
Dant alios Furiae torvo speclacula Marli ;
Exilio est avidum mare nautis ; Mixla senum ac juvenum densentur funera, Dullum
SaBva caput Proserpina fugit.
Deux pièces : Od. I, 7 ; 28.
7*» Deux distiques composés d'un aristophanien et d'un grand saphique.
— uv:;— U — 5=^
— u uu— | — uu — u— —
Lydia, die per omnes Te deos oro, Sybario cur properes amando
Perdere? Cur apricum Oderit campum, patiens pulveris atque solis?
Une seule pièce : Od. I, 8.
8® Deux distiques composés d'un glyœnique et d'un petit cuclépiade :
uo— u^
uo— |— uu— u —
Audax omnia perpeti Gens humana ruit per velilum nefas.
Audax lapeli genus Ignem fraude mala geotibus inlulit.
Cette strophe forme douze pièces : Od. I, 3 ; 13 ; 19; 36;: III, 9 ; 15 ; 19 ; 24 ; 25 ; 28 ; IV, 1 ; 3.
Odes en strophes de 2 espèces de vers non distiques ou bien de 3 espèces.
9* Trois petits ascUpiades et un glyctmique,
UVJ — I— uu — u —
u^— |— ou -u —
— uo— I — u^ — u —
Pur» ri vus aquae, sil vaque jugerum Paucorum, et segetis certa fides me», Fulgentem imperio ferlilis Africse Fallit sorte beatior.
Cette strophe, qu'on appelle souvent /" strophe cLsclépiadey. forme neuf pièces : Od. I, 6 ; 15; 24; 33; II, 12 ; III, 10; 16 ;: IV, 5; 12.
:224 LIVRE TROISIÈME. GlI. V, S.
10° Deux pelils asclépiades, un phérécratien et un glyconitpie :
uu— I— uu — u —
ou — u
ou— u—
Te flagranlis atrox liora Ganiculœ Nescil tangere ; tu frigus amabile Fessis vomere Uurîs Prsbes, et pecori vago.
IHJ3, V. 9-12.
Appelée S« asclépiade, cette strophe forme 7 pièces : Od. I, 5; 14 ; 21 ; 23 ; III, 7, 13; IV, 13.
Notez que les vers asclépiades ont une grande impo^ tance puisqu'ils figurent à la fois dans les odes monostiques, dans les odes en distiques et dans les autres. Les petits servent à la composition de quatre sortes de strophes et de 31 pièces (y compris Tod. IV, 8); les grands, à celle d'une strophe de 3 pièces : en tout de 34 odes.
IP La strophe saf'hique, à elle seule, en forme 26. Elle se compose de trois petits saphiques et d'un adoniqtie.
— u ou — u— —
— o uu— u — —
-uu-^
Rébus angustis animosus atque Fortis appare ; sapienler idem Contrahes vento nimium secundo Turgida vêla.
II, 10, y. 21-24.
Les 26 pièces sont : Od. I, 2; 10; 12; 2J ; 22; 25; 30; 32; 38; 11,2; 4; 6; 8; 10; 16; 111,8; 11; 14; 18; 20; 22; 27; Cantien saeculare ; IV, 2; 6; 11.
12° La strophe alcaiqiie est la plus importante de toutes. Elle se compose de deux alcaïqaes proprement dits (hendé-
casyllabes), d'un lambique dimèlre hypercatalectique (décasyllabe) et d'une tétrapadie logaédique (enuéasyllabe) ;
^-^ I -uu-uî^
i^ — u I — uu~u—
0 Diva gratum quae régis Antium, Prsaeens vel iino tollere de gradu Morlale corpus, vel superbos
Yerlere funeribus triumphos.
37 pièces : Od. I, 9, 16, 17 ; 26 ; 27 ; 29; 31 ; 34; 35 ; 37 ; II, 1;3;5;7;9;13; 14; 15 ; 17; 19; 20 ; III, 1; 2; 3; 4; 5; 6 ; 17; 21 ; 23; 26 ; 29 : IV, 4 ; 9 ; 14 ; 16.
