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et cette prétention qu'ils conservent de suppléer par des rites à la pureté de cœur qui leur manque : « Nos sumus electi ! dicentes '. » — Commodien n'oublie pas non plus les païens judaïsants qui vivent « douteux entre deux partis ^ » et courent à la synagogue pour revenir de là à leurs temples. Cette attitude équivoque sera leur perte : elle les voue aux tortures d'outre-tombe.
A l'égard des croyants eux-mêmes, il ne témoigne que de peu de mansuétude, à quelque rang qu'ils soient placés. Il reproche aux femmes chrétiennes leurs parures, leurs frisures, leurs yeux peints et leurs cheveux teints, tout cet attirail qu'elles devraient laisser aux courtisanes \ « Triomphez du malin, pudiques femmes du Christ, et ne montrez qu'en les donnant toutes vos richesses. » Il stigmatise aussi la vanité des funérailles somptueuses *, la brutalité de l'ivrognerie% les bavardages frivoles à l'église ^ Ses critiques n'épargnent pas non plus les gens d'Eglise, les u docteurs » qui, dans l'espoir d'un présent, font acception de personnes et autorisent certains relâchements ', les clercs qui n'observent pas la Loi qu'ils prétendent enseigner*. Tout autre est l'idéal du chrétien. Il doit accomplir virilement une tâche sans joie \ en cette vie qui n'est qu'une longue chaîne de douleurs et de tribulations :