R.Bén., igiS, p. i58 et s
a. Cf. Sulpice-Sévère, Cliron., II, xlix.
3. « Jussus causam dicere », écrit Sulpice-Sévère. « Quod iubeli •> est-il dit au début de l'opuscule (Schepss, p. 4, 1. a).
l'affaire priscillianiste 4i3
L'hypothèse de dom Morin parait fort judicieuse : elle explique la médiocrité littéraire des traités de Wiirzbourg, et le degré bénin de « pravilé » hérétique que l'on s'étonnait d'y noter. Si elle résiste définitivement à l'épreuve du temps et à la sagacité de la critique, il ne restera plus guère à l'actif de Priscillien que les Canones in Paull apostoU epistulas\ sorte de théologie de saint Paul formée de citations et de références, qui passa longtemps pour avoir été rédigée par saint Jérôme et fut retouchée, l'erreur une fois reconnue, par un évêque du nom de Peregrinus afin qu'une orthodoxie parfaite y régnât. On a essayé d'identifier (sans raisons bien sérieuses) ce Peregrinus avec le moine espagnol Bachiarius, à qui l'on doit aussi un Liber de Fide et un Liber ad lanaariam de reparatione lapsi -.
Le priscillianisme garda au v* siècle une vitalité inquiétante. La secte s'apparentait de plus en plus aux idées manichéennes. Une littérature assez abondante était née de ces polémiques : on peut citer, du côté priscillianiste, les noms de Tiberianus', d'Asarbus *, de Latronianus (poète fort distingué, si l'on en
1. Cette compilation, publiée également par ScHEPSs.p. loyets., futassez répandue pendant plusieurs siècles en Espagne et en France. Schepss en connaît 17 manuscrits, du IX° au XV' siècle. Peut-être le recueil avait-il été primitivement pour Priscillien un écrit de controverse destiné à démontrer la conformité de sa théologie avec celle de saint Paul.
a. P.L., XX, 1019-1063. Tu. Stangl (B.ph.W. 1917, p. 868-888) considère cette identification comme douteuse. Dom De Bruyne (R.B., XXXI [1914/9I, p. 38/i) la rejette expressément. J'ai analysé l'intéressante notice de Stangl sur Bachiarius dans la Revue de Philologie (Bévue des Revues, 1918). Dom Mouin a publié dans B.A.L.A.C., 1914, p. 117 et s., divers fragments inédits dont Bachiarius serait l'auteur. Ce personnage paraît mériter une étude d'ensemble : ses opuscules ne sont nullement insignifiants.