‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 170 sur 460 · Dlct. philos., article Ciel matériel · texte numérisé non relu

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bien aux vues les plus hautes de leur philosophie religieuse.

Une partie de ses démonstrations reposent donc sur de purs contresens. Comme théologien, il ne compte pas. Ce n'est qu'un vulgarisateur fort peu sûr, dont certaines interprétations manquent totalement de goût*. Il donne tête baissée dans les rêveries du millénarisme, à un moment où, en Orient du moins, elles tendaient à disparaître sous des interprétations plus sages ; et il prend même plaisir à décrire copieusement les phases de l'étrange apocalypse dont il se fait l'annonciateur ^ Cette eschatologie fantastique surprend d'autant plus que l'œuvre entière de Lactance est bien celle d'un homme qui propose une doctrine applicable à une longue durée d'humanité. Or il déclare que ces prodiges horrifiques surviendront avant deux cents ans^ 11 accepte passivement une tradition qui aurait dû lui répugner, et se classe parmi ces disciples de la lettre, solius litferae discipuli, dont, plus de cinquante ans auparavant, le grand Origène, traitant cette question du millénarisme, avait déjà gourmande l'exégèse superficielle *.

Lactance est donc une intelligence sans envergure, c'est entendu. « Utinam tam nostra adfîrmare potuisset quam facile aliéna destruxit ! = » disait mélancoli-

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