‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 206 sur 460 · LE STYLE · texte numérisé non relu

LE STYLE

entraîner plus loin que ne le comportait son cadre, par l'ardeur de la discussion '.

Au surplus il avait reçu une bonne formation scolaire. Il ne savait pas l'hébreu* ; mais il avait appris le grec en Orienta II était frotté de philosophie*, de sciences naturelles'. Il disposait, en un mot, de toutes les ressources que donne une large culture à qui n'a point reçu le don du style original et de l'expression créée. C'est un classique formé à l'école de Quintilien, dont il s'inspire à l'occasion, mais avec plus de discrétion que ne le laisserait supposer une phrase de saint Jérôme". Sa période est d'une ampleur tout oratoire, avec une abondance d'images trop consciencieusement développées et « poussées ' », et des chutes rythmées habilement*.

La forte sève de la langue ne monte pas dans l'œuvre d'Hilaire. On pourrait dire, avec Villemain, que celle-ci est moins élevée que le génie de l'auteur, et que toute cette théologie contentieuse et aride n'exprime Hilaire qu'à demi. Mais une sincérité ardente y respire, qui n'exclut par la charité. Tel fanatique, comme Lucifer de Calaris, lui-même anti-arien passionné, attaquera Hilaire pour les concessions de son libéralisme pra-

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