‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 165 sur 460 · LE DE OPIFICIO DEI · texte numérisé non relu

LE DE OPIFICIO DEI

il entendait faire œuvre utile à l'usage de ceux qu'il appelait « les philosophes de notre secte ». L'opuscule n'est point lié aux circonstances, encore que l'auteur y fasse quelques allusions aux nuages dont le ciel se charge pour les chrétiens '. Il s'y adresse à un certain Démétrianus, un de ses anciens élèves, chrétien luimême, et, sans donner à ses démonstrations aucun point d'appui scripturaire, il essaie de venger la Providence des attaques de certaines écoles philosophiques qui incriminaient l'ouvrage divin considéré chez l'homme, âme et corps. Déjà Cicéron avait entrepris cette tâche ^; mais, au gré de Lactance, il n'avait pas su tirer tout le parti possible d'une si riche matière. A rencontre du pessimisme qu'affectaient les Epicuriens pour déconsidérer la notion même de Providence, Lactance démontre que l'homme n'est point disgracié au point où ces esprits paradoxaux le ravalent, puisqu'il a pour lui le langage, la raison, qui compensent ses manques ^ et que ceux-là mêmes qui lui préfèrent l'animal ne feraient pas la gageure d'échanger leur prétendue misère d'homme contre la stupidité de la brute *. Puis, analysant dans son détail la constitution physique de l'homme, il montre la parfaite adaptation des organes à leur fin. Il passe ensuite à la nature de l'âme, dont, à la différence de son

deux livres à Sévère et deux livres à Demetrianus (celles-ci sont citées par saint Jérôme, Ep. lxxxiv, 7, et Coin, in Gai. u, 4 [P. L., xxvi, SyS]). Le pape Damase déclarait ces lettres fort ennuyeuses par leur longueur et par le peu d'intérêt des sujets traités (métrique, géographie, philosophie) : cf. saint Jérôme, Ep. xxxv, 2. La date de composition de ces divers recueils est incertaine; 5° deux livres à Asclépiade, lequel avait lui-même adressé à Lactance un livre sur la Providence (cf. Inst. diu., Vn, IV, 17).

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