LES LACUNES DE SON ESPRIT
repensé son plan, pour une meilleure adaptation à la vie quotidienne du chrétien. C'est comme un^ seconde édition améliorée des Ins Util lions, après élimination des développements inutiles, des redites, et des citations profanes.
Voltaire s'est fort égayé des bévues de « ce Lactance dont les élèves de l'école d'Alexandrie se seraient moqués de son temps, s'ils avaient daigné jeter les yeux sur ses rapsodies ' ». Il serait aisé, en effet, de relever ses insuffisances au point de vue critique.
Il use avec la même crédulité que ses prédécesseurs (sauf saint Irénée et Origène) des oracles Sibyllins, de ces compilations sorties tout entières de mains juives ou chrétiennes, et otj il croit trouver tant d'aveux décisifs arrachés aux Sibylles païennes par la force de la vérité. Il a beau jeu pour triompher des analogies de ces prédictions avec ses propres idées. Il ne soupçonne pas davantage que les livres attribués à Hermès Trismégiste aient pu être composés postérieurement au christianisme par des païens désireux de faire concurrence au christianisme même et de défendre la religion nationale. Frappé de la science étonnante de ce Trismégiste et de son merveilleux accord avec la pensée chrétienne, il est heureux de l'alléguer aux païens pour leur prouver qu'ils auraient tort de repousser un enseignement qui s'adapte si