LE MILLÉNARISME DE COMMODIEN
« Esto ergo talis qualem uult esse te Christus : « Mitis et in illo hilaris, nam saeculo tristis. « Excurre, labora, suda, cum tristitia pugna'. »
Pour cela, qu'il fuie les spectacles ^ ; qu'il se rende compte du peu que valent les études profanes, au prix de la rectitude de la volonté ' ; qu'il fasse de larges aumônes et accepte avec une entière résignation les épreuves que Dieu lui envoie *...
Ces exhortations grondeuses, adressées aux rudes (le mot signifie, non pas comme le croyait G. Boissiei" les (( ignorants », mais ceux qui ne connaissent pas le christianisme ou qui ne s'inspirent pas de son véritable esprit), prennent une force encore plus pressante, à la lumière des perspectives eschatologiques que le poète ouvre dans quelques pièces des Instructiones^, et surtout dans le Carmen Apologelicam. M. Monceaux * a remarqué que le tableau tracé par Commodien de la fin des temps est le plus complet que nous ait légué la fantaisie des « millénaristes » chrétiens. « Guidé j^ar la foi et par la Bible, Commodien évoque réellement devant ses yeux ces spectacles grandioses qu'il peint avec un enthousiasme de dévot sûr d'aller au Paradis, et avec une précision de témoin oculaire. »
A suivre la contexture du Carmen Apologeticum^ voici de quels traits il les a composés.
C'est au bout de six mille ans que viendra l'immortalité promise à l'homme. L'homme ressuscitera, reconnaîtra la vérité des promesses qui lui ont été