Par ce tableau complet vous voyez : 1° que, si vous y i^outez les espèces de vers et de combinaisons employés dans les Épodes et qui ne reparaissent pas dans les Odes, le nombre total s'élève pour les vers à 23 et pour les combinaisons à 17. Jamais pareille variété n'avait été montrée. Catulle était bien entré dans cette voie; il avait fait usage de 12 sortes de vers dont quatre introduites pour la première fois à Rome et avait, le premier aussi, produit certains genres de strophes \ Mais il y a loin de son rôle à celui d'Horace dans le développement de la poésie latine. Horace ne lui a pas fourni moins de 12 vers nouveaux et la plupart des strophes dont il use y sont introduites par lui. Ne croyez pas d'ailleurs qu'il se contente de transporter dans le latin sans aucune modification ce qu'il trouve dans le grec; il se fait une tout autre idée de sa tâche; il 86 préoccupe constamment d'approprier au génie latin les vers et les groupes de vers qu'il importe, soumet pour cela les uns et les autres à des règles savantes et ne se fait pas faute de corriger, chaque fois qu'il en voit l'utilité, les Eoliens» non moins qu'Archiloque, par tous les moyens à sa portée.
(1) Voir if partie, tom. ii, p. 570 sq.
226 LIVRE TROISIÈME. CU. V, t.
Keconnatt-il, par exemple, que le caractère grave de ht langue des Romains, très riche en spondées, en demande un emploi plus fréquent que celui qu*il remarque chez les poètes grecs, il se fait une loi de remplacer les trochées par des spondées dans tous les cas qui lui permettent cette substitution. Ainsi, la quatrième syllabe du petit saphique et la cinquième de Talcaïque proprement dit étaient indifféremment longues ou brèves pour les Éoliens ; et Catulle, dans ses saphiques, n'avait rien modifié sur ce point; lui ne s'accorde pas cette liberté ; d'un côté comme de Tautre» du deuxième pied il fait toujours un spondée. De même, en ce qui concerne la base du glyconique, du phérécratien et des asclépiadcs pour laquelle les Grecs usaient d'une liberté presque absolue, la composant de deux syllabes quelconques, il s'impose la règle invariable du spondée. Il montre encore à peu près la même sévérité pour l'anacruse de l'hendécasyllabe et de l'ennéasyllabe alcaïques, qu'Alcée et Sapho faisaient longue ou brève : sur ses 634 hendécasyîlabes, on ne trouve que 17 anacruses brèves» dont 12 dans les deux premiers livres et 5 dans le troisième ; sor ses 317 cnnéasyllabes, 9 anacruses seulement sont brèves, dont 8 dans les deux premiers livres et 1 dans le troisième; le quatrième livre ne présente aucune exception.
Les moditications apportées par lui à la césure ne sont pas moins importantes. Dans tous les vers de plus de quatre pieds, il introduit ou fixe une césure régulière qui les coupe d'une manière aussi semblable que possible à celle de l'hexamètre dactyliquc ou du pentamètre. Aussi ses petits asclépiades ne présentent-ils pas à cet égard la même irrégularité que ceux des tragiques grecs : ils sont tous coupés après le chorïambe :
Mxcenas atavis / édite regibus.
De même, ses grands asclépiades sont toujours coupés après chacun des deux chorïambes,
Nullam, Vare, sacra / vite prius / severis arborem,.
tandis que les Grecs, et Catulle à leur exemple, n'observaient, dans cette espèce de vers, que. la coupe après le deuxième chorïambe. Les hendécasyllabes saphiques et alcaïques présentent aussi une dilTérence très sensible ; lés Grecs, sous ce rapport, n'y suivaient, en réalité, aucune loi; Horace s'en donne une: pour l'hendécasyllabe alcaïque, il fixe une coupe invariable ^ après le deuxième pied devant le dactyle,
0 Diva gratum / quae régis Antium ;
et, pour le saphique, il en met une toujours dans le troisième pied, 2 fois sur 10 après la sixième syllabe, mais 8 fois sur 10 après la cinquième,
Fortis appare / sapienter idem.
La disposition des mots reçoit également des règles que ne connaissaient pas les Grecs. Ainsi, les cinq syllabes de Tadonique doivent être partagées comme les deux derniers pieds de l'hexamètre en 3 + 2 ou 2 + 3*. Dans le logaôdique de la strophe alcaïque (décasyllabe), lo deuxième dactyle ne doit pas se terminer avec un mot. Il ajoute aussi à la difficulté des asclépiades grecs en s'astreignant, contrairement à Catulle, à terminer chaque chorïambe avec un mot.
Enfin, si nous passons de la structure du vers à celle de la strophe, nous voyons, par la comparaison des exemples grecs que nous avons cités plus haut', que les strophes saphiques et alcaïques elles-mêmes ont été, dans leur importation, notablement changées. Elles étaient composées chez Sapho et chez Alcée de trois vers dont le troisième, formé de deux membres, ne comprenait pas moins de
(t) 5 exceptions seulement dans les 37 odes.
(9) Sur 205 adoniqucs^ Horace n'ofTre que 4 exceptions à cette régie.