‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 186 sur 460 · LE COMMENTAIRE SUR L APOCALYPSE · texte numérisé non relu

LE COMMENTAIRE SUR L APOCALYPSE

tien est due à saint Jérôme. Sur la prière d'un certain Anatolius, Jérôme consentit à revoir le commentaire de Victorin. Il s'en explique dans un prologue où, pour éluder les critiques de ses a aboyeurs », il se garde d'exagérer la portée de ce remaniement, qu'il borne à quelques additions, suppressions et corrections '. En fait, la comparaison de sa rédaction avec celle de Victorin fait apparaître des nouveautés d'une certaine importance. Jérôme a amélioré le style de Victorin ; il a substitué en de nombreux passages une version latine nouvelle de l'Écriture à celle dont s'était servi Victorin ; ses amendements portent aussi sur le fond des choses, spécialement pour les passages chiliastiques, qu'il a biffés presque tous - ; en revanche, il a nourri et accru l'exposé de Victorin de diverses paraphrases supplémentaires, dont quelques-unes sont empruntées à Tyconius '.

Dans une recension ultérieure, dont l'auteur est inconnu, le texte de V Apocalypse se mêle plus largement à la rédaction hiéronymienne, qui subit aussi d'autres retouches assez peu intelligentes *. — Enfin une dernière recension a amalgamé les trois précédentes, en y introduisant quelques additions, et, sous prétexte de plus de méthode, de nombreuses transpositions ^

Un autre opuscule fort court, le de Fabrica Mundi,

i. C.V., XXXXIX, p. i4.

a. La disposition de l'édition d'Haussleiter permet de s'en rendre compte aisément : voir C.V., XXXXIX, p. i38, i à i54, 18.

3. La recension de Jérôme figure dans 4 manuscrits. Les deux principaux sont le Cod. Taurinensis lut. G.V. 3, saec. xi, et le Cod. 1079 de la bibl. municipale d'Arras, saec. x.

4. Six manuscrits. Le principal est le Codex Harleianus, sac. ix/x, actuellement au British Muséum.

5. Un seul manuscrit, Cod. biblioth. Casinensis CCXLVII, saec. xi/xii. C'est ce texte qui figure seul dans la Patrologie de Migne, où est reproduite l'édition de Galland.

298 VICTORIN DE PETTAU

dont l'antiquité ne fait nulle mention, a été revendiqué pour Victorin par G. Cave, au XVIP siècle, d'après la suscription incluse dans un manuscrit de la Lambeth Palace Library, à Londres ', qui contient une série de fragments et d'extraits. Cette attribution est communément admise : le style, médiocre et obscur, les idées, teintées de millénarisme ^ la favorisent nettement. Victorin y tire du récit de la création dans la Genèse des leçons morales et religieuses ; il insiste spécialement sur les vertus du nombre sept, et les coordonne avec ses conceptions particulières sur l'économie de l'univers '. L'aménagement de ce petit traité ne permet guère de penser, avec G. Cave, qu'il ait appartenu originairement à un commentaire sur la Genèse ou sur V Apocalypse.

Dans un grand nombre de manuscrits de Tertullien, figure un adaersiis omnes Haereses , contigu au de Praescriptione *. Ce catalogue donne une caractéristique sommaire de trente-deux hérésies : la première est celle de Dosithée, la dernière, celle de Praxéas. On s'accorde à reconnaître que Tertullien ne peut en être l'auteur. Reprenant une hypothèse déjà émise par Œhler {Tertall. opéra, II, 762), Harnack a proposé de l'attribuer à Victorin de Pettau^ Les arguments qu'il donne ne laissent pas que d'avoir leur prix.

1. Cod. bibliothecae Lambethanae Londinensis Ixili, saec. x/xi.

Page 1