‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 172 sur 460 · SON SENS DU CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

SON SENS DU CHRISTIANISME

quement saint Jérôme. D'où vient que toutes les fois qu'il louche aux choses de la morale, il intéresse, il émeut presque ? Ce n'est plus la dialectique agressive et rude de Tertullien, les paraphrases un peu languissantes de saint Cyprien : ce sont de fines intuitions, toutes les clairvoyances d'une âme délicate qui a vraiment senti le christianisme et qui sait le rendre «ensible au cœur. Oui, ce qu'il y a peut-être de plus neuf chez Lactance. c'est le sens vraiment profond qu'il a de l'efficacité morale du christianisme et de la rénovation qu'il a apportée à l'âme humaine.

Personne avant Lactance n'avait mieux saisi la différence des deux religions, la chrétienne et la païenne, l'une consistant principalement dans la réforme de la volonté par l'adhésion à certains dogmes liés ensemble et dépendant tous de Dieu conçu à la fois comme Père et comme Maître' ; l'autre reposant presque uniquement sur des rites auxquels les « doigts » seuls avaient part- et qui n'exigeaient ni pureté de cœur, ni adhésion d'intelligence, ni rectitude d'intention. L'amour de Dieu, voilà la norme de tout vrai chrétien. Et donc, pour mettre de l'unité dans sa vie intérieure, le chrétien ne doit pas souffrir le divorce tout païen de la religion et de Tintelligence. Il ne doit pas philosopher d'une manière, être religieux d'une autre manière, mais identifier sa religion et sa philosophie, l'une pénétrant l'autre, l'une étant l'autre au fond. In sapientia veligio et in religione sapieniia est^.

Ailleurs, rencontrant une définition de la vertu

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