Ibid
k. On ne le rencontre pas dans V Açjobardinas. Il est lié sans titre spécial au de Praescriplione dans le Paterniacensis ASg, s. xi. Dans les manuscrits plus récents, spécialement dans les manuscrits de la tradition italienne (Florentinus Magliabechianiis, Gonu. sopp. VI, g, s. xv ; Florentiiius Magliabechinnus, Conu. sopp. VI, lo, s. xv, etc.). Vadaersus omnes Haereses précède immédiatement le de Praeficriptione. Les premiers éditeurs de Tertullien l'imprimèrent à la suite du de Praescriptione. Depuis Rigault, on l'en sépare : voy. OEhler, II, 761 ; Krotmann, ji3.
5. Zeilsch. f. iviss. Theol., xix (1876), n6 et s. ; cf. Chron., II, 43o.
L ADVERSUS OMNES HAERESES 299
i) Dans son de Viris illustribus, § lxxiv, saint Jérôme cite parmi les œuvres de Victorin un adaersus omnes Haereses. 2) Or Jérôme a sûrement connu notre opuscule. Il y a dans son traité contre les Lucifériens, au § xxin, un passage qui est calqué, sauf quelques retouches de forme, sur le début de Vaduersus omnes Haereses. Donc Jérôme ne nomme qu'un seul ouvrage de ce titre, et il utilise justement celui que nous possédons. Il y a là une présomption favorable à l'identification. 3) D'autre part, dans une lettre adressée à Damase {Ep., xxxvi, 16), Jérôme rapproche le nom de Victorin de celui d'Hippolyte, à propos de l'interprétation de l'histoire d'Esaii et de Jacob : «... Hippolyii martyrii uerba ponamus, a quo et Victor iniis noster non plurimum discrepat, non quod omnia exsecutus sit, sed quo possit occasionem praebere lectori ad intelligentiam latiorem... » Victorin avait donc fait à Hippolyte, dans ses traités exégétiques, certains emprunts où il le suivait de très près. Cette méthode d'utilisation est conforme à l'idée que l'on doit se former du rapport de Vaduersus omnes Haereses au Synlagma d'Hippolyte '.
La combinaison est ingénieuse. Pourtant Harnack lui-même y est devenu, avec le temps, beaucoup moins favorable ; et pour des raisons de fond et de forme, il avoue que la rédaction de ce catalogue est bien plus intelligible si on la place à Rome aux environs de 220, plutôt qu'à Poetovio vers la fin du IIP siècle-.
On a imputé à Victorin de Pettau divers autres
I. Sur ce rapport, cf. P. de Labriolle, Les Sources de l'Histoire du Montanisme, p. xxxvi-xlviu.
a. Pour plus de détail, ibid., p. lxxxiv.
3oO VICTORIN DE PETTAU
opuscules', sans qu'aucune de ces conjectures paraisse s'imposer. C'était, à tout prendre, un esprit de médiocre originalité, un tempérament de disciple, formé à l'école des écrivains de culture grecque tels que Papias, Irénée, Hippolyte, surtout Origène \ et qui paraît avoir ignoré, quoique écrivant en latin, la tradition littéraire latine.
1. Les Tractatas Origenis de libris ss. Scripiurarum, une Homélie de Decem Virginibus, etc.
2. Jérôme insiste à diverses reprises sur la dépendance de Victorin à l'égard d'Origène ; cf. Haussleiter, dans C.V., vol. XXXXIX, p. vm et s.